October 2008 - les archives


De l’extérieur.

October 21st, 2008

Que l’on déménage de Paris à la Baule ou de Paris à Stockholm, le résultat est sensiblement le même: vous ne voyez votre famille que 4 fois l’année, vous n’avez pas le temps d’appeler vos copains, vous les oubliez tous et c’est un bien triste constat.

Ce qu’il y a en revanche de très excitant dans le fait de passer une frontière et de quitter le pays, c’est que vous regardez aussi l’actualité de loin. Et quand ce pays s’appelle la France, il est tout à fait savoureux de ne plus y être acteur, mais simplement spectateur.

Parce que quoi qu’on en dise, on ne quitte jamais vraiment un pays (même si moi aussi je siffle avec plaisir la marseillaise, je la déteste plusieurs fois par jour, et pas seulement dans les stades)

Etonnamment, l’entourage a souvent l’impression que j’ai disparu de la surface du monde et que je vis dans un igloo au-delà même du cercle polaire, dans une sphère temporelle inacessible. Mais je n’ai par exemple pas pu manquer le décès de Sœur Emmanuelle, il a été l’objet d’au moins 50 coups de fil de proches. La crise, Darcos, le Taser, Depardieu, moi aussi j’ai un accès à Internet, je suis même abonné au Nouvel Obs, tiens.

La distance avec la France est délicieusement égoïste. Cela en deviendrait presque un plaisir quotidien, que de ne pas se sentir concerné par des problèmes de sécurité sociale. Une fierté, que de ne jamais avoir versé un seul sou aux impôts, hormis quelques 11€ par ci par là versés au Trésor Public pour différents litiges entre le code de la route et moi.

Mon cœur est malgré tout avec les profs, les infirmières, Augustin Legrand et ses copains, mais j’ai aussi ici d’autres problèmes à régler.

Entre deux visites du site de Libé, je me demande si la pluie m’empêchera de rentrer à pied ce soir.

Suède VS France, Vivre au frigo | Réagir

Blocus.

October 16th, 2008

Coupez les ponts,  les aéroports. Placez la milice aux frontières, torpillez les bateaux de croisière si il le faut mais ne laissez personne entrer en Suède d’ici début décembre. Croyez, il ne fait pas bon être touriste à Stockholm ces jours-ci.

Le blocus de la ville est nécessaire, parce que d’ici décembre, la ville ne sera plus qu’une gigantesque et triste flaque d’eau. Une flaque immense qui recouvre petit à petit le pays, le phénomène commence aujourd’hui. Il pleut sur Stockholm.

Ne vous laissez pas berner : la Suède est un pays magnifique mais jamais un suédois n’ira parler d’octobre, de novembre. La pluie devient un sujet tabou, on n’échange plus de SMS avec les parents et on tendance à répondre « ca va » à la question « il fait quel temps chez vous ? »

Un mensonge nécessaire pour ne pas donner raison à ceux qui diront que le taux de suicide en Suède est très élevé (c’est tout à fait faux), à tous ceux qui seraient bien tristes de constater que les jolies suédoises ne deviennent plus que des « suédoises mouillées » sous la pluie.

Afin de survivre à cette météo infernale, on sort le moins possible, on limite les trajets à l’extérieur. On aura tendance à prendre un bus, un métro, limiter nos pas dans la rue et pourquoi pas se cacher les yeux.

Et dans ces grosses maisons rouges que nous aimons tant, il est tout à fait possible d’entendre quelques soirs de novembre des prières pour l’arrivée de la première neige, la neige libératrice qui transforme ce pays en plus beau pays du monde.

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Mon bel olivier

October 14th, 2008

J’avais bien écrit un truc sur mon précédent week-end pêche à la campagne, là où je n’ai rien pêché, où j’ai regardé mon voisin sortir des requins blancs et des dauphins de l’eau, où je n’ai pas enfoncé de couteau dans la tête des poissons, où je n’ai pas vidé de poissons mais où j’ai en revanche gouté à un superbe brochet qui a fait le trajet le lac/mon assiette dans un temps suffisamment record. Mais dans un souci qualitatif évident, je me suis résigné à poster ce billet.

Presque sans un bruit, j’ai fêté ma première année au frigo il y a 2 mois de ça. L’événement aurait pu faire l’objet d’un bilan (tu comptes jusqu’à combien en suédois maintenant ? alors, t’as fini par manger des écrevisses ? les suédoises, elles sont vraiment libérées ? c’est vrai qu’ils se suicident tous en Suède?) mais dans un souci qualitatif évident, je me suis résigné à poster un tel bilan.

En revanche, ce que je réalise ce matin, c’est que je vais tenter de passer mon second hiver en Suède. Le premier était sombre, il a mené à la mort subite de mon olivier, et je doute que le second soit plus lumineux. Passé l’hiver 2007, l’olivier a repris quelques feuilles, puis quelques branches. Mais pas idiot le type, début juillet il décède une nouvelle fois, et je suis intimement persuadé qu’il a senti l’hiver arriver de plein nez. Oh my gold.

Quoi qu’il en soit, j’ai pris quelques décisions quant au rythme de vie à adopter, de façon à passer l’hiver sans trop de dommages collatéraux : lever tôt, quitter le domicile toute la journée et rentrer tard pour le dîner. Augmenter considérablement ma consommation de Glögg, de sorte qu’il devienne possible de se nourrir exclusivement de pepparkakor matin, midi et soir. Et enfin, dénicher 4 murs à la campagne, partir y vivre de décembre à mars avec ma copine, Murakami et une paire de patins à glace très chère.

J’envisage certes l’hiver un peu tôt, mais c’est une promesse, vous n’avez pas vu la tronche de mon olivier.

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Charrette.

October 10th, 2008

6 kilomètres quotidiens (aller-retour) durant lesquelles mes deux pieds me portent jusqu’à mon lieu de travail.

6km, c’est autant de temps pour… se laisser prendre à observer l’automne et se dire que jamais on a eu l’occasion de vraiment l’observer avant, écouter intégralement le dernier album de Carla Bruni et envisager le fait que ce soit finalement pas si mal, croiser ce type, chaque jour au même endroit, qui marche obstinément dans la direction opposée… Il porte un jean diesel, une veste en cuir noire et des écouteurs de Gameboy bon marché.

Il y a 2 jours, après environ 1,5 km de marche intensive, j’ai croisé une 2 CV au milieu de la circulation.

Au sens premier du terme : une charrette, tractée par deux chevaux. Au milieu de la circulation. Respectant le code de la route (j’émets en revanche une réserve sur l’efficacité des clignotants)

Il se passe des choses parfois étonnantes dans cette ville. On a du mal à saisir pourquoi un type se ballade sur une charrette au milieu de la ville. Il ne s’agit pas d’un transport pour touriste, ni d’une campagne de pub. Juste un type qui se ballade en charrette au milieu de la ville.

La hausse du prix du baril a-t-elle eu un impact sur sa décision de se balader à cheval ? Le prix de la carte de stationnement ? Un retrait du permis de conduire ?

N’empêche, cette 2CV est définitivement la plus chatoyante que je n’ai jamais vu.

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Rånare i kanindräkt gripen

October 9th, 2008

Två personer försökte råna ett växlingskontor i Farsta i södra Stoxkholm på onsdagseftermidagen. Enligt polisen var en av dem av någon outgrundlig anledning utkläd i en kanindräkt. Rånet misslyckades och sammanlagt fem yngre personer greps i närheten.

Source : DN.

Désolé maman, celui là est en suédois.

Pour faire court : 2 types ont essayé de braquer un office de change dans le sud de Stockholm… déguisés en lapin.

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