September 2009 - les archives


Les bons samaritains.

September 29th, 2009

On s’est beaucoup posé de questions, sur sa planque et ses origines. On a souvent cru le croiser au détour d’une rue, on a toujours considéré un main tendue comme son apparition, mais il n’en était rien: jamais nous n’avons vraiment eu affaire à lui. Et pour cause: le bon samaritain est SUÉDOIS, et se planque à Stockholm!

Je constate de plus en plus de faits qui me rappellent combien “tu aimeras ton prochain comme toi-même” prend tout son sens, ici en Suède. Il ne s’agit certainement pas du seul pays où tendre la main est religion nationale, mais j’ai rarement constaté une honnêteté si démesurée.

Je vous invite d’ailleurs à tester par vous-même. Laissez nonchalamment tomber votre carte bleue de la poche de votre veste en cuir, et patientez une petite heure. Il est tout à fait probable que vous receviez un appel sur votre portable, un aimable suédois qui aura fait l’effort d’une recherche sur internet afin de retrouver vos noms, prénoms et numéro de portable. Les suédois sont comme ça, ils prennent soin de leur prochain.

C’est exactement pour la même raison que parfois, debout sur le trottoir à profiter d’une cigarette, une voiture s’arrêtera devant vous pensant que vous avez pour ambition de traverser la rue… Refusant un conflit inutile, vous vous surprendrez alors à traverser quand même, même si ce n’était nullement inscrit dans vos plans de départ.

Malheurs à ceux qui envisageraient d’ailleurs d’abandonner un vilain chaton sur le bord de la route, le suédois toujours bien pensants vous le ramènerait à coup sûr le lendemain dans une boite en carton avec des trous. Ils sont comme ça les suédois, ils prennent soin de leur prochain.

Vivre aux pays des bien pensants a certes quelque chose de très rassurant… d’un autre côté, on aimerait bien de temps à autres se faire barboter sa carte bleue sans la retrouver 10 minutes après, ramasser son rétroviseur sans un numéro de téléphone sur le pare brise… sans tout ça, que reste-t-il à raconter aux parents?

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Excédent de bagage.

September 28th, 2009

De retour en Suédie après 2 jours à Paris.

2 jours, c’est tout juste le temps de passer une bonne soirée en famille, suivie d’une bonne soirée entre amis. De quoi déguster des alcools locaux venus de toute la France et de déballer pour l’occasion quelques paquets cadeaux…

Il a d’ailleurs été très facile, cette année, d’identifier quelques thèmes récurrents dans ce que j’ai eu la chance de recevoir:

  • La littérature. Il faut savoir qu’on ne trouve pas ou peu de livres en français à Stockholm. On est très heureux de se faire offrir de quoi passer les longues soirées d’hiver. Dès lors, je prends conscience que 3 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.

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L’arbre à livres

  • Les bonbons. Pas n’importe lesquels, je vous parle de ceux qui me rendent fier de mon pays, des emblèmes nationaux forts en gélatine, j’ai nommé les Carambars, et les Schtroumpfs. 2,5 kg sont ajoutés au poids de mon baggage en soute.

  • Le pique-nique. C’était absolument innatendu, mais  me voilà aujourd’hui équipé pour absolument tous types de pique-nique (en pleine forêt, en montagne, en ville, en France, en Suède etc.) Nicolas Hulot a les oreilles qui sifflent, j’ai recu pour mon anniversaire le sac de Mary Poppins, avec absolument tout le nécessaire à pique nique dedans: de la planche à découper au tire-bouchons, des assiettes métalliques à la salière miniature,  j’ai de quoi passer plusieurs jours seul en forêt avec toujours la possibilité de faire mijoter de véritables bœufs bourguignons, sans jamais faillir. 8 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.
  • Le jus de raisin. C’était évidemment très attendu, mais surtout très apprécié. Je suis heureux d’annoncer l’ouverture de ma première cave à vin, celle qui bientôt vous fera pâlir de jalousie. Bien entendu, cela a un prix: 16 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.

