June 2009 - les archives


Hors sujet: NYC

June 28th, 2009

Dans mon interminable conquête du monde, je m’en vais découvrir New York City du 21 au 31 août prochain… et je cherche par la même occasion un clic-clac sur place (2 personnes) pour quelques jours. Je m’adresse donc à toi, l’expatrié qui a quitté Paris pour habiter New York.

Les candidatures sont à me faire parvenir ici.

Vivre au frigo | Réagir

Tack tack

June 26th, 2009

On a du mal à savoir si il s’agit de se faire mieux comprendre, de s’assurer que le message passe correctement… mais il est un fait incontestable: les suédois répètent, beaucoup.
On avait déjà constaté que la plupart du temps, la communication entre deux suédois passaient mal. Peut-être usent-ils donc la répétition afin de pallier à cet obstacle.

Mais quoi qu’il en soit,  le “tack tack” est quotiden. N’employer qu’un “tack” est d’ailleurs devenu démodé: 2009 est l’année de “tack tack”.

Le “tack tack” qui d’ailleurs sonne étrangement aux oreilles des français, qui utilisent de leur côté “tac tac” afin de préciser la rapidité d’une action : “là le type sort de la banque, et tac tac il saute dans sa bagnole”.

Alors il est vrai qu’on a du mal à s’habituer, à ses suédois qui tack à gogo. D’autant plus qu’il ne s’agit pas simplement du “tack” que l’on multiplie: “Hej!” devient invariablement “hej hej!”, et sa variante “hejsan” magistralement “hejsan hejsan”. Ce qui, et personne ne me contredira, allonge de façon conséquente le temps passé à la caisse d’un supermarché. Si l’on commence à doubler systématiquement chaque “bonjour”, “merci”, “bonne journée et à bientôt”, c’est un plan national d’embauche de personnel de caisse qu’il va falloir lancer.

En bon français, on aurait tendance à assumer que cet excès de gentillesse camoufle quelque chose de louche. Que les suédois “tack” à taquet parce qu’ils n’ont aucune conversation, qu’un rapide“salut salut” vaut toujours mieux qu’un laborieux “salut ça va?” qui sonne le départ d’une conversation sans fin.

Malheureusement, les informations manquent sur le sujet. Et rien de sert de se renseigner auprès d’un suédois afin de savoir pourquoi il ne peut s’empêcher de tout multiplier par deux, car dans tous les cas, il vous demandera de répéter la question. Vad säger du?

Du futile à l'agréable | Réagir

Minute papillon

June 15th, 2009

Il y a un certain nombre de sujets à côté desquels on ne devrait pas passer. Ce serait exactement comme parler de la Suède sans évoquer les suédoises, un repas de Noël sans personne pour dire que de toutes façons, les huîtres, c’est franchement pas bon.

Et pourtant, jamais je n’ai ici évoqué la file d’attente, alors qu’il s’agit certainement de la principale occupation quotidienne des suédois.

C’est aussi un élément qui les caractérise, un véritable reflet de leurs personnalités. Jamais auparavant je n’avais vu l’attente aussi sage et organisée. Il est en revanche tout à fait probable que les éléments de comparaison me manque, n’ayant que le souvenir de la façon dont on attendait à Paris.

Faute de langage certainement, on ne devrait pas parler d’attente en France, mais de trépignement frénétique. Chacun a déjà dans sa vie fait l’expérience de la queue à La Poste, celle qui un jour a eu la fabuleuse idée d’étendre son activité et devenir une banque en plus du service postale. Et de tomber pile derrière le type qui, devant le seul guichet ouvert, regarde l’employée dans les yeux avant de dire “bonjour, j’aimerai ouvrir un compte chez vous“.
Un coup d’œil aux personnes présentes dans la file permet de comprendre qu’on est certainement plus en sécurité des rollers aux pieds sur une bande d’arrêt d’urgence qu’à La Poste derrière celui qui veut ouvrir un compte.

Les suédois (et ce n’est absolument pas une surprise) fonctionnent tout à fait différemment, en premier lieu parce qu’ils disposent d’un outil technologique que nous les français avons trop tendance à rechigner: le ticket. Le ticket numéroté régit par bien des manières la vie quotidienne des suédois et par ce biais l’essence même de l’attente, qui n’en est d’ailleurs plus une. Posséder son numéro c’est la liberté de vaquer à d’autres occupations et de rentabiliser un temps intelligemment investi.

C’est un fait, les suédois sont en haut de l’échelle de l’organisation. En leur attribuant un numéro dans les pharmacies, les hôpitaux, le Systembolaget, les institutions les confortent ainsi dans l’idée qu’ils sont pris en main. Et les suédois ont définitivement besoin de sentir pris en main.

Lorsque les machines à ticket ne sont pas disponibles, c’est alors le comportement en communauté qui prend le relais: l’attente du bus est comparable à la relève de la garde nationale tant les suédois sont parfaitement alignés jusqu’à l’arrêt de bus.

Il existe en France une loi implicite que personne n’est encore parvenu à contourner: premier entré premier servi. Même après avoir patienté 20 minutes, il n’est pas exclus qu’un groupe du centre aéré et ses 2 animateurs vous siffle votre place assise ou pire, votre place dans le bus.

Bien cachée sous une apparente futilité, l’attente en Suède est le véritable reflet de l’organisation à la suédoise. Enlever au pays ses tickets, et c’est tout une communauté qui s’écroule.

So swedish, Suède VS France | Réagir

Regarde un peu la France

June 7th, 2009

Il y a ceux qui ont quitté la France pour un travail à Stockholm, ceux qui ont rencontré une suédoise à Paris, ceux qui sont partis pour un apprentissage linguistique etc… mais tous ont un point commun : ils regardent désormais la France en rigolant.

En rigolant de ce qu’il s’y passe, et sourire à l’idée de ne plus en être.

Un ami reçoit récemment un coup de fil du Trésor Public qui lui réclame quelques milles euros dus de sa dernière année en tant que salarié en France. Et a du mal à dissimuler sa joie lorsqu’il effectue le virement tout en pensant que plus jamais il ne versera un centime à ces bandits, fier qu’il est de payer ses impôts dans un pays où l’argent ne sert pas à financer les vacances d’un président pour lequel il n’a jamais voté.

On observe depuis Stockholm ceux qui battent le pavé à Paris pour des fermetures d’usines, des hausses de salaire. Les expatriés prônent la séquestration sans sommation des patrons mais très vite se sentent beaucoup moins concernés… on évoquera les mouvements sociaux autour d’un verre de rouge au bord d’un lac avant de conclure que la France n’a que des problèmes… qu’on oublie très vite en débouchant une deuxième bouteille.

On se réveille un matin en apprenant la défaite de Monfils à Roland-Garros…  On se surprend alors à réaliser que c’est surtout la victoire de Soderling qu’on attend avec impatience.

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On ne devient pas moins français lorsque l’on s’installe loin des frontières de l’hexagone, mais c’est certain, on devient chaque jour un peu plus étranger.

Suède VS France | Réagir