April 2009 - les archives


Pourquoi ?!

April 21st, 2009

C’est une question quotidienne à laquelle chaque “expatrié” est contraint de répondre lorsqu’il sert la main à un ou une inconnu(e) dans le pays dans lequel il a récemment élu domicile. Ce nouvel interlocuteur doit nécessairement connaître les raisons de votre présence ici, dans son pays.

Il y a bien entendu des évidences, un français en Espagne a nécessairement déménagé pour le climat par exemple. Une suédoise à Paris est évidemment fille au pair dans le 16è arrondissement et officiellement venue pour apprendre le français et découvrir Paris (on apprendra plus tard que la veritable raison de son depart est surtout qu’à Paris, les bars ferment à 5h du matin)

Mais s’interroger sur la présence d’un français en Suède est tout à fait légitime. La question agite les neurones des suédois, pourquoi un étranger viendrait s’installer ici ?

Comparativement, je suis convaincu que l’installation d’un parisien à Bondoufle susciterait la même question.

Quoi qu’il en soit, j’ai assisté à un étrange phénomène lors de mes dernières rencontres. Mes interlocuteurs suédois n’ont même plus pris la peine de formuler une question grammaticalement correcte, mais ont très vite préféré l’affirmation:  “t’es venu en Suède parce que t’as rencontré une suédoise à Paris, hein?

À leur décharge, le “hein?” stratégiquement placé en fin de phrase qui laisse malgré tout planer un très léger doute sur cette affirmation. Un doute sitôt dissipé lorsqu’effectivement, je m’en vais confirmer ces propos.

Oui, j’habite en Suède parce que j’ai rencontré une suédoise à Paris. Indiscutablement. Et je mets aussi des chaussures quand je sors parce que je trouve que c’est nettement plus facile pour marcher. Une relation de cause-conséquence d’une évidence désarmante.

De là à en déduire qu’absolument tous les français en Suède ont rencontré une suédoise en France, il n’y a qu’un pas que je ne saurais franchir.

Mais il est vrai que depuis, je me questionne. Sur le pouvoir de séduction des suédoises. Et le pouvoir de décision des français, définitivement.

Du futile à l'agréable, Vivre au frigo | Réagir

Qu’as tu appris à l’école mon fils aujourd’hui?

April 20th, 2009

Je suis souvent amusé d’observer l’image que les suédois véhiculent en France. Prenez un français moyen par exemple, interrogez le sur ce que lui évoque la Suède. Dans la plupart des cas, il répondra :

  • ABBA
  • IKEA
  • The Pirate Bay

The Pirate Bay fait exception mais tout le monde en a pris connaissance depuis l’actualité le concernant. Maman y compris.

IKEA comme symbole national, c’est tout à fait charmant. Il est vrai que plusieurs m’ont envié lorsqu’ils ont appris que je vivais à 20km du plus grand IKEA du monde.

Concernant ABBA, c’est un grand classique. Dîtes à un français que vous résidez en Suède, vous aurez dans 90% des cas droit à une version (plus ou moins bien interprétée) de « Money Money Money »

Autant on pourrait penser que je suis un peu réducteur vis-à-vis des français, autant le phénomène fonctionne tout aussi bien dans l’autre sens. Prenez un suédois moyen, interrogez le sur ce que lui évoque la France. Dans la plupart des cas, il vous répondra :

  • une baguette
  • un fromage
  • meeeerde

Question culinaire, aucun doute, et c’est indiscutable, nous avons une excellente baguette et un Morbier qui méritait renommée internationale. Parfois d’ailleurs, les plus extravertis mimeront un béret et un pull marin rayé en plus pour agrémenter le personnage.

Ce qui en revanche m’amuse toujours, c’est le « meeerde » que certains prononce dès lors que l’on évoque la France. « Merde » comme symbole national, c’est tout à fait charmant. Surtout quand on considère que nombre de suédois ont environ 4 ans de français à l’école derrière eux. Si après 4 ans d’espagnol c’est “mierda” qui me venait de suite à l’esprit lors d’une conversation, mes parents auraient déjà déposé une plainte contre l’éducation Nationale.

C’est à se demander ce qu’on apprend à l’école. Et à quoi on paie les profs. Bordel de merde.

