Hors sujet: NYC

Dans mon interminable conquête du monde, je m’en vais découvrir New York City du 21 au 31 août prochain… et je cherche par la même occasion un clic-clac sur place (2 personnes) pour quelques jours. Je m’adresse donc à toi, l’expatrié qui a quitté Paris pour habiter New York.

Les candidatures sont à me faire parvenir ici.

Tack tack

On a du mal à savoir si il s’agit de se faire mieux comprendre, de s’assurer que le message passe correctement… mais il est un fait incontestable: les suédois répètent, beaucoup.
On avait déjà constaté que la plupart du temps, la communication entre deux suédois passaient mal. Peut-être usent-ils donc la répétition afin de pallier à cet obstacle.

Mais quoi qu’il en soit,  le “tack tack” est quotiden. N’employer qu’un “tack” est d’ailleurs devenu démodé: 2009 est l’année de “tack tack”.

Le “tack tack” qui d’ailleurs sonne étrangement aux oreilles des français, qui utilisent de leur côté “tac tac” afin de préciser la rapidité d’une action : “là le type sort de la banque, et tac tac il saute dans sa bagnole”.

Alors il est vrai qu’on a du mal à s’habituer, à ses suédois qui tack à gogo. D’autant plus qu’il ne s’agit pas simplement du “tack” que l’on multiplie: “Hej!” devient invariablement “hej hej!”, et sa variante “hejsan” magistralement “hejsan hejsan”. Ce qui, et personne ne me contredira, allonge de façon conséquente le temps passé à la caisse d’un supermarché. Si l’on commence à doubler systématiquement chaque “bonjour”, “merci”, “bonne journée et à bientôt”, c’est un plan national d’embauche de personnel de caisse qu’il va falloir lancer.

En bon français, on aurait tendance à assumer que cet excès de gentillesse camoufle quelque chose de louche. Que les suédois “tack” à taquet parce qu’ils n’ont aucune conversation, qu’un rapide“salut salut” vaut toujours mieux qu’un laborieux “salut ça va?” qui sonne le départ d’une conversation sans fin.

Malheureusement, les informations manquent sur le sujet. Et rien de sert de se renseigner auprès d’un suédois afin de savoir pourquoi il ne peut s’empêcher de tout multiplier par deux, car dans tous les cas, il vous demandera de répéter la question. Vad säger du?

Minute papillon

Il y a un certain nombre de sujets à côté desquels on ne devrait pas passer. Ce serait exactement comme parler de la Suède sans évoquer les suédoises, un repas de Noël sans personne pour dire que de toutes façons, les huîtres, c’est franchement pas bon.

Et pourtant, jamais je n’ai ici évoqué la file d’attente, alors qu’il s’agit certainement de la principale occupation quotidienne des suédois.

C’est aussi un élément qui les caractérise, un véritable reflet de leurs personnalités. Jamais auparavant je n’avais vu l’attente aussi sage et organisée. Il est en revanche tout à fait probable que les éléments de comparaison me manque, n’ayant que le souvenir de la façon dont on attendait à Paris.

Faute de langage certainement, on ne devrait pas parler d’attente en France, mais de trépignement frénétique. Chacun a déjà dans sa vie fait l’expérience de la queue à La Poste, celle qui un jour a eu la fabuleuse idée d’étendre son activité et devenir une banque en plus du service postale. Et de tomber pile derrière le type qui, devant le seul guichet ouvert, regarde l’employée dans les yeux avant de dire “bonjour, j’aimerai ouvrir un compte chez vous“.
Un coup d’œil aux personnes présentes dans la file permet de comprendre qu’on est certainement plus en sécurité des rollers aux pieds sur une bande d’arrêt d’urgence qu’à La Poste derrière celui qui veut ouvrir un compte.

Les suédois (et ce n’est absolument pas une surprise) fonctionnent tout à fait différemment, en premier lieu parce qu’ils disposent d’un outil technologique que nous les français avons trop tendance à rechigner: le ticket. Le ticket numéroté régit par bien des manières la vie quotidienne des suédois et par ce biais l’essence même de l’attente, qui n’en est d’ailleurs plus une. Posséder son numéro c’est la liberté de vaquer à d’autres occupations et de rentabiliser un temps intelligemment investi.

C’est un fait, les suédois sont en haut de l’échelle de l’organisation. En leur attribuant un numéro dans les pharmacies, les hôpitaux, le Systembolaget, les institutions les confortent ainsi dans l’idée qu’ils sont pris en main. Et les suédois ont définitivement besoin de sentir pris en main.

