Pourquoi Quitter Paris ?

À poil la Suède.

La Suède brille dans le football féminin, mais pas seulement. Elle a aussi créé le roulement à billes, Abba, la dynamite, les robes à fleurs et un nombre conséquent d’autres petites choses qui ont, chacune à leurs manières, participé au monde que l’on connaît aujourd’hui. Poursuivre la lecture…

L’ennui en Suède.

C’est une question fondamentale sur laquelle il est important de se pencher: s’ennuie-t-on en Suède?

Dans un pays où tout va toujours pour le mieux, il est légitime de prendre deux minutes pour y réfléchir. Poursuivre la lecture…

“De Paris à Stockholm, du bœuf à l’écrevisse, on a fait 2000km pour tout vous raconter.”

Les trucs à ne pas dire en Suède.

En Suède, il est souvent judicieux de réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une discussion sur un sujet à controverse.

Les discussions à tendances polémiques sont, dans la plupart des cas, l’unique moyen de déclencher chez nos amis scandinaves la colère, l’animosité, l’indignation et parfois la violence (verbale et/ou physique)

Bref, c’est une occasion unique de voir un suédois se fâcher tout rouge.

L’égalité hommes/femmes est de loin, en Suède, LE sujet qu’il vous faudra apprendre à éviter.
Bien que tout le monde soit d’accord sur le fond (tout le monde est toujours d’accord en Suède), il suffira d’un rien pour vous attirez les foudres de votre interlocuteur.
Une mauvaise blague, un lapsus, une généralité de trop et hop, vous vous faites tailler un short. Il faudra donc savoir s’éclipser furtivement, même si vous faites partie des 5,3% d’électeurs suédois qui ont voté pour le parti féministe suédois aux dernières élections européennes.

De la même façon, il est souvent très délicat d’évoquer les différentes substances qui pourraient avoir des effets négatifs sur la personne à long terme, à savoir: le tabac, l’alcool polonais, la drogue, McDonald’s.
En Suède, tout ce qui n’est pas du Snus est mauvais pour la santé. Ne tentez rien, vous n’avez aucun argument valable. Tout le monde sait que la plupart des jeunes suédois qui ont fumé du cannabis à 14 ans dirigent aujourd’hui un cartel au Mexique.

Ainsi, les sujets à contourner sont nombreux: s’exprimer en faveur des emballages individuels des petits gateaux dans leur boite en carton, évoquer la présence de tomates dans les supermarchés en Janvier ou encore se lancer dans un pour ou contreêtre végétarien” avec un végétarien.

De tout ça, les suédois eux-mêmes en sont évidemment conscients.

Et soudainement, on en vient à comprendre pourquoi la plupart des échanges se font surtout autour du temps qu’il fait, des vacances à venir ou de la qualité gustative des boulettes de viande.

Les suédois à l’étranger

Les suédois résidents de Suède se comportent avant tout comme des suédois. Rien de franchement surprenant.

A l’école, ils ont appris à être beaux, à faire la queue avant de monter dans le bus, à voter pour le parti féministe, à apprécier le café fadasse et ce à raison de six fois par jour, à souvent dire oui et rarement dire non, mais toujours très poliment.

En revanche, les jeunes suédois qui ont un jour décidé de franchir les frontières du royaume pour traverser la Terre du Milieu sur un vol SAS deviennent subitement de toutes autres personnes.

Le suédois, quand 2000km le sépare de son village natal, devient complètement fou. C’est un Nord-Coréen qui s’est fait refiler le DVD du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain sous le manteau, c’est un italien d’une quarantaine d’années qui se décide enfin à quitter la maison familiale pour un studio à Bergamo. C’est un nouveau monde qui s’ouvre aux suédois les plus aventureux.

Qu’ils habitent désormais à Paris, à Budapest ou à Melbourne, c’est le même schéma qui se reproduit pour tous. C’est une natation synchronisée scandinave, c’est un véritable phénomène auquel aucun n’échappe.

Brusquement, on les aperçois au volant d’une vieille Ford après quatre verres de vin, parce que c’est plus rapide pour rentrer à la maison. D’autres décident de perdre toute notion de tri sélectif et mélangent les bouteilles en verre et les emballages plastiques, tout en se marrant. Soudainement, ils prennent conscience que c’est plutôt chouette de garder ses chaussures à l’intérieur, et se demandent pourquoi aller se cailler dehors pour fumer une cigarette lorsqu’il suffit simplement d’entrouvrir la fenêtre.

Ce sont évidemment les mêmes qui décrètent que le métro est trop cher alors à quoi bon payer, hein, et ceux aussi qui se mettent à évoquer les “autres”, les suédois de Suède, comme si ils ne faisaient désormais plus partie de la même bande.

