July 2009 - les archives


Se comporter à l’étranger.

July 30th, 2009

Il existe 1000 façons de dissocier un français parmi un groupe de suédois dans les rues de Stockholm. Par français, j’entends français de passage, le touriste qui a découvert où se trouvait Stockholm avant hier, au moment où Ryanair lançait sa dernière campagne Paris/Stockholm pour pas plus cher que l’Âge de Glace en 3D au Grand Rex.

Ce qu’il y a de tout à fait étonnant, c’est la façon que nous, français, avons de nous comporter absolument partout pareil dans le monde, comme si tous les continents s’appelaient Paris. Jamais il ne vient à l’esprit du français que passer quelques jours dans un pays, c’est aussi l’occasion de s’y intégrer un peu, ne serait-ce que pour une semaine de vacances.

La première barrière est bien entendu la langue. Il semblerait que malgré des cours d’anglais que nous avons reçu depuis l’âge de 12 ans, même dire “merci” en anglais relève de l’effort difficilement surmontable. C’est donc en toute bonne conscience que le français dira “merci” lorsqu’il achètera ses cartes postales dans la vieille ville, en étant convaincu que sa langue est internationale. Si un problème de compréhension avec son interlocuteur intervient, il ira très vite râler sur ces pays où il est impossible de se faire comprendre. Peu de temps après, il apprendra que “merci” se dit “tack!” en suédois, ce qui aura immédiatement pour effet de le remettre de bonne humeur.  Et on comprend.

Cliché de taille que celui du français qui râle… à sa (notre) décharge, il est vrai que les occasions de râler ne manquent pas. Surtout quand le prix du bagage en soute chez Ryanair l’a contraint à ne pas prendre de valise, et que c’est avec ses deux uniques shorts et sa paire de tongs qu’il ira découvrir la ville… souvent sous la pluie. Visiblement, l’été ne dépasse pas la frontière danoise en 2009.

Il est évident qu’un français ne s’adapte pas au pays qu’il découvre. C’est le pays qui doit s’adapter au français. Le phénomène s’applique d’ailleurs au quotidien, que ce soit avec la troupe de parisiens qui crée l’anarchie dans la file d’attente du bus à Stockholm, pourtant d’habitude si paisible, ou le père de famille qui, à la descente de l’avion se rend immédiatement au Systembolaget, avant d’aller faire constater à femme que le prix du pinard dans ce pays de cons coûte à l’aise un aller retour Paris-Béziers.

Effectivement, il ne fallait pas se priver, il fait tellement plus beau dans le sud de la France.

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Suède VS France | Réagir

Le droit de tout le monde

July 14th, 2009

Si il y a bien une chose que d’autres pays devraient envier à la Suède, c’est bien celle là.

Le “droit de tout le monde”, qui trouve fièrement sa place dans chaque guide de voyage, qui est nécessairement cité par tous les suédois dès lors qu’on en vient à évoquer la propriété publique.

En suédois, “allemansrätten”, un droit commun qui permet à chacun de poser sa tente, son duvet, n’importe où en Suède dès lors que l’endroit n’est pas privé, ni proche d’un camping. Un droit absolument incroyable qui redonne tout son sens à l’expression “road trip” que l’on entend bien (trop) souvent en France.

Il y a toujours , et c’est statistique, un type qui débarque en septembre en annonçant fièrement : “j’ai fait un road trip avec 3 copines en juillet, on a sillonné toute la France en 15 jours, c’était formidable”.

Ce qui est subtilement sous entendu, c’est que le type en question a passé 10 nuits dans sa Renault 5 et 4 au Formule 1 de Millau. Un road trip à la française, certainement.

C’est donc avec joie que chaque étranger en Suède découvre qu’il est en droit de planter sa tente au bord du lac si il le souhaite et même ramasser quelques branches pour faire réchauffer sa ratatouille.

Imaginez donc la suite du scénario, pour un français qui n’avait jusqu’alors posé sa tente que dans des campings municipaux: il profite de ce droit à l’excès, surtout ne pas en perdre une miette, exactement comme on ne peut s’empêcher de lécher le plat qui a servi à faire le gâteau au chocolat…

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Et il s’en va même organiser des anniversaires sur des petites îles désertes en kayak, lui et des copains. Il y passe la nuit, et regarde le feu brûler encore à 3h du matin. Souvent en réalisant combien il est chanceux d’habiter un si beau pays!

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