February 2006 - les archives


Découvert autorisé.

February 15th, 2006

Ca y est. Nous sommes le 15, mon compte en banque est exactement à 0€. Définitivement, ça fait chier Paris. Néanmoins, quelques projets plutôt intéressants, financièrement parlant. Malheureusement, autant de projets que je n’arrive pas à poursuivre. Moins d’entrain pour travailler, ribambelle de baisers…

Sinon, la journée a été agréable. Le reveil fut comme beaucoup depuis quelques semaines, fantastique. Hier, c’était la Saint-Valentin. Comme il se doit, aucune festivité. Juste de jolis sentiments et quelques bras accueillants. Avant ça, une bière au Piano Vache où Sara faisait état de ses nombreux rendez vous galants. Les suédoises sont comme ça semble-t-il. Elles se laissent le choix. On devrait toujours avoir le choix. 

Le choix de partir peut être. De ne pas cotiser pour ma retraite mais de passer quelques mois dans un pays froid. Enseigner le français, pantoufler près d’un lac. Je l’envisage, c’est certain. Rien ne serait moins sérieux mais les conventions m’emmerdent. D’ailleurs, il s’agit ici de mon plan B. Si Sarko passe en 2007, je me casse là bas, promis. Ryanair. Même cheaper.

En dehors de mon compte en banque anorexique, ma motivation au travail réduite à néant, la poussière de peinture stagnante dans mon appartement, je vais très bien.  

Edit : Zlot sur El Alamein ce soir. Prions que plus de 5 personnes se déplacent. Si tu aimes la musique, viens.

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Debriefing.

February 12th, 2006

"Jag hetter Johan" – Jour 1 – Mardi 7 Fev.

Ryanair. Cheaper. Tu m’étonnes. Taxi/bus. Arrivée à l’aéroport de Beauvais. Départ après attente dans un pré-fabriqué de la belle époque. Cheaper, je vous dis. Arrivée à Stockholm quelques deux heures plus tard, à marcher à même le tarmac pour retrouver l’aéroport. Cheaper.

Neige, froid, Lina.

Puis, il y a eu ce diner, et ce premier contact. Dans une maison en bois rouge, dans un paysage abandonnée, là où l’on me demandera si je suis végétarien, répondant que oui, je joue un peu de guitare. Vegetarian-playing guitar, understood ?  

"Jag hetter Johan". La famille est très accueillante. Excellent diner et un anglais qui ressugit miraculeusement.  Un café, et un "smela", concentrée atomico-calorique de sucre/oeuf/pâte d’amende. Superbe.

Coucher. Matelas pneumatique digne des plus belles parties de camping de mon enfance.  

Puis, un "Are you worried about meeting Lina’s parents?". Of course not, je suis dans un pays perdu, seul, français, et je vais rejoindre demain soir un chasseur d’élan frénétique et la mère de ma copine.

"You and Me (and everyone we know)" – Jour 2

Stockholm. Central station, neige. Découverte de la ville, d’un parc accessible en bateau. Parc d’attraction reconvertie en musée des vestiques suédois, quelques scandinavs animals et un folklore scandinave. Mon suédois s’améliore (se construit). "Om flicka alska utter, godnatt". Littéralement, "si une fille aime une loutre, bonne nuit". Ne cherchez le sens que si vous en sentez la nécessité, mais je vous dis qu’il ne s’agit que d’un apprentissage plutôt difficile.

Un cinéma en attendant le train. You and Me, and everyone we know. Palme d’Or Cannes 2005, à voir, souvent. 

Central station, one more time. Une heure de battement avant le train pour rejoindre la maison familiale, de quoi faire le point sur certains éléments encore mystérieux. Ma mère s’appelle Marie, mon père Hakan, Ebbe ma soeur et Love mon frère. Oui, ma soeur a commandé des poules pour Noël et a en sus récolté un coq plutôt hollandais. Oui mon père chasse l’élan, oui il est gentil. Oui ma mère te posera peut être quelques questions.

Un train, plus un voyage motorisé jusqu’au village natif de Lina. The Middle Of Nowhere, but what a wonderful place. Il est peut-être 23h, les parents sont fatigués. "Jag hetter Johan", quelques mots échangés. Ils iront se coucher, tandis que je partagerai un thé, avec pain et fromage comme il se doit, avec ma bienfaitrice. J’irais me coucher, quelques minutes plus tard, perdu entre la neige et des bras chaleureux.

"Faire du traineau sur les Champs-Elysées" – Jour 3. Jeudi 9.

Visite du cours de français dans la classe même de sa petite soeur. Comme il est étonnant de constater que le français peut être enseigné par quelques suédois ayant appris notre langue dans des manuels scolaires. Approximatif, bien entendu. Je tiens donc place du "gentil intervenant étranger" au sein du collège d’Ebba. Lina sera ma traductrice, la prof sera la gentille madame qui ne comprend rien et les élèves seront autant de suédois seuls et désespérés d’un cours aussi chiant. 