Lorsque les machines à ticket ne sont pas disponibles, c’est alors le comportement en communauté qui prend le relais: l’attente du bus est comparable à la relève de la garde nationale tant les suédois sont parfaitement alignés jusqu’à l’arrêt de bus.

Il existe en France une loi implicite que personne n’est encore parvenu à contourner: premier entré premier servi. Même après avoir patienté 20 minutes, il n’est pas exclus qu’un groupe du centre aéré et ses 2 animateurs vous siffle votre place assise ou pire, votre place dans le bus.

Bien cachée sous une apparente futilité, l’attente en Suède est le véritable reflet de l’organisation à la suédoise. Enlever au pays ses tickets, et c’est tout une communauté qui s’écroule.

Regarde un peu la France

Il y a ceux qui ont quitté la France pour un travail à Stockholm, ceux qui ont rencontré une suédoise à Paris, ceux qui sont partis pour un apprentissage linguistique etc… mais tous ont un point commun : ils regardent désormais la France en rigolant.

En rigolant de ce qu’il s’y passe, et sourire à l’idée de ne plus en être.

Un ami reçoit récemment un coup de fil du Trésor Public qui lui réclame quelques milles euros dus de sa dernière année en tant que salarié en France. Et a du mal à dissimuler sa joie lorsqu’il effectue le virement tout en pensant que plus jamais il ne versera un centime à ces bandits, fier qu’il est de payer ses impôts dans un pays où l’argent ne sert pas à financer les vacances d’un président pour lequel il n’a jamais voté.

On observe depuis Stockholm ceux qui battent le pavé à Paris pour des fermetures d’usines, des hausses de salaire. Les expatriés prônent la séquestration sans sommation des patrons mais très vite se sentent beaucoup moins concernés… on évoquera les mouvements sociaux autour d’un verre de rouge au bord d’un lac avant de conclure que la France n’a que des problèmes… qu’on oublie très vite en débouchant une deuxième bouteille.

On se réveille un matin en apprenant la défaite de Monfils à Roland-Garros…  On se surprend alors à réaliser que c’est surtout la victoire de Soderling qu’on attend avec impatience.

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On ne devient pas moins français lorsque l’on s’installe loin des frontières de l’hexagone, mais c’est certain, on devient chaque jour un peu plus étranger.

Les démarcheurs.

Ils officient en troupes organisées, une armée de soldats sans pitié avec à sa disposition les dernières technologies de pointe: les démarcheurs ont la vie belle en Suède.

Des appels téléphoniques...

Qu’ils vous vendent un nouvel abonnement Internet, un changement de fournisseur d’électricité ou les derniers avantages d’une carte de transport, les démarcheurs téléphoniques ne se posent aucunes limites: votre téléphone sonnera le soir, le week-end et les jours fériés. Ils vous appellent encore plus régulièrement que vos parents ou votre copine et jamais ne s’excusent de vous déranger un dimanche soir à 21h.

…au démarchage physique dans la rue.

J’avais déjà l’impression que Paris débordait de ces types qui vous expliquent que la survie des koalas dépend essentiellement de vous. Paris n’est rien à côté de Stockholm.

Le démarchage à la scandinave est semble-t-il une catégorie socioprofessionnelle à part entière, on recrute des démarcheurs comme on recrute des militaires. Un fait en revanche tout à fait étonnant: les divers thèmes abordés par ces derniers. J’ai très récemment fait la connaissance d’une jeune femme souriante qui tenait absolument à ce que je me fasse vacciner contre les diverses maladies transmissibles par les tiques. La plupart du temps, il n’est même pas question d’argent, mais de prévention. Et il est vrai qu’avec les tiques, on est visiblement pas assez prudent. C’est un peu ça aussi, le modèle suédois.

Les élections européennes approchantes, ils sont bien entendu des centaines sur les trottoirs, avec leurs casquettes bizarres et cette façon si professionnelle de vous barrer la route. Entre ceux qui tentent de vous convaincre que la Suède devrait définitivement adopter l’euro et ceux qui s’en foutent, ceux qui ne voient que par le féminisme pour résoudre tous nos soucis et ceux qui vous distribuent des pommes dans un sac en papier recyclé, les quelques 4km qui me séparent de mon lieu de travail à pied s’avèrent être devenus un véritable challenge quotidien. Ce matin donc, j’ai accepté une pomme pour ensuite dire non à l’euro, quelques centaines de mètres plus loin.

Un des gros avantages ceci dit de la situation d’étranger en Suède est que je n’éprouve que très peu de remords lorsque je réponds, face à un type qui me présente une pétition et un stylo bic, un trop français “I’m sorry, but I don’t speak any swediche“. Et toujours avec le sourire.

