May 2008 - les archives


AA-MM-JJ

May 29th, 2008

Dans la catégorie “quel âge à mon voisin“, voici un service que je découvre aujourd’hui même, comme il en existe plusieurs en Suède.

www.birthday.se

Le principe est simple : ta collègue est superbe, mais impossible de lui donner un âge. Alors tu hésites et tu te morfonds, peut être a-t-elle déjà 4 enfants à charge et un mari infidèle, ou peut-être est-elle jeune célibataire qui finalement, n’attendait que toi.

Afin d’éviter cette question embarrassante “mais quel âge as tu ?” ou ses diverses variantes “toi aussi tu as connu les doudounes Scott avec l’étiquette-scratch sur le côté gauche?“, quelques bien-pensants ont donné vie à birthday.se

A remplir sur le site le nom et le prénom de la personne concernée, et vous accédez à une base de donnée de cette forme :

Johan André Yannick Peuron
Fyller 24 år om 110 dagar, född den 16 september 1984

Techniquement, Johan fête ses 24 ans dans 110 jours, il est né le 16/09/1984

Un clic plus loin, tu apprendras que mon prochain anniversaire tombe un mardi, que j’ai exactement 23 ans, 8 mois et 13 jours et qu’il s’est écoulé pas moins de 8656 jours depuis ce fabuleux 16/09/1984. Je vous passe les signes astrologiques, l’adresse bien en évidence etc.

Voilà qui m’a coupé la chique. J’en ai profité pour faire quelques recherches, apprendre que mon collègue s’approche de la quarantaine (pourtant, il a l’air si jeune…), que l’autre frise la trentaine (pourtant, il a l’air si moisi..) et bienvenu dans le monde chatoyant de la perversion comme on n’en fait bien entendu plus assez.

Le site fonctionne pour absolument tous les suédois, tous les suédois qui possèdent ce fabuleux numéro d’identification, le personummer. C’est un numéro indispensable à la vie quotidienne ici, et il est de la forme AAMMJJ – ****. Le mien est donc 840916-****. Voici donc un moyen bien simple d’exploiter ce numéro, en faire un business, ouvrir un site. J’ajoute, avec 1 clic en plus il est possible de faire parvenir des fleurs à l’interessé etc, etc.

La Suède vous aime, la Suède vous surveille, on déconne pas avec la Suède.

(mon bonjour à Nicolas Maxime Julien qui fêtera ses 28 ans dans 204 jours, à Audrey Annette Germaine pour ses 31 ans, dans 294 jours )

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Signez ici.

May 28th, 2008

Toi qui habites une capitale, tu es certainement accoutumé à croiser, lors de tes déplacements quotidiens, ces démarcheurs avides qui te proposent, au moyen de quelques euros prélevé chaque mois sur ton compte moisi, d’aider les pandas, la recherche contre le SIDA, la Croix Rouge…

Les plus généreux tendront l’oreille pour une minute, et la plupart, les toi et les moi, se contenteront d’un « je suis très pressé, merci », « je ne parle pas francais » ou « j’ai eu une sale histoire, avec un panda, un jour »

Ceux que je viens de découvrir ce matin revolutionnent le genre.

Ils arpentent les pistes cyclables, ces autoroutes de la pédale, ici à Stockholm. Ils sont aussi nombreux qu’une équipe de basket féminine, aussi visible qu’un joueur de foot à un enterrement, et poussent des cris afin de stopper tous les cyclistes qui auraient eu le malheur d’enfourcher la bécane… sans casque.

Pour quoi ? Pour leur en donner un. Un casque. Ouais. Contre une signature qui engage à recevoir des infos, la compagnie d’assurance Folksam distribue des casques aux cyclistes inconscients.

La Suède vous aime, la Suède tient à vous, la Suède vous protège.

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La bête et le soleil.

May 25th, 2008

On l’a fait. Hier, on a r’joint les 2 bouts. Coucher de soleil. Lever de soleil.

Hier s’appelait samedi, et comme j’en ai pas mal parlé ici, un samedi soir à Stockholm (et très particulièrement le samedi qui suit le versement des salaires) il est souvent question de survie. Il est donc assez ingénieux de creuser un trou et d’y passer la soirée, d’éviter absolument les grands axes et les bars et tout genres, de ne surtout pas chercher un paquet de cigarettes aux alentours de 23h au 7/Eleven, sous peine de vous confronter avec “la Bête“.

La Bête, cette masse informe et bruyante, ce ramassis d’alcooliques prêts n’importe quoi pour justifier leur SMIC, cett Bête que personne de censé n’a envie de croiser lors de ses déplacements nocturnes, cette Bête qui terrorise les autochtones, qui sont définitivement trop vieux pour ces conneries.