C’était sans compter un ami qui la veille du départ, avec deux valises déjà plus lourdes qu’un kit complet de casseroles en fonte, vous offre le livre de Rolling Stones magazine: les 500 meilleurs albums de tous les temps. Je vous laisse imaginer combien de pages il faut pour lister les 500 meilleurs albums de tous les temps, avec de belles et grandes images en couleur. Le bagage en soute étant devenu trop capricieux, je fais le voyage avec le livre sur les genoux.

2 jours en France, c’est surtout le temps qu’il faut pour se dire qu’on y passerait bien une semaine, ou 1 mois. Que malgré une nouvelle maison, Saint-Vrain restera toujours Saint-Vrain. On aura beau partir avec des boites de Tarama au fond du sac, il n’a jamais vraiment le même goût ici à Stockholm, même accompagné d’un excellent Saint-Emilion.

Restez où vous êtes les gars, Noël cette année se fera dans l’Hexagone!

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24 mois.

September 9th, 2009

Le 27 août, je clôturais ma deuxième année en Suède. Le même jour, j’entamais la troisième. Time flies.

Un labs de temps définitivement bien investi. De l’apprentissage d’une langue nouvelle jusqu’à trouver la meilleure bière de Stockholm, ces 2 années se sont envolées sous le thème de l’intégration.

L’intégration, c’est le sujet favori de tous les expatriés du monde. Il ne suffit malheureusement pas de porter une casquette des Yankees pour être américain, et ce n’est absolument pas en mangeant du fromage au petit déjeuner que vous deviendrez l’ami de tous les suédois.

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L’intégration, c’est un projet sur le long terme, qui prend évidemment forme via… la communication. Il était temps d’écrire 3 mots dessus, tant on m’a posé de questions concernant l’apprentissage du suédois.

Parlons les amis, apprenons le suédois. Il n’y a pas meilleure école que la Suède pour ça. J’ai d’ailleurs observé qu’il existait (au moins au niveau des français en Suède) plusieurs groupes bien distincts dès lors que l’on touche à l’apprentissage du suédois.

Il y a tout d’abord ceux pour qui apprendre est nécessaire. Ils sont bons, lents, moins bons ou excessivement lents, mais ils poursuivent le même objectif: être apte à communiquer.

Il y a ceux qui n’ont jamais vraiment appris, ou très peu, mais qui clament tout comprendre, des conversations, des articles des plus grands quotidiens suédois. Ceux là disent qu’ils n’auraient besoin que d’un tout petit peu de grammaire pour accéder au tant convoité statut de “bilingue“. On les repère ceci dit facilement: ils sont en Suède depuis 8 ans, “parlent” 14 langues et commandent toujours leur café en anglais.

Il y a bien entendu ceux qui ont essayé, puis ont abandonné. On a très vite tendance à les comprendre -et à les pardonner- le jour où l’on apprend qu’infirmière, en suédois, c’est “sjuksköterska”’

J’ai en revanche beaucoup plus de mal à comprendre le dernier groupe. Ils sont une minorité et se cantonnent à une règle de base: “on vit tout aussi bien sans le suédois” Alors certes, on peut aussi vivre sans Sopalin et ne plus jamais mettre de chaussettes, mais de là à considérer qu’on vit aussi bien sans… J’ai du mal à concevoir qu’il soit possible de vivre sur le long terme dans un pays sans jamais essayer de pratiquer sa langue.

24 mois à Stockholm… il est déjà temps de traverser un nouvel hiver, le troisième. Le suédois se perfectionne mais je n’ai aucune étiquette “bilingue” collé sur le front. Ceci dit, 3 hivers, c’est surtout le temps nécessaire pour maîtriser le feu de bois dans la neige et faire griller des saucisses. Et croyez le ou non, pour ça au moins, je suis devenu expert.

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