July 2008 - les archives


I’m in.

July 29th, 2008

Celui qui a choisi la vie à l’étranger se voit attribuer une tâche qu’il aurait volontiers refilé à son voisin : les papiers, et l’administration.

À plusieurs reprises, j’ai déjà fait état des quelques obstacles qui empêchent le français d’être tranquillement heureux et en règle à Stockholm. Aujourd’hui, tous ensemble, nous allons étudier un nouveau chapitre : la banque.

En bons citoyens que nous sommes, et définitivement en excellents consommateurs aussi, l’arrivée dans un pays étranger est souvent suivie de l’ouverture d’un compte en banque. Parce que même si il m’est possible de vivre sans aucun souci avec ma carte bleue française, qu’on se le dise, c’est nettement moins glamour que la carte bling bling orange et noire de la Swedbank.

L’ouverture du compte est relativement aisée, le type est gentil, presque souriant, et entre ces dents me demande si j’ai un emploi ici. C’était il y a presque un an, à l’époque je réponds “non“, entre mes dents aussi, comme lui.

J’ai saisi le sens de sa question lors de l’ouverture de l’enveloppe contenant ma nouvelle carte bleue “bling bling“. Ouais, on repassera pour le glamour, ma nouvelle carte est triste et laide, sans relief, elle ne brille pas dans la nuit et surtout, elle ne fonctionne absolument nulle part.

Un an après…“, retour à la banque. Cette fois-ci c’est une femme au guichet, aussi blonde que bronzée, je soupçonne un recours excessif à l’artifice, mais soit; j’en viens de mon plus beau sourire “hé, salut les gars, maintenant je suis salarié, je gagne pleins de sous, et dites dites je peux avoir une carte bleue avec des chiffres en relief qui brille dans la nuit ?

Un sésame-ouvre-toi, un laissez passer pour le monde fascinant de la consommation : elle inspecte mon contrat de travail, et avec son plus beau sourire m’annonce un “oui” libérateur. Oui, je vais désormais pouvoir réserver des billets de train en ligne, payer les parcmètres et tout ça, avec une CB en bois véritable.

Mais le phénomène “montre moi ton contrat de travail et je te donne tout ce que tu demandes” ne s’arrête pas là : je repars de la banque avec tout ce qui m’avait été refusé quelques mois auparant : une banque Internet et sa magnifique petite télécommande et surtout… une carte d’identité. Ouais. En Suède, les banques délivrent des cartes d’identité valables, et depuis hier, j’en ai une.

Qui brille dans le noir.

Ouais.

Du futile à l'agréable, Vivre au frigo | Réagir

Kajak.

July 28th, 2008

Stockholm et ses 1000 activités estivales… Les amis et leurs 1000 conseils pour un été réussi : “tu devrais rejoindre l’archipel et faisant détour par là, pique-niquer sur cette île ci, louer un kayak puis rejoindre le bassin en contournant la ville du côté nord…

Et tristement, c’est lorsque l’on a 1000 possibilités que l’on ne fait strictement rien. J’en connais pas mal, des parisiens, qui n’ont jamais mis les pieds à Pompidou, au Musée d’Orsay.

C’est donc ce dernier sunday sunshine, alors qu’il pleuvait du soleil sur Stockholm, que j’ai pu enfin placer une petite croix tout proche de la ligne “faire du kayak à Stockholm“.

Le kayak, ce “fend-la-bise-et-la-vague” s’est révélé bien plus facile qu’il n’y paraissait. Une légère prise en main nécessaire, le conventionnel stress dans les jambes et l’impression de n’avoir plus qu’un demi-corps, quelques coups de pagaies et Stockholm était à nous.

Ce qu’il y a de fantastique avec ce type d’embarcation, c’est simplement de savoir que tout est désormais accessible. Sur l’île que tu avais aperçu il y 2 mois à bord de ton bateau “Sightseeing“, tu peux y déposer ton kayak, t’y baigner, y déballer quelques jambon-fromages et tout ça sans une âme qui vive à quelques kilomètres à la ronde. Ouais.

Intéressant aussi de constater que la mer à 17h peut aussi avoir quelques airs de périph’, avec ses feux clignotants, quelques traversées hasardeuses durant lesquelles les bateaux coupent la route et ce sans clignotants, les roseaux autant de bandes d’arrêt d’urgence en cas de crise de panique/d’hystérie/de danger imminent.

Définitivement, la ville est superbe, j’irai une nouvelle fois de mon meilleur coup de pagaie d’ici quelques jours, avec quelques litres de vin sagement protégés, une pointe de brie et ma fourchette en plastique. Définitivement.

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La releautivité.

July 25th, 2008

Sur ce jeu de mots excessivement mal choisi, je souhaitais simplement introduire le fait que j’ai découvert un lac, mon premier vrai lac.

