October 2009 - les archives


Home made.

October 30th, 2009

J’ai tapé le week-end dernier dans l’erreur irréparable, celle qui sera probablement la cible des critiques les plus dures. J’ai fait un pas de plus sur le long chemin qui petit à petit nous transforme tous en suédois, un pas de trop certainement, le pas qui fait mal.

Ce qui jamais ne devait arriver arriva : dimanche, j’ai fait du glögg.

Le glögg, pour ceux qui ne sont pas familier avec ce mot, c’est le vin chaud national ici, à consommer dès lors que la température extérieure vous permet de conserver sans crainte un pot de glace à la vanille sur le balcon.

Alors oui, faire du glögg à la maison, c’est passer un cap. C’est abandonner toute estime de soi, et c’est surtout cautionner un phénomène excessivement douteux : celui des jeunes boutonneux qui, pour n’avoir pas le droit de mettre un pied chez Systembolaget, préfèrent fabriquer de l’alcool maison dans la salle de bain afin d’éviter de tourner au 7UP le samedi soir avec les copains.

glögg

Bien entendu, loin de moi l’idée d’économiser le prix d’une demie-douzaine de bouteilles de glögg; j’étais avant tout curieux de son procédé de fabrication, qui s’est en fait avéré très simple : mélanger une dizaine de bouteilles de soda scandinave avec 2,5kg de sucre, ajouter quelques patates, de la cannelle et à peu près toutes les autres épices à pâtisserie du monde, et laisser pourrir le bouzin un bon mois et demi dans un seau en plastique.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus que d’une question de patience. La première semaine s’est déroulée sans incident, même si j’appréhende toujours la possible apparition de champignons exotiques fluorescents sur la surface du liquide ou la découverte de petits animaux morts au fond du seau lorsque début décembre, je serai contraint de tester cette potion magique.

On éprouve ceci dit un certain plaisir à fabriquer son alcool à la maison, tout d’abord par respect pour l’artisanat; et par la suite parce qu’il s’agit potentiellement d’un nouveau plan de carrière: je dois reconnaître que désormais, je m’imagine tout à fait en petit producteur local!

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Ces suédois qu’on aime.

October 6th, 2009

Il y a chez les suédois ce petit quelque chose qui fait que l’on a du mal à ne pas les aimer.

Ce constat est venu d’une discussion avec une amie russe il y a quelques jours, qui me faisait part d’une analyse difficilement discutable: personne n’aime vraiment les Russes.

En deuxième position, et sans l’appui d’aucunes statistiques, il n’est pas trop s’avancer que de dire que personne n’aime vraiment les allemands non plus. Ce qui faisait d’ailleurs beaucoup de peine à mon amie russe, elle qui a plusieurs années partagé son appartement avec un germanique.
Les Russes n’avançant jamais rien sans de lourds arguments derrière, elle m’a fait part des soirées cinéma qu’elle et son copain allemand avait l’habitude d’avoir, et notamment du fait que dans tous les films, et même les meilleurs d’entre eux, les méchants étaient nécessairement russes, ou allemands. C’était absolument indéniable, l’argument a fait mouche: ce sont toujours eux qui portent les plus grosses mitraillettes.

De là a dévié la discussion sur les suédois, les suédois que tout le monde aime, sans trop savoir pourquoi.

Certainement parce que jamais on a croisé un suédois avec une mitraillette, ou probablement parce que beaucoup n’ont jamais rencontré un suédois en vrai. Les seuls suédois venus en France ne sont pas arrivés sur des tanks ou des gros bateaux militaires mais la bouche en cœur par Ryanair pour devenir fille au pair, avec du pain dur et du poisson frais plein les bagages.

On leur trouve même toutes les excuses du monde, quand une dizaine d’entre eux envahissent les campings municipaux du sud de la France avec de l’Aquavit plein la Volvo… on s’en va dire qu’ils sont hollandais… parce que l’on apprécie beaucoup les suédois… sans jamais savoir pourquoi.

J’essaie de consoler mon amie russe, lui disant qu’avoir un pied en Suède c’est déjà être à moitié suédoise, mais rien n’y fait. Je me remets alors en question, et je me demande qui donc peut bien apprécier les français… personne ne me vient vraiment à l’esprit… hormis évidemment les suédois.

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