Sport National
Lors d’un retour ponctuel à Paris, il y a plusieurs choses qui choquent.
La première est bien entendu la langue, qui provoque un sentiment étrange: celui d’être écouté en permanence. C’est très dérangeant les premiers jours. Rien n’est plus tellement personnel, on a du mal à dire “j’ai envie de faire pipi” à voix haute.
Dès les premiers pas dans Paris intra-muros on se souvient du vin pas cher, des passages piétons sur lesquels les parisiens risquent leurs vies une trentaine de fois par jour, des jambons beurres et des “avec ceci?”
En règle générale, c’est à ce moment précis que l’on prend conscience qu’on est heureux d’y passer une semaine, à Paris.
Ce que l’on avait en revanche oublié, c’est l’administratif. L’administration à la française, c’est un peu LE sport national auquel tout le monde se prête quotidiennement sans plus vraiment s’en rendre compte.
Pour ma part, j’avais oublié que pour se garer à Paris, il fallait d’abord trouver un bar tabac. Pour y acheter une carte de stationnement. Puis trouver un parcmètre, se demander pourquoi il n’est pas possible de spécifier une durée de plus de 2h de stationnement pour finalement, trop las, ne rien régler du tout et offrir la nouvelle carte de stationnement à papa.
J’avais oublié qu’un passage à la banque, même anodin (récupérer une carte bleue après expiration de l’ancienne) pouvait en quelques minutes devenir un véritable cauchemar lorsque le banquier, suffisamment souriant, venait à exiger une douzaine justificatifs différents afin de compléter un dossier… de ma dernière déclaration d’impôts - je n’ai fièrement jamais payé d’impôts en France – à mes 3 dernières factures d’électricité - 4 ans que je ne suis plus client chez EDF. Un rendez vous à la banque devient donc pire qu’un dimanche chez IKEA, où l’on était venu pour acheter des cintres pour finalement repartir avec une nouvelle bibliothèque et 500 bougies chauffe-plat.
J’avais aussi oublié (et mal m’en a pris) qu’il y avaient plus de radars automatiques sur la Francilienne que de MacDonald’s sur l’ensemble du territoire français. Bien entendu, le Trésor Public ira envoyer un courrier qui impliquera toujours plus de photocopies de permis de conduire, de carte d’identité, de justificatifs de domicile, de photocopies de photocopies…
Alors je souris, de retour à Stockholm, en pensant à Paris qui ne vit que pour courir après divers dossiers, ou frais de dossier. J’inviterais bien mon banquier ici, dans un pays qui ne connaît pas la photocopie, qui utilise Internet… L’Internet…. sauf bien entendu à l’Ambassade…. de France.