On les surprend à dire “ouais, les suédois, ils sont vraiment à mourir d’ennui avec leurs règles à la con!” et évidemment, vu de l’extérieur, on sourit.

Ils s’appellent Magnus, Björn, Emma, mais on aurait presque envie de vérifier leurs passeports, juste au cas où.

Les gâteaux en Suède

Les gens aiment les gâteaux. C’est un fait. Les détracteurs de la viande folle, du poisson aux antibiotiques et du mais aux OGM sont nombreux, mais on n’a rarement vu de détracteurs du gâteau.

A l’inverse, on assimile souvent le gâteau à de très bons souvenirs: un anniversaire quelconque, un repas de Noël en 1997, un samedi de fête lorsqu’on avait 15 ans. Une part de gâteau, c’est souvent la première gorgée de bière, une sieste au soleil, un bon bouquin dans la baignoire ou un épisode de Mad Men.

En revanche, la Suède a une consommation de gâteau tout à fait différente du reste du monde.

Le gâteau suédois se doit de comporter 2 caractéristiques: il doit être coloré, et peser plus de 3kg. La compétition n’est pas ouverte à tous et notre gâteau au chocolat à pâtisserie des familles n’a absolument aucune chance face aux mastodontes scandinaves que l’on sert à la pelleteuse pour les anniversaires, au Nord de chez nous.

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Il s’agit la d’une institution, d’un événement à lui tout seul. C’est une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

Il arrive à la fin du repas comme on apporte un paella à une table de 30 personnes lors d’une remise de diplômes, il fait instantanément oublier la journée pourrie d’hier et ne manque pas de redonner le sourire à la cousine neurasthénique.

Étant étrangers à de telles pratiques, il est vrai qu’il n’est pas évident pour nous de comprendre comment 9 millions d’individus puissent envisager une montagne de crème à la fin d’un repas, et comment le gâteau suédois a su se faire une place dans la gastronomie scandinave au même titre que le hareng, ou les boulettes de viandes.

Les théories les plus folles ont été envisagées, mais la plus probable reste certainement celle qui nous invite à considérer qu’un gâteau vert de 2kg est visiblement beaucoup plus sympa qu’un gâteau plat au chocolat.

C’est vrai qu’il fallait y penser.

Une nouvelle année commence.

Nous sommes le 31, et en France, on distingue facilement une quinzaine de bouteilles sur la table, un type bizarre qui a les bras en l’air à l’arrière plan et pas mal de paquets de chips.

A 2000 km de là, en Suède, on boit évidemment un mousseux Sud Africain, on est assis autour d’une table et tout le monde semble très souriant.

A minuit, en Suède, on lève son verre, on se fait un câlin, on déplace la table et un type lance Spotify. Tout le monde s’accorde 20 minutes pour appeler les parents et Whatsapper les copains.

15 minutes avant ça, une jolie blonde en robe à pois s’est levée de la table, a demandé à tous les invités de regarder par ici, a pris une photo avec son iPhone et l’a posté sur Facebook.

En France, ça fait déjà 2h qu’on danse sur Antisocial et certains sont déjà tout blanc sur le canap’. On a trouvé un vieux disque de Noir Désir et tout le monde chante qui veut de moi et des miettes de mon cerveau qui veut entrer dans la toile de mon réseau.

On fume des cigarettes à l’intérieur, on se demande quelle heure il est, on se rend compte qu’on a loupé minuit mais personne n’y prête vraiment attention. On s’embrasse quand même, on trinque, on envoie un texto à une fille qu’on regrettera probablement demain matin et un type en profite pour attraper un copain, prendre une photo floue avec son iPhone et la poster sur Facebook.

En Suède, on prendra des bonnes résolutions: pas une goutte d’alcool de Janvier à Mars, apprendre l’espagnol, trouver plus de temps pour lire des bouquins.

En France, on prendra des bonnes résolutions: arrêter de fumer.

Demain, 3 millions de Suédois mangeront une pizza. Demain, en France, on se demandera ce qu’il reste à boire pour l’apéro.

Finalement, c’est pas si loin.

Melbourne, en première place et devançant Stockholm de peu, à été élue pour la troisième fois consécutive la ville la plus agréable à vivre.

Il y a donc des types qui sont allés demander à d’autres types, dans toutes les villes du monde, si ils étaient contents. Avec l’appui de statistiques imparables, tout le monde s’est ensuite accordé à dire que Melbourne était la ville la plus chouette du monde.

Melbourne se trouve à 16.550km de la Place d’It’, à 15.589km de Mariatorget.