Nous partons marcher, découvrir les environs. Bon touriste, caméra numérique et chaussures pas adaptées. Café-smela chez le grand père maternel. Suédois confirmé, il ne parlera pas l’anglais, je passerais donc mon temps à tenter le déchiffrage d’un journal local dont seules les photos des JO et un encadré sur Nicolas Sarkozy éveilleront mes sens.  Nous en profitons pour subtiliser une sorte de traineau, habituellement tracté par quelques huskys, qui en fait servent aux déplacements très locaux lorsque la route est enneigée.

"Hej da", puis une dernière réplique du vieux bonhomme à mon attention "Tu peux aussi faire du traineau sur les Champs-Elysées !". Tack!

La soirée fut calme. Maja, amie de Lina, apporte en plus de son sourire le dernier Tim Burton, Charly and the Chocolate Factory. Savez vous qu’aux alentours de 22h, un glacier transformé en camion sillone les routes afin de vendre quelques glaces aux rares habitants ? La soeur de Lina court donc dehors dans le but d’en acheter quelques unes (il doit faire approximation -10°C dehors, et ces crétins de suédois mangent des glaces). Un appel à l’aide, le dit camion est "stuck in the snow", comprendre "en galère dans la neige". C’est ainsi que je me retrouve dehors, avec mes chaussures trop peu confortables, à pousser à l’arrière d’un camion de marchand de tapis insomniaque pour qu’il puisse repartir ? Il repartira, nous offrira une glace, et moi, j’irais me coucher.

"Fuck that shit – mother fucker" – Jour 4 

Bon, c’était l’anniversaire de Cisfran. Sinon, voilà :

Marche, caméra, découverte, tourisme, tout ça. Un repas familio-amical. Sorte de réunion tupperware mensuelle, beaucoup de gens trop aimable et un poisson remarquable.

"We have to go, right now!" Un train pour Orebro. Le dernier d’ailleurs, il est 20h02. La gare ressemble à une station de taxi, peut être devrions nous faire signe au chauffeur pour que le train s’arrête ? Une soirée dans un "pop club", Babar Restaurang. L’entrée est interdite au moins de 18 ans, consommation d’alcool prohibée pour ces derniers. Les cigarettes se consumeront dehors, dans le froid. Je suis français, peut être trop "look like a french", quelques allumés suédois entame la conversation. Have some drugs, fuck that shit, want to live in Paris, nothing to do here. Les jeunes suédois ont des envies d’expatriation. Tu m’étonnes.

Nous dormirons donc chez Maja. Prendre un bus jusqu’a Linderberg. Un bus qui mettra 1h30 pour le retour, un bus qui s’arrêtera régulièrement pour que quelques suédois puissent uriner sur des résineux au milieu d’un désert blanc, empty.

Nous marcherons dans une température avoisinnant les -15°C pour rejoindre la grande maison jaune de Maja. Elle nous offrira du thé, du pain et du fromage, sorte d’after lunch national. Je m’endormirais, freeze mais heureux je crois.

"Tiger Lou" – Jour 5. 

Qu’on soit d’accord. La Suède, c’est loin d’être les Alpes. Néanmoins, subsistent quelques pistes au milieu de nulle part sur lesquelles nos amis scandinaves peuvent envisager quelques après midis sympathiques.  C’est ainsi que nous avons chaussé nos chaussures et nos skis en ce bel après midi ensoleillé.

15h30, la nuit tombe. Nous rejoingnons la patinoire locale, Love, le frère de Lina, joue au hockey. Souvent. Il fait face à quelques brutes d’environ un quintal. Le n°13 est capable, je pense, de briser un plan de travail en fonte avec son index.  

Puis il y eu ce diner. Le dernier. The last one. Promis. Face à une dizaine de suédois, j’aurais une tendance à me sentir bien seul. Salvateur, un australien assis tout proche me fait la conversation. Il vit depuis 2 ans en Suède et n’a toujours pas envisager d’apprendre la langue, me dit il. Ensemble, dans l’adversité, nous discutons ski, musique, Paris. Malheureusement, le traitre en question fut alors capable de répondre, en suédois je veux, au grand père le questionnant. Finalement, on est toujours très seul.

Repas fini, prendre une voiture pour rejoindre Lindesberg.
Une salle de concert sensiblement équivalente à un abri anti-atomique continue de faire jouer quelques groupes locaux. L’idée est excellente. Après, bien sur, il faut savoir programmer. Tiger Lou. Posons l’ambiance. 4 jeunes (20 ans juste révolu). Maybe the worst music I’ve never heard. Les balances n’ont pas été faites. Ils hurlent, ils ratent. J’ai juste envie de pleurer. Néanmoins, je suis fasciné par l’attitude du bassiste, qui semble jouir des 4 adolescents, ivres à la bière, qui scandent son nom et sa musique juste face à lui. Le spectacle est consternant. Des guitares à 2000€ par dizaine, peut-être que les parents sont très conciliants. Je sors fumer une cigarette. Oublier tout ça.

Nous rentrons. Manger, comme il se doit. Dormir, pour le plaisir.  

"French Wine, French Music" – Jour 6. 

