Un pour tous…

August 12th, 2010

C’est un fait: malgré des traits de caractères que nombreux pourraient qualifier de singuliers, les suédois ne restent pas moins des gens normaux (pour la plupart) qui travaillent, mangent, dorment et boivent des coups avec les copains.

Boire des coups… Une activité que les suédois affectionnent particulièrement, avec à chaque fois autant de réjouissance qu’un enfant à qui l’on propose un après midi tir à l’arc en colonie de vacances.

Lorsque certains papillonnent de bars en bars comme un samedi shopping rue de Rivoli, d’autres préfèrent rester à la maison et convoquer leurs amis à domicile pour partager quelques verres.

Partager quelques verres”… Curieusement, il n’est pas vraiment question de “partage” en Suède. Le système que l’on connaît (basé sur la principe de “la communauté”, les bouteilles que chacun ramène se retrouve sur le bar, auquel tout le monde à accès) est inexistant une fois un pied dans le pays. Il est en effet inscrit dans la Constitution Suédoise: “Ton alcool tu ramèneras et ce dernier tu ne partageras“. Ce que chacun s’applique à respecter à la lettre.

Bien entendu, cela donne lieu à des scènes très curieuses, lorsque celui qui aura pensé trop petit se retrouvera à court de liquide en milieu de soirée. Il s’agira alors pour lui d’envisager plusieurs options:

  • Un retour à la maison par constat d’échec
  • Barboter une bière ou 2 dans le frigo en espérant passer inaperçu
  • Proposer 20 couronnes à son voisin pour l’achat d’un verre de JP Chenet (??)
  • Se poser ouvertement contre l’alcoolisme mondain et préférer l’eau minérale à la bière, tout en prétendant que ça, vraiment, ça ne pose aucun problème (toujours avec le sourire)

Dans un pays où le Partage est aussi important que la consommation de hareng à Midsommar, je m’interroge sur cette pratique qui chaque fois m’étonne un peu plus.

Peut-être s’agit-il d’une répartition étrange des responsabilités, lorsque celui qui aura prévu un peu trop large finira en boule sous la table sur les coups de 3h du matin, en tentant désespérément de réciter l’alphabet à l’envers, sans que personne ne se sente vraiment concerné…

ouais en même temps, avec tout ce qu’il a ramené, il l’a pas volé!” entendra-t-on un peu plus tard sur le pas de la porte.

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Hydrocution.

August 9th, 2010

De part sa géographie, la Suède est propice aux baignades en tous genres: la mer, la mer dans l’archipel, un petit lac, un lac gigantesque, après un sauna, sur un ponton… Une légende dit qu’il existe en Suède plus de points d’eau que de suédois, ce qui revient à dire que même un samedi férié de mois de Juillet, si chaque suédois se retrouvait planté au milieu d’un lac différent, il resterait toujours au moins un lac pour un copain de passage.

En France, même si nous manquons cruellement de lacs, il est suffisamment simple de profiter de nos différentes côtes durant l’été.

A nos baignades quelques règles sont venues naturellement s’imposer:

  • La baignade est déconseillée après un repas
  • La baignade est déconseillée après la consommation de glace
  • La baignade sans acclimatation préalable est déconseillée si il existe une différence trop importante entre la température de l’eau et la température extérieure

En revanche, ces règles ne sont visiblement pas parvenues aux oreilles des suédois.

La pratique du sauna en Suède est aussi répandue que le diabolo grenadine dans les bars de France. Ils sont des milliers à, chaque jour, profiter de la chaleur d’un poêle chauffé à +80 degrés dans une pièce en bois pas plus grande qu’une cabane de chasse. Lorsque la chaleur devient peu supportable, ils trouvent réconfort dans l’eau du lac le plus proche (ou se roulent dans la neige si la période s’y prête).

Et les enfants en premier.

