Une nouvelle année commence.

January 2nd, 2014

Nous sommes le 31, et en France, on distingue facilement une quinzaine de bouteilles sur la table, un type bizarre qui a les bras en l’air à l’arrière plan et pas mal de paquets de chips.

A 2000 km de là, en Suède, on boit évidemment un mousseux Sud Africain, on est assis autour d’une table et tout le monde semble très souriant.

A minuit, en Suède, on lève son verre, on se fait un câlin, on déplace la table et un type lance Spotify. Tout le monde s’accorde 20 minutes pour appeler les parents et Whatsapper les copains.

15 minutes avant ça, une jolie blonde en robe à pois s’est levée de la table, a demandé à tous les invités de regarder par ici, a pris une photo avec son iPhone et l’a posté sur Facebook.

En France, ça fait déjà 2h qu’on danse sur Antisocial et certains sont déjà tout blanc sur le canap’. On a trouvé un vieux disque de Noir Désir et tout le monde chante qui veut de moi et des miettes de mon cerveau qui veut entrer dans la toile de mon réseau.

On fume des cigarettes à l’intérieur, on se demande quelle heure il est, on se rend compte qu’on a loupé minuit mais personne n’y prête vraiment attention. On s’embrasse quand même, on trinque, on envoie un texto à une fille qu’on regrettera probablement demain matin et un type en profite pour attraper un copain, prendre une photo floue avec son iPhone et la poster sur Facebook.

En Suède, on prendra des bonnes résolutions: pas une goutte d’alcool de Janvier à Mars, apprendre l’espagnol, trouver plus de temps pour lire des bouquins.

En France, on prendra des bonnes résolutions: arrêter de fumer.

Demain, 3 millions de Suédois mangeront une pizza. Demain, en France, on se demandera ce qu’il reste à boire pour l’apéro.

Suède VS France | Réagir

Finalement, c’est pas si loin.

November 20th, 2013

Melbourne, en première place et devançant Stockholm de peu, à été élue pour la troisième fois consécutive la ville la plus agréable à vivre.

Il y a donc des types qui sont allés demander à d’autres types, dans toutes les villes du monde, si ils étaient contents. Avec l’appui de statistiques imparables, tout le monde s’est ensuite accordé à dire que Melbourne était la ville la plus chouette du monde.

Melbourne se trouve à 16.550km de la Place d’It’, à 15.589km de Mariatorget.

À Melbourne, on fait 4 fois par jour référence au temps qu’il fait. Tout le monde fait la queue au distributeur automatique, et les gens sont tous très content le vendredi soir après le travail et surtout après 5 verres. Il fait chaud pendant l’été, il fait froid pendant l’hiver, un poulet coûte environ $8. Le matin, les gens sont dans les embouteillages pour aller au travail, et la machine à café du bureau est franchement pas terrible.

Melbourne, finalement, c’est pas si loin. Certes, les filles sont moins jolies. Certes, on fait moins de kayak. Il n’empêche: on est quand même pas à l’autre bout du monde.

La différence majeure, c’est simplement le côté duquel on se trouve par rapport au milieu de terrain, et l’Australie se place au dessous de l’équateur, comme assez peu de pays finalement. Ce qui complique sensiblement le quotidien, parce que d’un jour à l’autre, on fait des barbecues pour Noël. L’école finit pour tout le monde en décembre. Juin est le mois le plus pourri de l’année. Les gens sont neurasthéniques en juillet-août. Les boutiques exposent des tongues dans les vitrines en février. D’où probablement l’expression: c’est le monde à l’envers.

À part ça, tout va bien ici. On est content. Il semble que tout aille bien aussi à 15.589km.

Du futile à l'agréable, Hors des murs | Réagir

Alors non.

October 25th, 2013

Alors non, Pourquoi Quitter Paris n’est pas à l’abandon, mais son propriétaire a décidé de prendre de longues vacances prolongées à la campagne, ici:

aus

Il est toujours possible de lire des vieux trucs en dessous. Au plaisir de vous retrouver bientôt.

Vivre au frigo | Réagir

La population à Stockholm.

July 16th, 2013

La ville de Stockholm est une capitale européenne et abrite environ 1,3 millions d’habitants. C’est aux alentours de 100 fois la population de Bondoufle, ou environ 13 stades de France, ce qui représente un nombre conséquent de suédois.

Malgré tout, croiser le chemin d’une connaissance dans les rues de la ville est un phénomène très fréquent. Il est théoriquement possible de rencontrer jusqu’à 5 personnes par jour (en moyenne par habitant) en se promenant dans la ville, et il est toujours surprenant d’observer le comportement des suédois qui semblent systématiquement sidérés de croiser la route de quelqu’un qu’ils connaissent. La réplique la plus courante est le “nej men!!”, (littéralement “nan mais!!”) afin de marquer la surprise, l’étonnement ou parfois, le stress.

Se pose ensuite ce problème très pénible de savoir si une poignée de main suffira ou si il faudra considérer un câlin, et dans la plupart des cas débute alors la conversation avec une question absolument idiote sur le thème de “mais qu’est ce que tu fais là”.