C’est pour ça que j’ai décrété, depuis quelques mois, que se faire inviter chez des amis étaient la meilleure solution, pour un samedi soir. C’est donc désormais le cas, et hier n’a pas fait défaut à la règle. Fuire la Bête et ses slim-fit, voilà mon combat, ma bataille.

Hier soir, et après autant de bouteilles que de cigarettes, j’ai au moyen d’une argumentation sans faille réussi à créer un petit commando, une team de choc avec pour seul but : rejoindre le bord de l’eau, déraciner quelques chênes et en faire un jeu digne de la St-Jean.

C’est donc la peur au ventre que je parcours quelques kilomètres à vélo, et que je constate pour mon plus plaisir que la Bête a disparu, qu’elle ne tient pas la distance, qu’après minuit là voilà qui retrouve la maison familiale pour aller y vomir toutes ses bières à 3,5%. Minable.

Objectif réussi, nous étions 4 à Långholmen, nous avions un feu, un superbe feu. J’ai aussi constaté pour la première fois que la nuit n’a jamais été totale, et qu’à 3h du matin le soleil déjà pointait son nez. A 3h30 il faisait absolument jour, et en voici la preuve par l’image, le choc des photos :

3h38, dimanche 25 mai 2008

Merci la Suède pour ces bons moments, merci Paul, Jean Delphine et Jean Lina pour avoir participé à l’aventure.

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Vélo Boulot Vino

May 21st, 2008

J’aimerais vous y avoir tiens, passer d’un emploi du temps très disponible à celui d’un travailleur.

Je suis en mesure d’établir depuis lundi 3 constats bien distincts :

  1. Il est impossible de concilier une vie de salarié et ma vie d’avant lundi. Ça ne fonctionne pas. Je comprends par exemple pourquoi j’ai rencontré un certain nombre de personnes qui m’ont dit un jour “Non merci, je reste à l’eau, je travaille demain“. Etrangement, il faut très peu de choses pour que tout ça prenne un sens.
  2. Les suédois aiment bien faire du vélo aux alentours de 8h le matin, et 17h en fin de journée. Il y a encore quelques jours, j’étais en admiration devant cette multiplicité de pistes cyclables dans la ville, cet espace alloué aux cyclistes qu’ils n’empruntaient à mon sens que trop peu. Il faut très peu de choses pour que tout ça prenne un sens. Soyez en informés, aux heures de pointes c’est le cycliste qui a le monopole de la route, c’est le cycliste qui devient dangereux pour le piéton, c’est le cycliste qui fait la loi. La sécurité avant tout, on dirait presque que les salariés ont tous reçu un casque du comité d’entreprise pour Noël.
  3. Nous y sommes. Le soleil se lève tôt. 4h01 ce matin. J’ai, pour la première fois depuis très longtemps, observé le soleil avant même que le facteur ne soit monté sur son vélo, consumé une cigarette sous un soleil de midi aux environs de 7h45 un lundi matin.

Bon, j’ai aussi appris qu’une entreprise pouvait louer un bocal à poissons, juste comme ça, pour le plaisir, avec pleins de poissons dedans qui brillent dans la nuit, qu’un café à 8h n’a pas le même goût qu’un café à 11h, qu’il est possible de bailler à 21h17 un mercredi soir.

Je pense à vous, portez vous bien.

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Plic ploc.

May 17th, 2008

C’est la fin d’une époque.

Jette un oeil par la fenêtre. Les dealers de barbecue s’arrachent les cheveux, on fait griller les saucisses à la poêle.

J’apporte mon soutien à cette énorme partie de la population qui attendait le week-end, le samedi salvateur qui sera finalement l’occasion d’un marathon littéraire et/ou télévisuel. C’est donc avec un certain plaisir que je finis “Les amants du Spoutnik” de Murakami et que sans remords j’enchaîne à la suite 14 épisodes de “The Office” (qui tiennent une bonne place aux côtés de Lost, Californication, My Name is Earl, How I met your mother, Extras, Arrested Developpement et j’en passe… une bonne centaine…)

On envisagerait presque de visiter pour la 13ème fois le VasaMuseet, d’aller tripoter une harpe à clé au musée de la musique, simplement dans l’espoir de faire passer plus vite ce samedi trop humide.

C’est un fait, le temps influence beaucoup l’individu, surtout quand ce petit salopard s’est montré magnifique ces derniers jours. Ce serait comme… je ne sais pas… se retrouver enfermé avec Nicolas Sarkozy pendant 24h juste après avoir passé la nuit avec Jenna Fischer. C’est à vous détruire un homme, ça.

Je m’en vais entamer une danse pour le retour du printemps sur mon balcon.

Je pense à vous, certains me manquent, et d’autres moins.

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