Une bouteille à la mer.

Il existe à Stockholm un pays fantastique, un pays flottant qui chaque jour vous transporte d’une capitale à une autre. Pour 150kr, il est possible de rejoindre l’Estonie, la Finlande, depuis Stockholm à bord d’un bateau de croisière. L’aventure vous promet de nombreuses heures sur un paquebot tout confort, et seulement 6h sur place.

La finalité du voyage est en revanche sournoisement dissimulée sous le paquet cadeau: il n’est en effet nullement question d’aller découvrir l’Europe, de partir à la conquête des pays proches de la Suède les cheveux gras et le sac à dos sur l’épaule. Non, il s’agit simplement de traverser les eaux internationales.

Dès lors que le bateau navigue dans ces zones qui ne dépendent plus des lois européennes, un monsieur souriant avec une casquette jaune s’empresse d’ouvrir ce que tous attendent: le duty-free.

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Évidemment, les suédois ne partent pas pour 15h sur un bateau afin d’acheter du Toblerone et des Dragibus à 2€ le kilo, mais bien pour mettre la main sur une denrée si rare qu’elle suscite la convoitise: l’alcool detaxé. Tout comme on se souvient des soirées du comité d’entreprise de la Caisse d’Épargne où il était possible de manger des gaufres par centaines et tout ça pour pas un rond, le voyage pour la Finlande est un discount à la suédoise, un Leader Price scandinave.

Un pays qui bien entendu connaît ses limites,  la première étant la consommation d’alcool directement sur place (le but étant évidemment de quitter le bateau avec le plus de litres d’alcool possible, que ce soit dans le sac à dos, ou dans le sang)

Les quelques heures censées permettre aux navigants de découvrir une capitale sont dans la plupart des cas mis à profit d’une gigantesque sieste dans les cabines, avant que le bateau n’entame son demi-tour pour un retour à Stockholm, demi-tour qui sonne aussi le début de la 2ème tournée.

Je n’ai pour ma part jamais connu phénomène sociologique aussi fascinant. J’ai vu des types courir après la pinte la moins chère de Paris, des guides pour apprendre aux étudiants les bons plans pour manger pour 2€/jour, meme vu quelqu’un qui avec une bouteille d’eau givrée et un ventilateur avait inventé la climatisation pour les pauvres. Mais des centaines de blondinets qui partent pour des heures de bateau sans autre but que celui d’acheter du JP Chenet pour moins de 3€, ca non, je n’avais jamais vu.

Où rencontrer une suédoise à Paris.

Il n’y a pas une semaine sans qu’un ami, au profil proche de la trentaine, célibataire et vivant à Paris, n’ait envie de connaître le moyen le plus rapide/pratique/efficace pour rencontrer une suédoise. Exactement comme on cherche à trouver des bons plans pour acheter des vélos pas chers. Malheureusement, ce n’est pas si simple, on ne trouve pas de suédoises volées au marché aux puces de Montreuil.

Je peux bien entendu concevoir la démarche, la légende qu’est devenue la suédoise a dépassé celle du Loch Ness, et ils sont visiblement des centaines à rêver d’en trouver une au pied du sapin, un 24 décembre.

La tâche est cependant facilitée dès lors que l’on prend conscience de la chose suivante: les suédoises à Paris sont toutes là pour la même chose, à savoir s’amuser, découvrir, sortir, sortir, sortir.

Fort de ce constat, il est tout à fait possible de se hasarder sur quelques probabilités bien fondées:

-          Une journée dans le 16è arrondissement, un jour de beau temps est absolument idéal pour croiser le chemin d’une suédoise. ¾ d’entre elles sont filles au pair et c’est bien connu, les filles au pair travaillent exclusivement proche du métro Ranelagh. Portez une attention particulière sur les mercredis et les week-ends.

-          Un jeudi soir au Truskel. La rue Feydeau est la tanière des soirées parisiennes à la suédoise, elles y viennent en bus, par groupe de 20 avec des étiquettes autour du cou. Considérez l’approche réussie si l’une d’entre elle vous offre généreusement un snus.

-          Le centre culturel suédois/l’église suédoise/l’institut suédois. La population ici est évidemment très scandinave. Ce que Paris ne propose pas se trouve au Centre Culturel: les suédoises y partagent un kanelbulle à 4 et du café à volonté.

-          Le Parc des Buttes Chaumont: il s’agit très clairement de pallier au manque de verdure parisien, et compte tenu que se baigner dans la Seine relève de la folie, les filles du nord iront plutôt profiter de ces quelques carrés de pelouse qu’offre la belle ville de Paris.