Lorsque nous Français crions ”HYDROCUTION!” les suédois rétorquent “Hein?!”. C’est un fait: il n’est jamais question d’hydrocution en Suède. De là plusieurs hypothèses sont envisageables:

  • Les suédois sont absolument tous irresponsables
  • Les suédois ne sont pas “hydrocutables”
  • L’hydrocution est une histoire pas forcement plus vérifiable que cette américaine qui aurait mis son chat au micro-onde avant d’attaquer le fabricant pour la mort subite et explosive de ce dernier
  • Je ne suis vraisemblablement pas bien renseigné sur l’hydrocution, qui, pour une raison qui m’échappe, ne s’applique pas aux saunas de fabrication suédoise.

Face à cette torture Scandinave les français qui s’en approchent sont soucieux d’y laisser leurs peaux. Certains préféreront même ne pas se jeter à l’eau de peur de finir tétanisés.

Ils ont évidemment tous un cousin qui a trépassé un dimanche après midi à Valras Plage. De là haut, les suédois nous regardent et rigolent.

Ils n’ont je pense jamais entendu parler de Valras Plage.

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Semaine 29.

July 26th, 2010

Nous savons les suédois très à cheval sur le planning. C’est aussi ce qui fait leur force, la Suède est avant tout une population de secrétaires sur-qualifiés. Une douzaine de suédois pris au hasard seraient capables en 5 jours de mettre sur pied la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Hiver 2014 et ça, personne ne s’en étonne vraiment ici.

Au quotidien, c’est évidemment très bénéfique à la vie d’une entreprise comme à la vie de couple. Votre petite copine nettement plus compétente qu’un agenda électronique, beaucoup en rêvait, la Suède l’a fait. Á un détail près.

La Suède a décidé d’utiliser son propre calendrier. Au diable les “rendez vous dans 2 semaines!”, les suédois y préféreront “rendez vous semaine 34!

Semaine 34?

Semaine 34. Comprenez la 34ème semaine de l’année. Qui à titre informatif commencera cette année le 23 août, évidemment.

Un cauchemar pour les expatriés qui jamais n’avaient prévu devoir assimiler un calendrier Maya à la suédoise afin de boire des coups avec leurs copains.
Recevoir une information comme “je suis malheureusement à Madrid semaine 28 mais de retour à Stockholm semaine 29 on se boit un galopin?” implique nécessairement un passage de l’état dubitatif (mais c’est quoi semaine 29?) à la recherche avancée sur Internet afin de savoir quelles dates correspondent à cette même semaine numéro 29.

Compter en semaines semble un don naturel pour les suédois. C’est évident, la semaine 34 c’est exactement 34 semaines après le 1er lundi de janvier, 4 semaines par mois, 34/4 = 8,5, 8 c’est août + 0,5 paf, on tombe sur le lundi 23. Ouais.

Si il y a un certain nombre de choses que l’on assimile après quelques années en Suède et que l’on applique à la règle (on dit toujours “merci” 2 fois, on mange toujours les boulettes de viande avec de la confiture), la calendrier suédois semble visiblement nettement trop avancé pour un quelconque apprentissage, surtout si tardivement.

On aurait moins de difficultés à se mettre au japonais après 60 ans.

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Le temps qu’il fait.

July 21st, 2010

Il y a des choses qui frappent immédiatement chez les suédois. Tout ceux qui ont mis les pieds  en Suède ont nécessairement commenté les jolies suédoises et leurs jupons, le Systembolaget, le royaume Volvo.

Et puis il y a ces petites choses qui ne sont pas forcément évidentes, ces traits de caractère que l’on met un certain temps à découvrir.

Dernièrement, j’ai pris conscience que la population suédoise se plaisait à commenter la météo de façon quotidienne. Lorsque nous Français commençons à lancer des commentaires sur le temps qu’il fait, c’est dans la plupart des cas parce que nous n’avons rien d’autre à raconter.

Mais eux, ils commentent, quotidiennement, la météo. Pourquoi? Pourquoi sont-ils si nombreux à pointer chaque jour le nez en l’air en constatant, simplement, qu’il fait beau?

