August 2009 - les archives


Ceux qui décident du temps qu’il fera

August 11th, 2009

Il est une loi que l’on ne retient que trop peu souvent, malgré le fait qu’elle soit applicable à une bonne moitié du monde. Cette loi, c’est celle dite “des parents“.

Le scénario est fonctionnel au possible: un jeudi, vous rencontrez une suédoise. A peine le temps de se retourner que vous êtes déjà dans une Renault 19 à traverser le Danemark à fond la caisse avec toute votre bibliothèque dans le coffre, et quelques paires de chaussettes. Côté passager, une fille aux cheveux tout jaunes.

Après 2000km, vous constatez le résultat: vous habitez en Suède, vous payez un loyer en couronnes et vous commencez à boire votre thé sans sucre, même si vous vous étiez juré de ne jamais lâcher, sur les 5 morceaux de sucre avec le thé.

Viennent ensuite comme il se doit une partie des amis pour rendre visite, avec un grand sourire et des Carambars dans la valise. Et puis évidemment, deux fois par an, ce sont vos parents qui passent pour faire coucou (toujours avec le sourire mais avec vachement plus de Carambars)

Et que se passe-t-il, lorsque les parents se déplacent jusqu’en Suède?

Il pleut.

Il pleut à n’en plus finir, plus de litres d’eau que le Pacifique n’en compte, plus de pluie que lors d’une finale de Roland-Garros… et il pleut évidemment de façon excessivement localisée: Stockholm, sa banlieue, et partout où vos parents décident d’aller se promener. Considérez ça comme un micro-climat.

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Même si la séparation à la fin du séjour à bien entendu des airs d’adieu, le sourire revient très vite lorsque le lendemain les gros nuages laissent place à un soleil rayonnant. On oublie vite une quinzaine de jours de pluie dès lors qu’on fait griller du saumon au barbecue, en short au bord d’un lac.

On aurait presque tendance à oublier que quelques jours plus tard, ce sont aussi les parents de vos copains qui viennent faire un tour en ville, comme ça, juste faire coucou. La temps en est témoin, et pour la première fois, vous pouvez enfin considérer la météo comme fiable, au moins pour la durée de séjour des parents en question; c’est visiblement le k-way du placard qu’il vous faudra ressortir.

Ne cherchez plus: il n’existe pas de meilleur indicateur météo.

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Zone de stationnement interdit

August 7th, 2009

Il y a de ces villes dans lesquelles posséder une voiture peut être encore plus contraignant que partager son 21m² avec un berger allemand.
Paris en est l’illustration même, Paris dans laquelle la circulation chaotique et l’omniprésence du métro rend la voiture aussi indispensable qu’une paire de tongs en décembre.

L’utilité d’une voiture à Stockholm est en revanche tout à fait justifiable, du fait des multiples activités possibles en dehors de la ville, pour la plupart facilitées dès lors que l’on possède un permis de conduire.

En revanche, la où la capitale suédoise ne facilite pas la vie des automobilistes, c’est lorsque qu’il s’agit de garer la machine. Tout d’abord par le prix des places de parkings, et de façon excessivement bien proportionnée le prix de l’amende pour les mauvais élèves.
Me reviennent à la mémoire ces folles années de ma jeunesse où, la Citroën AX fièrement garée sur les Grands Boulevards, je m’en allais arpenter Paris pour plusieurs heures sans même insérer une pièce dans l’automate.
J’ai très vite saisi, à mes dépends, qu’on rigole beaucoup moins en Scandinavie. Garer sa voiture en ville, quitter les lieux  en souriant et ne pas se délester de quelques couronnes pour le parking peut-être dangereux, parce que la police du stationnement rode… et ne pardonne pas.

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A ceci, je n’ai pas encore évoqué la difficulté qu’il y a de trouver sa place de parking. Les règles sont plutôt explicites:

  • la moitié de la ville se trouve dans une zone de stationnement interdit.
  • l’autre moitié est répartie de la façon suivante:
    1. interdiction de se garer à moins de 10 mètres d’une intersection
    2. interdiction de se garer à moins de 10 mètres d’un passage pieton
    3. toutes les rues disposent d’un créneau horaire dans la semaine pendant lequel se garer est interdit

Transgresser le cas n.3 vous expose à 550kr de contravention. Pour rappel, envisager la possibilité de se garer malgré l’interdiction relève visiblement de l’inconscience. C’est en effet à 2h25 cette nuit qu’un monsieur à moustache avec une jolie casquette bleue a glissé un papier plastifié entre l’essui-glace et le pare-brise de ma voiture de location.

Je me souviens pourtant du Paris que j’aimais, où les seuls types respectables qui rôdaient autour des voitures à 3h du matin n’étaient que là pour les voler… Parfois cette ville me manque!

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Ma tahaksin eesti keelt õppida.

August 2nd, 2009

4 jours en Estonie ont fait remonter quelques souvenirs à ma mémoire, mes premiers pas en Suède, lorsqu’en août 2007 je débarquais sur Björngårdsgatan avec une Renault 19 qui finissait sa vie après plus de 2000km à 120km/h. 4 jours qui m’ont mis face à cette difficulté que j’avais visiblement oublié: la langue.

Le suédois que je découvrais il y a 2 ans, reçu en pleine face comme on reçoit un douloureux penalty. A cette époque, je pouvais facilement commander un chausson aux pommes et finir avec un chausson au porc entre les mains. A cette époque, je regardais le menu et j’opérais par élimination: dans 90% des cas, mon choix se portait sur les spaghettis bolognaise, parce que “bolognese” est international.

Tallinn m’a rappelé combien il était difficile d’échanger dans une langue étrangère à la sienne, et par étrangère j’entends vraiment étrangère. Un rapide bilan de ces 4 jours en Estonie: j’ai appris à dire “bonjour” et “merci” en estonien, je suis en revanche toujours incapable de dire “au revoir“. J’ai eu l’occasion de me rendre dans 4 restaurants, j’ai tour à tour choisi des pâtes bolognaise, des pâtes carbonara, une pizza Capricciosa et des lasagnes. L’Estonie m’a étrangement laissé un vague goût d’Italie . Mais comprenez-moi, malgré l’attrait du risque, étais-je prêt à commander le plat au nom le plus rigolo, avec la possibilité de me retrouver avec de l’émincé de lézard?

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Et moi de me retrouver au milieu de ces centaines de touristes qui descendent des ferrys pour 6 heures dans le centre historique, à acheter des casquettes “I love Tallinn” par dizaines. Essayer désespérément de me fondre à la population locale avec “bonjour” et “merci” comme seul bagage. J’étais parvenu à ne plus passer pour un touriste à Stockholm, il s’agissait d’une première victoire personnelle. Mais dur est de constater que passé la frontière suédoise, avec mon sac à dos et mon Canon en bandoulière, je suis autant touriste que toi, qui vient passer quelques jours à Stockholm pour les vacances.

La prise de décision finale fut évidemment d’accepter ma condition, et c’est en repartant avec plusieurs bouteilles de vodka locales au fond du sac que l’on prend conscience que le tourisme, ça peut être aussi une partie de plaisir.

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