September 2008 - les archives


Mes nouvelles bottes.

September 20th, 2008

Johan est semble-t-il indisponible. Il est à la campagne et partage 2 jours entiers avec la famille de Lina Hérisson.

Pour son anniversaire il a recu une paire de bottes en caoutchouc véritable, d’une qualité incontestable. Pointure 46. Il a trouvé dans un placard une veste de la campagne (parmi 1000 autres) et devinez quoi ? Elle est à carreaux et les poches ont quelques trous.

Alors aujourd’hui, il a arpenté les sentiers de la forêt et a ramassé 1 quintal de champignons, champignons qu’on trouve habituellement sur les marchés et qui sont étrangement vendus très cher. Alors Johan se dit qu’il pourrait apprendre à chasser, se trouver une petite bicoque rouge proche d’un étang et vivre d’élan (très cuit) et de brochettes de champignons (très chères). Au pire, il pourra toujours les vendre sur les marchés.

Si l’envie me prend de rentrer à Stockholm, ce sera demain soir. Avec le bus de 19h06. En attendant, je vais éplucher mes champignons.

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TGIF.

September 19th, 2008

Le vendredi.

Le vendredi, c’est la relâche.

A Stockholm, le vendredi est un jour où tout le monde take it easy. Dans l’entreprise, sur la table de la cuisine, on trouve les chips qui ont fait le bonheur du précédent apéritif, vendredi dernier. Tu sais de quoi je parle, ces chips un peu molles qui restent, quoi qu’il arrive, l’élément impératif à tout apéritif.

Sur la table de la cuisine, on trouve aussi quelques cubis de vin, un rosé ouvert il y a 3 mois (les suédois ont une addiction certaine à la bière, nettement moins au jus de raisin).

Un Cabernet-Sauvignon, rouge, frais. Frais, parce qu’il a passé la semaine au frigo, et expliquer à un suédois que le vin rouge ne se boit pas frais, qu’on ne le traite pas comme un Coca Cola, revient à expliquer à une grand-mère quelconque l’utilisation du SMS.

L’apéritif, dans un certain nombre de grandes entreprises, commence aux alentours de 15h. C’est l’heure à laquelle tout le monde reçoit un mail, en interne, qui indique qu’il y a de quoi se rincer le gosier dans la cuisine. La communication verbale est aliénée par Microsoft Outlook, c’est un fait indiscutable.

Alors on se prépare à l’apéritif du vendredi, dès le jeudi. Histoire d’être certain de ne pas le louper.

Et le vendredi matin, aux alentours de 9h, il y en a toujours un qui dira : TGIF.

Thanks God, It’s Friday.

Je pars à la campagne ce soir, je vous embrasse, portez vous bien.

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Comment fête-t-on les anniversaires en Suède ?

September 16th, 2008

Au réveil.

En Suède, on fête les anniversaires au réveil.

De là, deux cas de figures bien distincts :

  • Votre anniversaire tombe un 16 septembre, c’est un mardi mais par chance, vous êtes malade, chômeur ou retraité. Le réveil est donc tardif, personne ne vient vous déranger avec 11h, c’est agréable et ensoleillé. Une belle journée commence, celle de votre anniversaire.
  • Votre anniversaire tombe un 16 septembre, c’est un mardi mais comme beaucoup d’autres mardis, c’est le jour où vous devez vous lever à 7h05 et décaler le réveil quelques 20 minutes plus tard. Parce que des gens très riches vous paient, de façon régulière, le 25 de chaque mois. C’est un constat indiscutable, vous faites partie de cette catégorie de la population que l’on nomme « les salariés »

Ce matin, mon réveil a donc sonné à 7h05.

Evidemment, je lui coupe la chique de suite, m’endors à nouveau.

A 7h12, il y a une fille debout dans le noir, elle entonne un chant d’anniversaire en suédois, avec un gigantesque gâteau dans les mains. On ne rigole pas, non, avec les anniversaires, en Suède.