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Stockholm – Paris – Saint-Vrain

April 16th, 2009

Je m’attendais étrangement à de gigantesques changements durant ces quelques 8 mois pendant lesquels je n’avais pas mis les pieds à Paris.

Curieux de savoir si personne n’avait construit un Scandic Hotel planté au milieu des Buttes Chaumont, si la baguette avait ou non dépassé les 2€, si il était encore possible de commander une Leffe en terrasse et se dire que définitivement, c’est vraiment trop cher, une Leffe en terrasse à Paris.

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J’ai été heureux de constater que tout était toujours à sa place. Que les problèmes de RER sont toujours quotidiens, qu’il est toujours possible de louer un Vélib’ à 3h du matin, que garer son AX dans Paris pour la journée et se dire qu’on a pas envie de payer pour le parking, c’est toujours un peu risqué.

Un regret néanmoins, le Truskel pourtant si formidable il y a encore quelques temps devenu plus triste qu’un club à Saint-Tropez, c’est une perte pour la nuit parisienne, indéniablement.

Passer une semaine à Paris c’est aussi le talent de savoir condenser ce qu’en temps normal, on aurait fait en un mois. Cela mène nécessairement à des journées où il est possible de parcourir l’ensemble des arrondissements de Paris à 2 chiffres avec tous les moyens de locomotion possibles : Vélib’, métro, taxi, scooter, Citroën AX.

C’est le plaisir d’une glace au soleil rue des Rosiers suivie quelques minutes après d’une demi-douzaines de coupes de champagne dans le 18è avant un retour métro Dausmenil pour une tartine savoyarde au restaurant. Un taxi plus loin pour se retrouver rue des Couronnes à manger des œufs durs (c’est Pâques), et quelques coups de pédales lorsque Paris s’endort jusqu’à la rue Feydeau. D’un rendez-vous à midi jusqu’à un coucher vers 4h30 le matin, il ne semble s’être déroulé que quelques minutes, et pourtant…

C’est à la même vitesse que me voilà revenu à Stockholm, en constatant, face à mon appartement envahi par des plantes gigantesques et un arbre devant ma fenêtre qui a pris au moins 10 kilos de bourgeons que oui, c’est bien une dizaine de jours, qui se sont écoulés en 10 minutes.

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Köpenhamn

April 3rd, 2009

Sans à peine en prendre conscience, j’ai atterri il y a 3 jours à Copenhague.

Copenhague a toujours fait partie dans mon inconscient des villes dans lesquelles j’avais à priori peu de chance de mettre les pieds. Luxembourg par exemple, fait aussi partie du même lot. Je n’ai a priori aucune raison d’aller au Luxembourg. Ou alors sur un malentendu.

Changer de pays c’est bien entendu changer d’environnement, mais aussi se rapprocher de pays et de capitales qui autrefois ne vous évoquaient rien. C’était exactement le cas pour Copenhague. 3 jours à Copenhague c’est pour les suédois aussi courant que la vidange de la Volvo. L’équivalent peut-être de la Belgique pour le français, ou la frontière espagnole pour aller acheter des clopes moins chères. Mais on ne pense jamais à Copenhague. On a rarement côtoyé un type qui revenait de 3 semaines au Danemark avec son appareil photo jetable dans la poche.

Bref, quoi qu’il en soit, 3 jours à Copenhague. Et évidemment, Christiania, la communauté libre de Copenhague. Christiania sent le cannabis, la bière, le rafistolage, l’art de rue. Christiania ne sent pas le pain frais, la nouvelle Volvo, le Chanel, l’herbe coupée. Christiania fait partie des endroits les plus étranges qu’il m’ait été donné de visiter. Je n’ai malheureusement pas pu prendre des photos (c’est interdit), je vous invite donc à faire quelques recherches de votre côté.

christiania copenhague

Si je devais préparer un guide de voyage sur Copenhague, je dirais :

A faire : Christiania, deux fois
A ne pas faire : le restaurant italien Il Ponte

Aussi vite que je suis parti me voilà de retour à Stockholm. Ces jours-ci les suédois reçoivent leurs déclarations d’impôts, et moi aussi par la même occasion. J’ai appris que cette année, j’avais cotisé 91kr pour mon enterrement. J’en déduis qu’il va m’être difficile de mourir de suite.

Portez vous bien.

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