Par la suite, il est possible d’interroger son interlocuteur sur ses projets à court-terme, basés sur les évènements à venir du calendrier suédois: “des idées pour les vacances? Pâques? Noël? Midsommar? La fête nationale?” etc. La bonne nouvelle est qu’il se passe beaucoup de choses en Suède et qu’il est toujours possible de faire la discussion sur un évènement majeur qui tombe généralement dans le mois à venir.

Il existe plusieurs catégories de personnes qu’il est possible de rencontrer dans la ville:

- L’agréable surprise: ce sont les amis proches, la famille etc. Ils se font rares, ce ne sont malheureusement pas ceux que l’on croise le plus.

- La rencontre pénible: ce sont les anciens collègues, les rencontres d’une soirée dont on a oublié le prénom, les amis d’amis d’amis etc. D’une entente implicite, on se fait un signe de la main et on passe son chemin.
Certains ont malgré tout mis au point des stratégies tout à fait farfelues afin d’éviter un regard ou une poignée de main qui peuvent parfois aller jusqu’à prétendre un faux coup de téléphone, parler à quelqu’un qui n’existe pas d’un sujet qui n’existe pas et par la suite prétendre raccrocher son téléphone après une conversion qui n’a jamais existé.

- La rencontre utile: rarissime, c’est rencontrer son banquier dans la rue et faire un bout de chemin ensemble, discuter financement de retraite et en profiter pour faire un virement rapide à un copain. C’est s’assoir à côté de sa dentiste dans le métro et se voir proposer un détartrage minute avant d’aller travailler.

Vivre à Stockholm et flâner dans la rue est une chasse aux Pokémons quotidienne, avec ces gens pénibles que l’on rencontre sans cesse et ceux que l’on aimerait voir mais qui semblent ne jamais sortir de chez eux.

Bien entendu, cette grande ville dans laquelle tout le monde se connait crée beaucoup de relations, d’amis en commun, de couples qui se font et qui se défont, de copains qui ont partagé la même copine et de copines qui ont partagé le copain.

Il devient donc possible de dresser un arbre généalogique de Stockholm sur  5 générations et parvenir à faire rentrer toute la ville de Stockholm à l’intérieur.

Stockholm n’est pas une ville, Stockholm est avant tout une grande famille.

Du futile à l'agréable, Vivre au frigo | Réagir

Systembolaget en Suède.

June 1st, 2013

Systembolaget, le dealer d’alcool national, monopole d’État, fait partie du quotidien des suédois. Il en existe exactement 76 à Stockholm, Systembolaget fait plus d’argent que le Paris-Saint-Germain avec un chiffre d’affaires de 24,439 milliards de couronnes suédoises. Le plus proche de chez moi se trouve à 500 mètres, Systembolaget est la station Vélib’ de Stockholm.

Si l’alcool était en vente libre en Suède, le pays et ses habitudes seraient radicalement modifiés. Le comportement des suédois serait la première conséquence directe de la disparition du Systembolaget: on les trouverait certainement moins stressés. Il est vrai que les horaires d’ouvertures de Systembolaget imposent une certaine planification à laquelle il est bon de se tenir. Il est nécessaire, avant le fermeture sabbatique du samedi à 15h, d’envisager absolument tous les événements potentiels du week-end pouvant théoriquement entraîner une consommation d’alcool. Un coq au vin le samedi soir est évidemment beaucoup moins sympa quand on a pas de vin à la maison.
Un tel effort d’anticipation peut très vite devenir un facteur de stress important chez les suédois, qui se sentent par la même occasion obligés de planifier l’intégralité du mois à venir, juste dans le doute.

Si l’alcool était en vente libre en Suède, on aurait certainement moins de jeunes bizarres dans les rues de la ville le samedi soir. Étant donné que les moins de 20 ans n’ont pas légalement le droit d’acheter de l’alcool, ces petits salopards profitent de la moindre ouverture dès lors que le personnel se trouve un peu négligent sur le contrôle des cartes d’identités. Et quand ils parviennent à mettre le main sur une bouteille, c’est très rarement un Hautes Côtes de Nuits.  On ira plutôt miser sur le rapport “degré d’alcool/prix” (un rapport que les suédois ont inventé) – et c’est souvent la bouteille de Tequila à 100kr avec un type en sombrero dessus qui gagnera le concours.

Bien entendu, si l’alcool était en vente libre, on pourrait aussi boire des coups pour beaucoup moins cher et Systembolaget n’apparaîtrait plus dans le top 1 des débiteurs de chaque compte en banque suédois. Mais par la même occasion, le gouvernement deviendrait plombé par les dettes, on imposerait donc des semaines de 50h et 15 jours de vacances par an. Bref, la Suède deviendrait l’équivalent du Japon et ça, personne ne trouverait ça vraiment chouette.

Enfin, si l’alcool était en ventre libre en Suède, on boirait aussi beaucoup plus de coups. On verrait plus de copains, on ferait plus de musique, certains dîners seraient un peu moins chiants et Björn Borg n’aurait peut-être jamais gagné Rolland Garros, six fois.

Du futile à l'agréable, Vivre au frigo | Réagir

Haut