C’est la où la nuance est de taille. Un lac, d’un point de vue strictement franco-francais, c’est au mieux une étendue d’eau, suffisamment calme pour s’y baigner mais suffisamment sale pour ne pas s’y baigner. Au pire, et dans la plupart des cas, c’est un trou vaseux dans lequel y mettre un orteil requiert un costume de cosmonaute certifié normes européenne.

Certes, chacun sait aussi que la Suède compte des centaines, que dis-je des milliards de lacs, qu’il est possible de s’y baigner, d’y faire un feu juste à son bord. Un lac en Suède est aussi commun qu’une Clio sur le périph’, mais ce que j’ai appris, il y a exactement 2 semaines de çà, c’est qu’il est possible de se baigner dans des lacs qui dépasse l’entendement.

Des lacs dont la côte opposée est si loin qu’elle n’est plus distinguable, des lacs à échelle titanesque que j’avais du mal à me représenter, avant d’avoir pu y aller de ma plus belle brasse dans Vättern :

Évidemment, Usken et ses 12 km fait triste mine à côté, l’on en vient à se dire qu’on y passerait bien une vie, sur cette plage, à profiter de l’eau douce, de la disparition des algues, des méduses, des saloperies qui vous rentrent dans les pieds… A chacun ses vacances, je troque volontiers Valras Plage contre le sable de Hargebadet.

C’est dit.

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Les joies de la tonte.

July 25th, 2008

Peinture, coupe-bordures, rotofil, tondeuse à essence, sécateur, je manie désormais la tonte des hautes herbes comme personne.

Parce que la campagne est un pays hostile, elle n’est accessible qu’aux plus courageux, l’élite des débrousailleurs. Accessible à ceux qui conjugent cadre de vie agréable avec une herbe au millimètre.

Je me suis, oui, découvert durant ces 3 semaines une passion pour la tonte d’herbe en tout genre, avec une mention spéciale pour le coupe-bordures de fabrication allemande, une bête comme on en voit peu qui, croyez moi, en a sous le capot.

Alors j’investis dans un débardeur militaire et je prends ma mission très au sérieux, je coupe, rotofile, j’écrase je hache je pouilledave et c’est un véritable génocide florale qui s’opère sous vos yeux.

Le Suède pourrait être le petit paradis du rotofileur, parce qu’elle a su s’équiper pour son bien-être : à disposition des lunettes de protection, le harnais de sécurité, le casque insonorisant et bien entendu ses lacs qui permettent la baignade de circonstance après l’effort.

Je détiendrais presque un record : 3 semaines à la campagne et pas une seule douche. J’y préfère le bain dans le lac, Usken est mon ami et j’apprends par la même occasion que tous les flacons de gel douche sont étudiés pour flotter à la surface de l’eau.

Je troquerais volontiers n’importe quoi pour un coupe-bordure de qualité, mon anniversaire tombe le 16 septembre cette année, je place donc en tête de ma liste une maison, des hautes herbes et de quoi m’en occuper.

A bon entendeur,

Jon Johan.

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Knott un jour… knott toujours.

July 24th, 2008

Knott.

C’est certainement un des mots qui restera de ces quelques semaines de vacances. Un mot anodin qui paraitrait presque attirant si il ne qualifiait pas ce fléau qui chaque année promet l’hystérie collective.

Le knott, c’est un moucheron. Un moucheron qui, comme le moustique, possède une anatomie suffisante pour s’attaquer à l’humain. Ouais, le knott pique. L’autre dira “si tu t’en prends à la pègre/tu finiras dans l’vinaigre /allez, tiens toi tranquille, sinon t’es mort

Et c’est là où notre naiveté fait défaut, car le knott ne se déplace pas seul mais bel et bien avec 10.000 de ses copains, souvent au moment où l’on sert le premier apéritif, mettons un grand vin de Bordeaux.

Entre ici, knott, avec ton cortège d’ombres… Rien ne résiste au knott, que ce soit ton dernier Levi’s, ta polaire, ta paire de moufle en plomb… Il s’y faufile et sournoisement t’y pique, dans les endroits les plus inaccessibles, un dessus de pied, un bout d’épaule, un derrière d’oreille.

La légende dit que les anciens locataires de notre belle maison dans la forêt suédoise ont failli sous leurs attaques… une autre légende dit que ces locataires auraient quitter la région pour un 2 pièces à Malakoff.

J’ai subi les assauts du knott ravageur, et j’ai souri lorsque l’on m’a raconté ces habitants du Nord de la Suède qui, tout á fait dévêtus, passent une nuit entière dehors à se faire littéralement engloutir par ces nuages de moucherons… afin de trouver ce que tout le monde cherche en vain : l’immunisation collective.

Le knott aura définitivement su se faire une place dans mes prochains récits de ce voyage, le knott et l’été 2008 racontera-t-on, de Mårshyttan à Lindesberg, de Paris à Stockholm.

p.s : il s’est passé des choses nettement plus intéressantes durant ces 3 dernières semaines, mais reconnaissez-le, cette saloperie méritait bien un billet ici.

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