Pourquoi ?!
C’est une question quotidienne à laquelle chaque “expatrié” est contraint de répondre lorsqu’il sert la main à un ou une inconnu(e) dans le pays dans lequel il a récemment élu domicile. Ce nouvel interlocuteur doit nécessairement connaître les raisons de votre présence ici, dans son pays.
Il y a bien entendu des évidences, un français en Espagne a nécessairement déménagé pour le climat par exemple. Une suédoise à Paris est évidemment fille au pair dans le 16è arrondissement et officiellement venue pour apprendre le français et découvrir Paris (on apprendra plus tard que la veritable raison de son depart est surtout qu’à Paris, les bars ferment à 5h du matin)
Mais s’interroger sur la présence d’un français en Suède est tout à fait légitime. La question agite les neurones des suédois, pourquoi un étranger viendrait s’installer ici ?
Comparativement, je suis convaincu que l’installation d’un parisien à Bondoufle susciterait la même question.
Quoi qu’il en soit, j’ai assisté à un étrange phénomène lors de mes dernières rencontres. Mes interlocuteurs suédois n’ont même plus pris la peine de formuler une question grammaticalement correcte, mais ont très vite préféré l’affirmation: “t’es venu en Suède parce que t’as rencontré une suédoise à Paris, hein?”
À leur décharge, le “hein?” stratégiquement placé en fin de phrase qui laisse malgré tout planer un très léger doute sur cette affirmation. Un doute sitôt dissipé lorsqu’effectivement, je m’en vais confirmer ces propos.
Oui, j’habite en Suède parce que j’ai rencontré une suédoise à Paris. Indiscutablement. Et je mets aussi des chaussures quand je sors parce que je trouve que c’est nettement plus facile pour marcher. Une relation de cause-conséquence d’une évidence désarmante.
De là à en déduire qu’absolument tous les français en Suède ont rencontré une suédoise en France, il n’y a qu’un pas que je ne saurais franchir.
Mais il est vrai que depuis, je me questionne. Sur le pouvoir de séduction des suédoises. Et le pouvoir de décision des français, définitivement.