À Melbourne, on fait 4 fois par jour référence au temps qu’il fait. Tout le monde fait la queue au distributeur automatique, et les gens sont tous très content le vendredi soir après le travail et surtout après 5 verres. Il fait chaud pendant l’été, il fait froid pendant l’hiver, un poulet coûte environ $8. Le matin, les gens sont dans les embouteillages pour aller au travail, et la machine à café du bureau est franchement pas terrible.

Melbourne, finalement, c’est pas si loin. Certes, les filles sont moins jolies. Certes, on fait moins de kayak. Il n’empêche: on est quand même pas à l’autre bout du monde.

La différence majeure, c’est simplement le côté duquel on se trouve par rapport au milieu de terrain, et l’Australie se place au dessous de l’équateur, comme assez peu de pays finalement. Ce qui complique sensiblement le quotidien, parce que d’un jour à l’autre, on fait des barbecues pour Noël. L’école finit pour tout le monde en décembre. Juin est le mois le plus pourri de l’année. Les gens sont neurasthéniques en juillet-août. Les boutiques exposent des tongues dans les vitrines en février. D’où probablement l’expression: c’est le monde à l’envers.

À part ça, tout va bien ici. On est content. Il semble que tout aille bien aussi à 15.589km.

Alors non.

Alors non, Pourquoi Quitter Paris n’est pas à l’abandon, mais son propriétaire a décidé de prendre de longues vacances prolongées à la campagne, ici:

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Il est toujours possible de lire des vieux trucs en dessous. Au plaisir de vous retrouver bientôt.

La population à Stockholm.

La ville de Stockholm est une capitale européenne et abrite environ 1,3 millions d’habitants. C’est aux alentours de 100 fois la population de Bondoufle, ou environ 13 stades de France, ce qui représente un nombre conséquent de suédois.

Malgré tout, croiser le chemin d’une connaissance dans les rues de la ville est un phénomène très fréquent. Il est théoriquement possible de rencontrer jusqu’à 5 personnes par jour (en moyenne par habitant) en se promenant dans la ville, et il est toujours surprenant d’observer le comportement des suédois qui semblent systématiquement sidérés de croiser la route de quelqu’un qu’ils connaissent. La réplique la plus courante est le “nej men!!”, (littéralement “nan mais!!”) afin de marquer la surprise, l’étonnement ou parfois, le stress.

Se pose ensuite ce problème très pénible de savoir si une poignée de main suffira ou si il faudra considérer un câlin, et dans la plupart des cas débute alors la conversation avec une question absolument idiote sur le thème de “mais qu’est ce que tu fais là”.

Par la suite, il est possible d’interroger son interlocuteur sur ses projets à court-terme, basés sur les évènements à venir du calendrier suédois: “des idées pour les vacances? Pâques? Noël? Midsommar? La fête nationale? » etc. La bonne nouvelle est qu’il se passe beaucoup de choses en Suède et qu’il est toujours possible de faire la discussion sur un évènement majeur qui tombe généralement dans le mois à venir.

Il existe plusieurs catégories de personnes qu’il est possible de rencontrer dans la ville:

- L’agréable surprise: ce sont les amis proches, la famille etc. Ils se font rares, ce ne sont malheureusement pas ceux que l’on croise le plus.

La rencontre pénible: ce sont les anciens collègues, les rencontres d’une soirée dont on a oublié le prénom, les amis d’amis d’amis etc. D’une entente implicite, on se fait un signe de la main et on passe son chemin.
Certains ont malgré tout mis au point des stratégies tout à fait farfelues afin d’éviter un regard ou une poignée de main qui peuvent parfois aller jusqu’à prétendre un faux coup de téléphone, parler à quelqu’un qui n’existe pas d’un sujet qui n’existe pas et par la suite prétendre raccrocher son téléphone après une conversion qui n’a jamais existé.

La rencontre utile: rarissime, c’est rencontrer son banquier dans la rue et faire un bout de chemin ensemble, discuter financement de retraite et en profiter pour faire un virement rapide à un copain. C’est s’assoir à côté de sa dentiste dans le métro et se voir proposer un détartrage minute avant d’aller travailler.

Vivre à Stockholm et flâner dans la rue est une chasse aux Pokémons quotidienne, avec ces gens pénibles que l’on rencontre sans cesse et ceux que l’on aimerait voir mais qui semblent ne jamais sortir de chez eux.

Bien entendu, cette grande ville dans laquelle tout le monde se connait crée beaucoup de relations, d’amis en commun, de couples qui se font et qui se défont, de copains qui ont partagé la même copine et de copines qui ont partagé le copain.

Il devient donc possible de dresser un arbre généalogique de Stockholm sur  5 générations et parvenir à faire rentrer toute la ville de Stockholm à l’intérieur.

Stockholm n’est pas une ville, Stockholm est avant tout une grande famille.

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