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Pour les plus impatients, le programme semble tout à fait jouable en 24 heures. Et à défaut de croiser le regard d’une belle scandinave, vous aurez au moins passé une belle journée.

Un guide à Stockholm

Après un certain temps passé ici, j’ai eu la chance de recevoir la visite de proches, d’amis, de la famille, et ce à plusieurs reprises.

Alors que je n’étais qu’un piètre guide touristique à mes débuts d’expatrié en août 2006, je dois reconnaître qu’aujourd’hui mes compétences sont nettement plus étendues, et je dispose de parcours pré-établis suivant le nombre de jours passés en ville, la météo et les envies de chacun,

Malheureusement, rien de professionnel de mon côté (je laisse ça au soin de l’amie Séverine) mais  mes performances sont ceci dit tout à fait honnêtes.

Nécessairement, ce sont les mêmes endroits qui reviennent encore et toujours. Des endroits qui m’ont vu passé des centaines de fois, qui figurent sur une cinquantaine de photos sur mon ordinateur, des photos à toutes heures, à toutes saisons.

Deux heures à tuer sur Södermalm ? Je vous emmène à Tantolunden, et je ne manque pas de vous faire remarquer cette maison construite autour de  l’arbre. Dans 80% des cas, vous la prendrez en photo. Et moi aussi. Encore une fois.

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Si le temps le permet, l’immanquable Monteliusvägen est sur la suite de notre parcours. À ce moment là,  il y a souvent une réflexion sur la quantité d’eau quand même vachement impressionnante à Stockholm, et un type qui demande si là bas, c’est la vieille ville, en pointant son doigt vers le centre ville.

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Évidemment, je propose de clore le parcours par Gondolen, cette gigantesque passerelle qui fait la fierté des autochtones. C’est souvent à ce moment que quelqu’un trouve qu’il y a trop de vent à Stockholm, qu’il a définitivement trop froid et qu’il serait bien partant pour un vin chaud.

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Dans les grandes lignes…

À 1878 km de Paris.

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Une fête à la suédoise.

Après presque 2 années passées en Suède, les anecdotes sur la vie des suédois ne manquent définitivement pas, et la dernière en date peut fièrement se hisser dans mon Top 3 des plus étranges. Elle fait partie de celles qu’il est absolument impossible de ne pas relever.

L’enterrement de vie de célibataire.  Si j’avais du m’en tenir à ce que je connaissais des suédois, j’aurais imaginé quelque chose de très classique à base de bière, de saucisses et de quelques chants suédois bien traditionnels sur le mariage, le tout entouré de quelques bons amis souriants.

J’étais loin de me douter ce que pas mal d’entre eux avaient l’habitude de pratiquer pour enterrer définitivement la vie de garçon d’un copain: le kidnapping.

Oui, le kidnapping. Le genre cagoule, mini van, enlèvement direct et sans sommation sur le lieu de travail avec ligotage réglementaire pour un kidnapping rapide et efficace. Oui, il n’est pas exclu en Suède de se faire kidnapper à l’approche de son mariage. Il n’est pas rare non plus de voyager dans le coffre, de se retrouver ensuite au fond de la forêt. Dans le cas où le futur marié n’a pas encore fait un arrêt cardiaque pendant le voyage,  ses copains prétendent par exemple l’attacher à l’arrière de la bagnole histoire de le traîner quelques mètres sur les gravillons. Bien entendu l’heureux élu comprend bien vite, rigole un coup et lâche un “ouf, vous m’avez fait un peu peur, les gars!” avant d’entamer les grosses festivités. Comme si de rien n’était.

C’est tout à fait troublant d’imaginer comment un tel phénomène pourrait s’appliquer à Paris. Pratiquer un faux kidnapping sur les Grands Boulevards me semble un tantinet audacieux, surtout étant donné le manque d’humour évident des types du GIGN.

Quoi qu’il en soit, les suédois pratiquent le faux kidnapping et s’en trouve bien heureux. Si par hasard vous en venez à demander à un collègue ce qu’il a fait ce week-end, il est tout à fait possible qu’il vous réponde “oh, j’ai été kidnappé” avec un ton équivalent à “j’ai rendu visite à ma grand-mère

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Et bien entendu, comme le partage de la connaissance est une valeure sacrée en Suède, il existe évidemment des sites Internet afin de ne pas rater son faux kidnapping. Les occasions et les idées ne manquent pas, et c’est avec le sourire qu’on vous explique comment bien kidnapper votre victime sur un ferry, au travail, ou pourquoi pas pendant un entretien d’embauche.

Récits depuis Björngårdsgatan 11, Stockholm - SUÈDE.