November 2008 - les archives


À Mochitan.

November 27th, 2008

Je vis dans un pays qui ne connait pas la cédille. Un pays qui compte 3 lettres en plus dans l’alphabet, 3 lettres qui sont pour moi une petite fierté quotidienne. Elles apparaissent sur mon clavier, sur mon bulletin de paie, dans mon journal.

Je troque d’ailleurs volontiers ma cédille contre celles-là. Dans un contexte franco-français, j’en viens à rire parfois, lorsque je passe un week-end à Mårdshyttan.

À mon retour, spontanément, des bienveillants prennent de mes nouvelles.

« Comment s’est passé ton week-end à Mochitan ? »
« Quel temps à Mourdgitan ? »
« … à Machittan ? »
« … à Mojitan ? »
« … à Moutchitan ? »
« … à Mutchitann ? »
« … à Moudjytan ? »
….

On en viendrait presque à inventer des mots… des néologismes à base de cigarettes « … à Moutte-gitanes ? », de noms d’indiens « … à mout-t’chi-tan ? », de villes du Pas-de-Calais « … à Mouji-tanne ? »

Faites moi rire, encore un peu, je ne me lasserai jamais de tout ça !

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Pour un nouveau Slussen.

November 20th, 2008

Slussen est à Stockholm ce que l’ananas est à la pizza : un manque de goût évident.
Comme on ne mélange pas des fruits avec une 4 fromages, on ne devrait définitivement pas mélanger Slussen à cette si jolie ville de Stockholm.

Slussen ressemble à s’y méprendre à une sortie de périphérique, une bretelle d’autoroute… et pourtant Slussen se trouve à la jonction Södermalm – Gamla Stan.

Slussen n’offre pas grand-chose, sinon une longue passerelle qui donne une vue imprenable sur la ville et fait la fierté des résidents (elle affiche aussi l’heure et la température, elle devrait avoir sa place parmi les merveilles du monde, c’est évident) et le Debaser, un équivalent du Truskel à Stockholm, de la bière renversée sur les chaussures, de la bonne musique, de la bière, des chaussures.

Depuis plusieurs années, des architectes, des techniciens, des conseillers municipaux et des présidents de conseils douteux s’arrachent les cheveux pour tenter de faire la peau aux quelques 35.000m2 de Slussen et reconstruire sur de meilleures bases.

L’affaire devient évidemment plus intéressante lorsque l’on peut observer les 5 offres candidates, en photo. Celles-ci n’ont que peu d’intérêt pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Slussen, mais pour les autres… c’est un véritable plaisir. (Notez qu’il y a un français sur le coup, un type qui s’est dit “tiens, si on faisait tout en souterrains pour avoir un petit bout d’Aubervilliers à Stockholm, hein?“)

Atelier Jean Nouvel

BIG

Foster+Partners och Berg

Nyréns

Wingårdhs och Tema

Toutes les infos sur le site de la ville de Stockholm (avec plus de photos).

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En banlieue.

November 12th, 2008

La vie dans les quartiers courtisés d’une capitale possède quelques désavantages, et notamment un, de taille, qui vous attaque comme on braque une banque : la bobo-isation.

Je crois que j’en suis définitivement atteint, car j’en subis le premier symptôme : toute la ville devient banlieue.

En France, j’ai habité en banlieue, la vraie, de 0 à 20 ans. Puis j’ai déménagé à Paris dans un chouette quartier. Très vite, j’en suis venu à me dire « je ne vais quand même pas sortir à Malakoff, c’est vraiment en banlieue » Un an après et installé confortablement rue Saint-Maur, Paris n’était plus que 11è et 20è arrondissement. On m’invitait dans le 15è, je pensais banlieue.

J’expérimente désormais le même phénomène à Stockholm, à la différence près que Stockholm n’est pas Paris, et que la géographie de Södermalm me contraint à considérer tout ce qui se trouve en dehors comme la banlieue. Et bien qu’il s’agisse d’une proche banlieue, elle semble définitivement très, très lointaine. J’ai malgré moi établi une règle d’or : passer un pont c’est déjà mettre un pied en banlieue. Voici une ville… la mienne :

Vivre en ville devient un critère pour mes fréquentations. Prendre le train relève de l’échec personnel. Acheter un ticket de métro: un véritable coup de poignard pour ma conscience.

Reconnaitre son problème, c’est aussi l’accepter, un peu. La moitié du chemin parcouru, dira-t-on…

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25 ans. 25kr.

November 12th, 2008

La société de train suédoise SJ propose depuis le 7 novembre des billets de train pour les moins de 25 ans à… 25 couronnes. Et ce pour des trajets durant le mois de janvier.

25 couronnes c’est exactement 2,46€.

Les billets sont valables pour toute la Suède, à savoir qu’il est possible de la traverser (Malmö/Kiruna) pour 2,46€.  Un trajet de 1845km, c’est un prix imbattable au kilomètre.

Bien entendu, j’en profite et je book mes week-ends de janvier… Göteborg, Kiruna. Tiens, on manque vraiment de week-ends en janvier. On en viendrait presque à réserver des billets pour n’importe où, n’importe quand, des billets à 25kr juste pour le plaisir de le faire.
Un aller-retour un jeudi pour Umeå, mais tu travailles le jeudi mon chéri, oui mais ce n’est QUE 25kr !!

On aurait presque l’impression d’un gigantesque traquenard, partir pour 25kr et en dépenser des milliards à Kiruna. Un vague souvenir me revient, celui d’avoir un jour acheté des Chocapic parce qu’il y avait une toupie fluorescente dans le paquet.

Un plaisir néanmoins qu’est celui de voyager pour le prix de 10 cigarettes. Ce n’est d’ailleurs pas une première pour la compagnie SJ qui réitère régulièrement des opérations de ce genre.

Ce qui en revanche m’étonne, c’est comment tout ceci est vraiment applicable : je ne peux que m’imaginer la même opération en France, le lancement un lundi soir à minuit sur le site Internet de la SNCF, un serveur qui explose, 58 millions de résidents qui tenteraient d’obtenir un billet pour la Côte à 2,46€, des émeutes, une bombe nucléaire, la fin de l’Homme, de la Terre, les premières navettes et des milliardaires chanceux qui embarqueraient pour la station spatiale.

A ceux qui me diront alors que la Suède n’est pas très rock n’roll, que les suédois sont définitivement trop sages, je répondrai que oui, mais chez moi, les gars, il est possible de passer le cercle polaire pour 2,46€.

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De l’art de rue à Stockholm.

November 11th, 2008

Autant ma connaissance de l’art de rue doit certainement se limiter aux quelques dessins de Miss.tic sur les murs de Paris avec des phrases chocs telles que “J’ai mangé une cuillère hier, Albert“, autant je ne peux que reconnaitre l’originalité d’un petit groupe à Stockholm qui pratique l’art de rue… old-school.

Le groupe stick-art a trouvé le fantastique moyen de mêler deux passions: le street art… et le tricot. Jugez par vous-même:

Il faut reconnaître que le mouvement ne manque pas d’originalité… que des types se ballandant avec leurs kits de tricot ne courent pas les rues… et que ceux là même qui prennent soin d’emitoufler les poteaux pour passer l’hiver ne peuvent pas être foncièrement mauvais.

D’où l’idée,  pourquoi pas, d’emitoufler les colonnes Morris à Paris. Il faudrait alors certainement une armée de tricoteurs, réquisitionner le stock de tout un magasin Phildar, mais le plaisir des yeux, ça n’a définitivement pas de prix.

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