Dans un pays où le soleil est aussi présent que l’équipe nationale suédoise de football en coupe du monde, il est évidemment compréhensible qu’ils soient si nombreux à se réjouir de son apparition. Mais cela peut vite devenir curieux lorsque, après plus de 2 mois d’un été chaud et ensoleillé, il soit toujours un si grand nombre à commenter le temps qu’il fait de façon quotidienne. Comme si les 20 dernières années n’avaient été que des mois de novembre dans la banlieue de Conches en Ouches, depuis début Mai les suédois lèvent la tête et sourient.

Lorsque beaucoup sont très satisfaits d’un discussion qui commencent par “Ah, quel bel été” et se termine par “ouais…”, d’autres tendent à être plus aventuriers en lançant des débats très avancés sur les conditions météorologiques de leur pays et l’impact qu’elles ont sur la vie quotidienne. Si nous Français avons divers sujets de conversations préférés durant un laps de temps bien défini (Paul le Poulpe Juin-Juillet, Paris Plage Juillet-Août, la rentrée scolaire Août-Sept), les suédois sont nettement plus constants sur la durée et pointent le nez au ciel depuis certainement des générations.

A l’instant même où je clos cet article, je reçois un SMS d’une jolie suédoise sur mon vieux Nokia finlandais. C’est un soleil qui brille, si vous saviez comme il est beau. Quelle chance on a, quel bel été!

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La Chevauchée fantastique

July 15th, 2010

La France dispose de 97 habitants au km2. La Suède 22. Alors avec 4 fois plus d’habitants au km2,  dans quelle mesure cela a-t-il un impact sur le quotidien des Français?

À celui qui a déjà fait mis un pied sur le périphérique parisien, la réponse est évidente: le trafic automobile (avec la consommation de boulette de viande probablement) est L’élément qui distingue la France et la Suède.  Et cette disparité s’explique visiblement par la population, puis par l’amour que les Français portent à leurs voitures.

Rouler sur les routes de Suède, se faire un Stockholm – Göteborg les cheveux au vent, c’est un John Wayne dans la Chevauchée Fantastique.
C’est avant tout ne pas croiser un cheval pendant des kilomètres, éventuellement un ou deux indiens sur le bord de la route, rien de plus. C’est être libre sur une autoroute, fumer des cigarettes à 120km/h sur le dos d’une magnifique jument islandaise.

Puis l’on se souvient d’où l’on vient. De Paris et de la France en générale. D’un pays que l’on aime à la folie dès lors qu’on emprunte pas ses autoroutes. D’un pays dans lequel Bison Futé est certainement plus côté en bourse que la Société Générale.

Entre fin juin et début septembre et ce de façon récurrente chaque année, ce sont des mots barbares qui viennent à nos oreilles. On parle de journées Rouges sur les routes de France. De samedis Noirs. Il n’est même plus possible d’évoquer la situation routière un 15 août sur l’échangeur de Millau sans éveiller la Peur dans les esprits.

Je me souviens d’une époque où existaient des règles tacites que tous bon parisien se devait de connaître. On évoquait jamais le périphérique entre 17 et 19h en semaine. À aucun moment nous n’aurions envisagé d’emprunter la A13 un dimanche soir pour rentrer sur Paris.

Malheureusement, j’ai pu constaté de mes propres yeux que la nouvelle generation a fait fit des règles que nous avons mis des décennies à construire. Aujourd’hui, on parle d’un périphérique Noir le mardi à 14h. Certains auraient apercu des panneaux lumineux indiquants “Porte d’Orléans : +1H” alors qu’ils dépassaient la porte d’Auteuil.

Malgré tout, Paris reste Paris. Même si Bison Futé fait regner la terreur sur les routes de France et ce chaque jour un peu plus, il est toujours appréciable d’avoir des choses à observer lorsque l’on parcourt des centaines de kilomètres.

J’en suis d’ailleurs convaincu: John Wayne se serait emmerdé lui aussi, sur les routes de Suède , à ne voir passer que des gigantesques lacs… des forêts interminables… et pas même un indien.

km2

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