June 2010 - les archives


Sport National

June 21st, 2010

Lors d’un retour ponctuel à Paris, il y a plusieurs choses qui choquent.

La première est bien entendu la langue, qui provoque un sentiment étrange: celui d’être écouté en permanence. C’est très dérangeant les premiers jours. Rien n’est plus tellement personnel, on a du mal à dire “j’ai envie de faire pipi” à voix haute.

Dès les premiers pas dans Paris intra-muros on se souvient du vin pas cher, des passages piétons sur lesquels les parisiens risquent leurs vies une trentaine de fois par jour, des jambons beurres et des “avec ceci?

En règle générale, c’est à ce moment précis que l’on prend conscience qu’on est heureux d’y passer une semaine, à Paris.

Ce que l’on avait en revanche oublié, c’est l’administratif.   L’administration à la française, c’est un peu LE sport national auquel tout le monde se prête quotidiennement sans plus vraiment s’en rendre compte.

Pour ma part, j’avais oublié que pour se garer à Paris, il fallait d’abord trouver un bar tabac. Pour y acheter une carte de stationnement. Puis trouver un parcmètre, se demander pourquoi il n’est pas possible de spécifier une durée de plus de 2h de stationnement pour finalement, trop las, ne rien régler du tout et offrir la nouvelle carte de stationnement à papa.

J’avais oublié qu’un passage à la banque, même anodin (récupérer une carte bleue après expiration de l’ancienne) pouvait en quelques minutes devenir un véritable cauchemar lorsque le banquier, suffisamment souriant, venait à exiger une douzaine justificatifs différents afin de compléter un dossier… de ma dernière déclaration d’impôts - je n’ai fièrement jamais payé d’impôts en France – à mes 3 dernières factures d’électricité - 4 ans que je ne suis plus client chez EDF. Un rendez vous à la banque devient donc pire qu’un dimanche chez IKEA, où l’on était venu pour acheter des cintres pour finalement repartir avec une nouvelle bibliothèque et 500 bougies chauffe-plat.

J’avais aussi oublié (et mal m’en a pris) qu’il y avaient plus de radars automatiques sur la Francilienne que de MacDonald’s sur l’ensemble du territoire français. Bien entendu, le Trésor Public ira envoyer un courrier qui impliquera toujours plus de photocopies de permis de conduire, de carte d’identité, de justificatifs de domicile, de photocopies de photocopies…

Alors je souris, de retour à Stockholm, en pensant à Paris qui ne vit que pour courir après divers dossiers, ou frais de dossier. J’inviterais bien mon banquier ici, dans un pays qui ne connaît pas la photocopie, qui utilise Internet… L’Internet…. sauf bien entendu à l’Ambassade…. de France.

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Le hareng.

June 15th, 2010

Il était un grand mur blanc-nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle-haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur-sec, sec, sec.

J’ai suffisamment parlé de la Suède culinaire. Nous avons fait des références à la mythique Smörgåstårta, nous avons plus d’une fois évoqué les boulettes de viande nationales, nous ne sommes visiblement pas passé à côté des écrevisses au mois d’Août.

Je me plais à considérer que tout ce qui fait le bonheur des suédois fait aussi mon bonheur. Tout, à une exception près. Il s’agit évidemment du hareng, et ce message afin de vous mettre en garde lors de votre prochain séjour en Suède.

Le problème de fond avec les suédois, c’est que malgré de multiples célébrations au cours de l’année (Pâques, Midsommar, Noël), il y a toujours un élément perturbateur sans cesse invité à la fête. Cet élément, c’est le hareng.

Il est servi en sauce - hareng à la sauce moutarde, hareng à la sauce hareng – où dans quelques cas plus rares sous forme de tarte (silltårta), composée d’une succession de couches suivant cet ordre: pain – hareng – pain – crème fraîche – hareng – pain – pain. En fin de compte sensiblement équivalent à la Smörgåstårta, avec du hareng mais les légumes frais, le thon et les crevettes en moins.

C’est un fait: le hareng, je ne peux pas le sentir. Je tente du mieux que je peux de conserver une distance de sécurité raisonnable avec les harengs, mais malheureusement, il est difficile d’y couper. Ce serait comme faire le pari de ne pas croiser un seul blond à Stockholm durant toute une journée. 3 ou 4 fois par an, il revient sur la table et malgré les objections, on en revient toujours à la même réflexion: “allez, un p’tit bout!

Plusieurs fois par an donc, me casser une jambe me semble donc une option plus réjouissante que de partager un hareng avec la famille. Parce qu’après plusieurs années en Suède, les suédois que vous avez l’habitude de côtoyer s’attribuent souvent une mission bien particulière: transformer les français réticents en véritables suédois. Dès lors, il vous faudra aimer le ski de fond, la pratique hebdomadaire du sauna, la conduite de la Volvo le sourire aux lèvres et bien entendu… la tarte au hareng.

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La Suède se réveille.

June 2nd, 2010

Cela faisait quelques semaines que Pourquoi Quitter Paris n’avait pas été mis à jour. Cela venait probablement d’un manque temporaire d’arguments, étant donné que la Suède s’est visiblement endormie de Décembre à fin Avril.

La Suède, qui a connu l’hiver le plus long du monde. La Suède s’est éteinte avant Noël, on lui a enlevé ses piles pour quelques mois. On n’a malheureusement plus grand chose à raconter sur les suédois lorsque ils sont tous rangés dans des grosses boîtes en bois rouge.

Depuis une quinzaine de jours, la Suède s’est rallumée. D’un jour à l’autre, on a mis de la nouvelle pelouse dans les parcs, on a collé des feuilles sur les arbres, on a réinventé la bière en terrasse. Les Stockholmois se sont réveillés un matin avec des baskets au pied et une thermos dans le sac à dos.

Nous avons investi les parcs, les îles. Bonne nouvelle: les producteurs de rosé vont finalement pouvoir se payer leurs vacances.

Il est vrai que le constat d’un hiver incessant était d’autant plus dur ici que nous avions tous conscience que Paris était en vie. De là, “pourquoi quitter Paris” se trouvait beaucoup moins défendable. Pour un temps seulement.

Car croyez-moi, nous savons aussi rattraper le temps perdu. Nous avons des maillots de bain dernière génération et des barbecues à usage unique que vous n’avez même jamais envisagé.

Nous louons des kayaks, des poneys et des pédalos dans une capitale européenne. Nous faisons pipi débout face à la mer.

pipi face à la mer

Et nous avons par la même occasion la recette ultime du camembert au barbecue. Du Camembert venu de France. Oui.

Amis parisiens, je viens à vous la semaine prochaine, faites en sorte de balayer la terrasse!

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