Lever 8h. Déjeuner, aller à Stockholm, prendre l’avion. Je remercie les parents, pour tout. Pas de bouteille de vin, mais un CD, Stéphane Corbin. Non pas par hasard, mais allez savoir pourquoi, les suédois aiment Stéphane Corbin. Profitons en.

"Take care of Lina". Promis, je prendrais soin de votre fille.  

Et sinon, je n’ai plus d’appareil photo, comme vu précédemment. Voici donc ce que l’on peut considérer comme compte rendu touristique de mon voyage, là bas, en Suède.

Vidéo ici : Suede.wmv

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Des moments de plaisir.

February 6th, 2006

Parfois, avant de dormir, je fais la comptabilité de mes bonus quotidiens. Hier, par exemple, j’ai fait 10 fois le tour du Parc de Bercy sur un rythme régulier. Ca, c’est ce que je considère comme un bonus (le malus étant par exemple de ne pas pouvoir se laver ensuite (c.f "-3°C"))

Aujourd’hui, en revanche, ne fut qu’un enchainement de bonus. Un réveil amoureux. Disons, 4 points. Une lettre contenant un chèque de 168,53€. Proportionellement au précédent bonus, je mettrais bien 2 points. Et, il y a à peine 10 minutes, un bonus à 12 points : un bain. Un vrai, avec de l’eau chaude, une baignoire inclinée et des shampooings aux herbes de provence. J’ajoute à cela un apparente sobriété ce soir, mettons 1 point et la hâte du départ demain, disons 1 point aussi.

Total exact (je suis très pointu) : 20 points.  

Conclusion : qu’il est bon de se sentir propre. C’est dit. 

A part ça, le jardin du Luxembourg au mois d’octobre est vraiment exceptionnel. 

Edit : sobriété juste apparente, - 1 point.  

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-3°C.

February 5th, 2006

Rue Marietta Martin se situe un pays qu’on ne devrait pas connaitre. Un pays vulgaire, triste et laid. Un pays où les chats bouffent dans des assiettes en porcelaine Christian Dior. Je ne construirais pas la critique trop facile du 16ème arrondissement parisien. Je voudrais juste aller vomir, mais je ne peux pas, car mon disjoncteur différentielle d’une sombre marque polonaise a rendu l’âme coté cuisine ce matin.
Comprendre : plus d’électricité dans la cuisine. Conséquences : plus d’eau chaude. plus de four, de micro onde, de frigo, de chauffage. Une odeur de saumon avarié s’échappant délicatement du frigo. Des quenelles au bain marie (j’ai quasiment découvert ce terme aujourd’hui) qui flottaient lamentablement dans la casserole utilisée, du fait de mes talents culinaires douteux. Vomir tout ça, le 16ème, Chirac, le saumon, les quenelles, les disjoncteurs… mais sans eau chaude, je prendrais un risque.

Sinon, la soirée fut agréable. Repas trop conséquent sur table trop longue, voici globalement l’ambiance générale :

suedois.mp3

On se sent très seul dans ces moment là, mais heureusement, le muscadet à 5€ de chez Nicolas s’est averé très efficace…

Retour 34 rue Pierre Larousse beaucoup trop seul. Ferait mieux ce soir, promis.

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Moon boots.

February 3rd, 2006

Retour à Saint-Vrain ce soir. Les Winfields à peine dissipées, la centrale vapeur encore chaude. Parce qu’il est bon de profiter quelques heures de la campagne chatoyante du 91, parce que les capitales changent les gens qui s’y installent. J’aime être ici, vraisemblablement.

Parce que la journée d’hier fut épuisante. Rendez vous Internet, essayage de fringues pour jeune styliste ambitieuse, concert à la limite du supportable et un Truskel des familles, comme chaque jeudi il se doit. La toute fin de soirée fut nettement plus profitable. Dieu n’aurait pas pu passer toute une nuit sans toucher à ton corps.

Aujourd’hui. Entre Benson lights et Belleville. Entre métro et Imbert-Imbert. Fatigue et pédagogie. Dernier jour de cours, j’ai décidé de laisser place au divertissement. Quelques jeux sur Internet qui les ont tenu durant une heure. J’ai longtemps cherché à faire regner un minimum de discipline et de calme durant mon cours, sans excès, bien entendu. La solution est déconcertante. Elle se résume en une course de voiture. Capter l’attention d’un enfant de 8 ans est difficile. Placer le devant une quelconque jeu idiot. Réaction édifiante. Le vocabulaire s’en ressent. Dans mon jeune temps, on fonctionnait différement.

A part ça, je cherche des moon-boots pour mardi.

Mais y’en a une, qui mérite une chanson. Elle est ici dans mes bras, elle accompagne mes émois et mes dérives. Elle me renvoie du bonheur, beaucoup d’espoir et quelques heures d’envie de vivre, bien malgré moi.

Edit 11:12 PM : Les crèpes sont ici excellentes. Feu de cheminée. Parents attentifs, serviables. Leslie me retrouve pour partager une herbe de qualité. J’aime ce pays, bordel.

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