A 7h12, dix bougies sur un gâteau sont autant éblouissantes qu’un projecteur à 15000 watts.

Je descends alors de la mezzanine, manque de me fracasser la tête sur le sol, je reçois des cadeaux, le gâteau aux carottes  et des grands sourires.

C’est mon anniversaire. Je suis un homme heureux.

Même au saut du lit. Surtout au saut du lit. C’est une belle journée qui commence, Bon Anniversaire Johan.

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Ce type.

September 10th, 2008

Ce type, un héros. Un monument, au même titre qu’un Hôtel de Ville, un Panthéon.

Un type qui arpente les rues du centre de Stockholm, chemise ouverte, chaîne en plaqué or qui brille.

C’est un musicien, il joue de l’harmonica. Enfin… il souffle dans un harmonica. Il crache dedans aussi. Il lui parle, il l’aime. C’est objectivement impossible à décrire, parce que plus que la musique, c’est le personnage qui intrigue.

La première fois que lui et moi avons partagé le même trottoir, je l’ai cru alcoolique. Le type tient une radio (sans pile semble-t-il) contre son oreille gauche, un harmonica dans la main droite. Et des heures durant, il souffle.

On pourrait presque croire à une légende, un mythe urbain, un Roger du Lac.

Parfois, il rejoint la troupe d’indiens qui font les poches des touristes sur l’avenue commerçante de Stockholm. Eux en revanche mettent le paquet. Tenues d’apache, flûtes de pan, des enceintes dignes d’un Stade de France et un employé qui tient le stand improvisé de vente de disques. Ils tournent 8h par jour sur 2 chansons, mais lorsque le joueur d’harmonica se joint à eux sans être invité, c’est absolument superbe. Ça les énerve, évidemment, les indiens, mais lui semble prendre un malin plaisir à massacrer les tubes de Taureau Ailé, Bison Futé et Plume Capitaliste.

C’est une attraction. C’est le Space Moutain de Stockholm, un Space Moutain musical.
Tellement intriguant qu’il possède ses nombreuses vidéos sur Youtube, certainement sans le savoir.

Alors pour le plaisir, voici le personnage en image.

Je vous aime, à très bientôt.

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Sergels torg.

September 2nd, 2008

À chaque capitale sa place centrale sur laquelle se déroule ses manifestations, ses exhibitions, ses pendaisons publiques. Des infirmières, des profs, des truands et des voleurs pendus haut et court, il y a toujours un spectacle auquel assister dans les grandes villes, la gratuité en plus.

La place de la République est fréquemment sujette à ça, et Stockholm n’est pas en reste : Sergels torg promet très souvent les meilleures performances.

Je parle de performances et je pèse mes mots : chaque jour s’y déroule des exhibitions, de la très sérieuse manifestations aux loufoqueries les plus improbables.

J’ai le souvenir de novembre 2007, où la place avait été prise d’assaut par un groupe de femmes intrépides qui, très charmantes dans leurs tenues de bucheron, avaient passé la journée à débiter, hacher et scier des bûches dans l’idée de prouver qu’une femme aussi était capable des meilleures bucheroneries, si tant est qu’elle possède l’équipement adequat. Il y avait notamment cette femme, une allure de culturiste, qui maniait le lancer de hâche avec une précision imparable.

Mercredi dernier, deux toutes aussi charmantes jeunes femmes ont pris une douche, nues, au milieu de Sergels torg, pour protester contre l’industrie de la viande. Je cite “Få ett rent samvete, bli vegetarian” (Ayez la conscience tranquille, soyez végétarien”.

Oui, parce qu’on ne rigole pas avec la viande, lorsqu’on apprend qu’il faut 15.000 litres d’eau pour en produire 1kg. Alors à ce prix là, ca vaut bien une douche toute nue sur la place la plus empruntée de la ville.

photo : Stockholm City

Quand je vous disais, que Stockholm était une belle ville.

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