February 2009 - les archives


Mitä kuuluu?

February 26th, 2009

J’ai encore le souvenir, du temps où la Suède m’évoquait autant de choses que la Coupe d’Afrique des Nations 1957, que les pays scandinaves n’étaient selon moi que le lieu d’une seule et même langue, une ratatouille nordique à base de “gluk” et du “flupkt” que seule une poignée d’habitants pratiquait, les autres se contentant de faire des gestes et des bruits finalement assez rigolos.

Puis, en février 2006, j’ai découvert que ce No Man’s Land disposait quand même de frontières, que 3 pays se partageait le bout de terre et surtout qu’ils avaient tous un nom, et mieux encore: une langue.

Point d’étymologie ou d’études approfondies, ces 3 pays disposent, plus ou moins, de 3 langues distinctes: le norvégien, le suédois et le finnois (oui, vous avez fait une recherche Wikipédia, vous avez vu que le suédois était aussi langue officielle en Finlande, mais vous ne savez pas lire ou quoi, j’ai dit pas d’études approfondies)

Quoi qu’on en dise, ces langues ne sont pas les mêmes et elles disposent toutes d’un vocabulaire qui dépasse très nettement la soupe au “glukfp“.

Je ne peux résister au plaisir de vous faire part de cette petite ritournelle en finnois :

Äänet ovat näkymättömiä ja usein jopa huomaamattomia – ne kuuluvat mutta niitä ei useinkaan ajatella. Täydellinen hiljaisuus on äärimmäisen harvinaista ja liian voimakkaat äänet ovat yleistyneet ympäristössämme. Mitä kuuluu? –näyttely keskittyy ääniin ja kuuntelemiseen. Millaisia ovat putoavat äänet, mikä on äänimaisema ja miten musiikki voi muokata näkemäämme?

Un véritable plaisir non ?

Le finnois est autant de perspectives pour l’avenir, il s’agirait pour moi d’une réussite personnelle indéniable que de pouvoir le pratiquer couramment d’ici à 2029.

Une étendue de possibilités à base de triple « u » et de « i » à n’en plus finir, j’en viendrais presque à regretter de ne pas avoir poussé la Renault 19 jusqu’à Helsinki, ce pays où il est possible de trouver des mots qui contiennent toutes les voyelles du monde… deux fois.

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La minute SL.

February 19th, 2009

SL (Storstockholms Lokaltrafik) est la compagnie des transports publics à Stockholm, et c’est elle qui chaque jour transporte des milliers d’usagers au travers la ville avec ses métros, ses bus, ses tramways etc.

Le métro est certainement le principal bouc émissaire de tout habitant d’une capitale quelconque, c’est l’administration la plus détestable et il est vrai que parfois, on aimerait obtenir un face à face avec Monsieur Métro et le pouilledaver comme il se doit pour toutes les grèves et les retards qui chaque jour font obstacle à notre quotidien.

SL ne déroge pas à la règle, malgré le fait que Stockholm soit certainement mieux lotie que la ville de Paris à ce niveau. Le personnel de SL ne fait jamais grève (on ne fait pas grève en Suède), les rames de métro ne sentent pas trop mauvais (on ne sent pas mauvais en Suède) et les transports sont tout à fait adaptés aux poussettes (il y a beaucoup de poussettes en Suède)

En revanche, il existe un fléau qui ronge la bonne humeur des suédois chaque jour un peu plus : les retards. Les retards sont fréquents et de cette petite imperfection est née une nouvelle expression: « la minute SL ».

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La minute SL n’est absolument pas régit par les principes communs à l’horloge atomique. La minute SL ne dépend d’aucune règle, d’aucune loi. Elle ne subit aucune pression et se contrefout de la rotation de la Terre. Elle se pose fièrement en ambassadrice de l’anticonformisme face à un système définitivement trop conservateur.

S’il vous arrive par exemple un jour de devoir prendre un tramway à Liljeholmen, ne tenez jamais compte des 2 minutes qui s’affichent avant l’arrivée de votre prochain tramway. Il faudra peut-être en compter 3 . Ou 5. L’affichage digital présent dans toutes les stations de la ville n’a pour simple but que de rassurer l’usager et ne pas le laisser dans un doute constant qu’il ne pourrait supporter : le suédois est très fragile.

Nombreux sont ceux qui s’en plaignent et aimeraient que l’on considère qu’une minute est l’équivalent de 60 secondes, bordel. Seulement supprimer la minute SL reviendrait à bouleverser leurs habitudes, et ça, SL l’a bien compris. On ne bouscule pas comme ça la vie quotidienne du suédois.

La minute SL a selon moi de beaux jours devant elle, et par conséquent, les suédois aussi.

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La qualité suédoise.

February 16th, 2009

Je pensais pourtant avoir passé en revue tous les clichés que vous, ignorants, avez l’habitude d’attribuer aux suédois.
J’avais abordé toutes les légendes qui entourent cette mystérieuse communauté, détruit l’ensemble des clichés à grand coup de bulldozer.

J’avais réussi à démentir le fait qu’il y avait plus de blondes en Suède que de chinois dans le monde, vous faire comprendre que les suédois n’étaient pas tous suicidaires et que non, ils ne passaient pas 8h par jour devant un sauna le cul dans la neige.

Et très étonnamment, par stupide omission, je suis passé à côté du symbole national, la fierté d’un pays qui mit tout son savoir dans une seule invention, celle qui aujourd’hui est le plus beau synonyme de patriotisme, loyauté et qualité. J’ai nommé : la VOLVO.

