Les démarcheurs.
Ils officient en troupes organisées, une armée de soldats sans pitié avec à sa disposition les dernières technologies de pointe: les démarcheurs ont la vie belle en Suède.
Des appels téléphoniques...
Qu’ils vous vendent un nouvel abonnement Internet, un changement de fournisseur d’électricité ou les derniers avantages d’une carte de transport, les démarcheurs téléphoniques ne se posent aucunes limites: votre téléphone sonnera le soir, le week-end et les jours fériés. Ils vous appellent encore plus régulièrement que vos parents ou votre copine et jamais ne s’excusent de vous déranger un dimanche soir à 21h.
…au démarchage physique dans la rue.
J’avais déjà l’impression que Paris débordait de ces types qui vous expliquent que la survie des koalas dépend essentiellement de vous. Paris n’est rien à côté de Stockholm.
Le démarchage à la scandinave est semble-t-il une catégorie socioprofessionnelle à part entière, on recrute des démarcheurs comme on recrute des militaires. Un fait en revanche tout à fait étonnant: les divers thèmes abordés par ces derniers. J’ai très récemment fait la connaissance d’une jeune femme souriante qui tenait absolument à ce que je me fasse vacciner contre les diverses maladies transmissibles par les tiques. La plupart du temps, il n’est même pas question d’argent, mais de prévention. Et il est vrai qu’avec les tiques, on est visiblement pas assez prudent. C’est un peu ça aussi, le modèle suédois.
Les élections européennes approchantes, ils sont bien entendu des centaines sur les trottoirs, avec leurs casquettes bizarres et cette façon si professionnelle de vous barrer la route. Entre ceux qui tentent de vous convaincre que la Suède devrait définitivement adopter l’euro et ceux qui s’en foutent, ceux qui ne voient que par le féminisme pour résoudre tous nos soucis et ceux qui vous distribuent des pommes dans un sac en papier recyclé, les quelques 4km qui me séparent de mon lieu de travail à pied s’avèrent être devenus un véritable challenge quotidien. Ce matin donc, j’ai accepté une pomme pour ensuite dire non à l’euro, quelques centaines de mètres plus loin.
Un des gros avantages ceci dit de la situation d’étranger en Suède est que je n’éprouve que très peu de remords lorsque je réponds, face à un type qui me présente une pétition et un stylo bic, un trop français “I’m sorry, but I don’t speak any swediche“. Et toujours avec le sourire.