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La légende est établie en France et dans le monde : les suédois ne se déplacent qu’en Volvo, de chez eux jusqu’au travail, de la maison jusqu’au sauna, de la cuisine à la salle de bain : la Volvo serait aux suédois ce que la baguette est aux français.

Il fallait donc bien quelqu’un pour se lever et dire « stop » aux mythes et légendes qui font affront à ce pays. Malheureusement, ce ne sera pas moi.

Car oui, je ne peux impuissant que constater la véracité de ce propos: les suédois aiment et se déplacent principalement en Volvo.

Volvo” devient presque une marque déposée pour la voiture, « où t’as garé ta voiture ?» a été purement et simplement éradiqué du langage commun. Désormais, c’est« oú t’as garé ta Volvo » qui fait légion sans que personne ne cille.

A ceux qui se demandent toujours pourquoi, je ne peux que vous invitez à la découverte de la Suède en Volvo, à bord de la véritable qualité suédoise, celle qui jamais ne faillit.

Récemment, j’ai eu le plaisir de croiser une Volvo qui écrasait gaiement les 384 000km au compteur. La bête n’a pas fini d’avaler les kilomètres, et croyez moi, c’était encore pour elle le tour de chauffe…

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Un point sur la gastronomie.

February 13th, 2009

Ne pas se méprendre : le fil directeur de mes récits n’est absolument pas « pourquoi quitter Paris parce que franchement cette ville de merde, moi vivant, je n’y remettrai jamais les pieds » mais plutôt « pourquoi quitter Paris ? Parce qu’on a tendance à oublier qu’il existe autre chose ailleurs »

Mais je suis définitivement parisien avant tout (ou plus honnêtement « ex-banlieusard », mais vous en convenez, c’est nettement moins exotique) et cette ville est aussi une ville que j’aime.

Très récemment, j’ai retrouvé un plaisir presque oublié, certainement enfoui sous des kilos de kanelbullar, de saumon en sauce et de Nyponsoppa, j’ai nommé:  le TARAMA.

Le Tarama, qui au même titre que les bâtonnets de crabe doit certainement être exclusivement composé de têtards en poudre, est très difficile à trouver à Stockholm. Je dis « difficilement » parce qu’à chaque fois que j’emploie l’expression « impossible à trouver », il y a toujours un type qui viendra me dire que si je prends 3 bus, 2 bateaux et que je descends ensuite à 45 km au sud de Stockholm avec ma voiture de location il y a justement une boutique qui en vend et en plus, pour vraiment pas cher.

Récemment donc, j’ai pu savourer un Tarama directement importé en bagage en soute depuis Paris. Et j’ai des lors réalisé que d’un point du vue gastronomique, certaines choses faisaient cruellement défaut ici.

Je parle de Tarama, je parle de Carambars, de Schtroumpfs, d’une bouteille de Martini qui ne couterait pas 3 mois de salaire. Je parle d’une Leffe en terrasse, d’un sandwich suédois comme seule sait le faire la boulangerie rue d’Hauteville près des Grands Boulevards.

boulangerie rue d'hauteville

IKEA fournit injustement toute la gastronomie suédoise aux Français, je demande donc l’implantation d’un projet similaire au cœur de Stockholm, et je mets une option de suite sur les 150 premières boites de Tarama.

Entrepreneurs, entendez moi !

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La confiance peine.

February 9th, 2009

Il y a, lors de l’arrivée dans un nouveau pays, un changement radical qui s’opère: langue, climat, sorties, amis bref, de quoi vous remettre à zéro un compteur interne qui tournait pourtant parfaitement depuis bien des années.

Alors que dans le même temps on progresse sur beaucoup de niveaux (social, relationnel, linguistique etc.) il subsiste un élément qui requiert, visiblement, un peu plus d’expérience et de temps: faire confiance.

Étrangement, et dans ce pays excessivement développé qu’est la Suède, il subsiste toujours en moins un doute dans le fait de consulter quelques services ou institutions propres au pays.

Je n’ai, par exemple, jamais consulté un médecin depuis mon arrivée en Suède il y a de ça un an et demi. Ils sont certainement très compétents, mais il subsiste un doute dans mon esprit sur leur capacité à soigner les gens. Je ne sais pas si j’exigerais pour autant un rapatriement express à Paris si mon pied venait par mégarde à se glisser sous une cuisinière en fonte lors d’un déménagement, mais sans avoir de raison valable, je n’ai a priori aucune confiance en eux.
Je devrais, de la même façon, consulter un jour ou l’autre un dentiste, mais je suis tout aussi capable d’accrocher un fil entre ma dent et une poignée de porte si il faut en arriver là.

peigne et ciseaux

Le coiffeur m’effraie tout autant, et comme le médecin, comme le dentiste, jamais un coiffeur suédois ne m’a vu pointer mon nez dans sa boutique. Chanceux comme je suis, je m’offre évidemment le luxe d’avoir une coiffeuse personnelle, qui en contrepartie de partager mon appartement 24h/24 et 7j/7, s’occupe de mes cheveux mensuellement.

A ceux parmi vous qui doutent de ma capacité à faire confiance, sachez en revanche que 2 fois par semaine, je fais entièrement confiance à la pizzeria qui se trouve juste en bas de chez moi.

Allez savoir pourquoi

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