November 2010 - les archives


Sortir à Stockholm.

November 22nd, 2010

Il est évident que nos jeunes français ne sont pas qu’exclusivement préoccupés par les retraites. Ils s’interrogent aussi sur le futur, leurs finances, la hausse du prix des cigarettes et régulièrement, les plus aventureux d’entre eux se demandent si oui ou non, il leur sera possible de sortir le soir dans les clubs qu’offrent les grandes villes de France. Non, les jeunes n’ont pas les mêmes préoccupations que nous, vieux.

Ils enfilent donc des chemises blanches régulièrement trop grandes, et laissent les baskets au placard pour préférer une jolie paire de godasses en cuir (souvent portées trop petites – ceci dit on comprend -  un type faisant du 48 aura souvent tendance à sacrifier ses pieds plutôt que de subir toute la soirée des blagues douteuses sur ses pieds qui ressemblent à s’y méprendre à une paire de ski Rossignol)

Le principal objectif est bien entendu de s’attirer les faveurs du grand barbu qui se tient debout à l’entrée et par ce biais, passer la porte.

Il s’agit en revanche d’une toute autre affaire pour nos amis suédois. Ils ont certes le style (en Suède tout d’ailleurs est taillé trop petit – chemise, chaussures, jeans) mais il existe une chose qui leur fait souvent défaut: l’âge. Et là, sauf à être expert de la falsification de papiers d’identité, il est difficile d’y remédier.

A Stockholm, les bars et les clubs ont pour habitude de limiter leurs accès à une certaine catégorie d’âge: 20, 23, 25 ans… Parfois plus.  Ce qui ne laisse vraisemblablement que peu de chances à nos suédois les plus jeunes, qui s’en vont constater en chœur : “sortir à Stockholm, franchement, c’est mort”.

Malheureusement pour eux, les alternatives sont peu nombreuses… Si il subsiste encore quelques bars qui les accueillent avec le sourire, la plupart ont préféré sélectionner la clientèle, pour des raisons qui m’échappent toujours.

Rien n’est jamais vraiment acquis dans la capitale suédoise. Si l’âge n’est pas un problème pour certains, il faudra malgré tout passer avec succès deux nouvelles étapes qui viennent s’ajouter aux conditions d’entrée. La première peut être la somme de laquelle il faudra se délester afin de profiter de la musique (généralement une centaine de couronnes), la deuxième étant un test de sobriété, aussi efficace que déroutant: “tu as bu avant de venir ici? Quoi exactement? Combien de verres? Et depuis quelle heure?

25 ans, le portefeuille et une élocution parfaite même après 14 Gin & Tonic, voilà ce que requièrent les soirées à Stockholm. Si demain vient à vos oreilles l’histoire du suédois qui fabrique des alcools en tous genres dans sa salle de bain, évitez un jugement trop hâtif: vous en connaissez maintenant la raison.

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Être français en Suède.

November 8th, 2010

C’est un fait: vivre à l’étranger, c’est se poser malgré soi en ambassadeur de son pays. Être français à l’étranger, c’est aussi l’occasion de faire la peau à quelques clichés:

J’apprécie la baguette mais je ne me promène pas quotidiennement avec une Tradition dans mon sac… Il en va d’ailleurs de même pour le pinard… Et vraisemblablement pour le fromage.
De la même façon, je ne fais pas la grève 365 jours par an et non, je ne demande pas du ”fire” pour allumer ma cigarette.

Il est d’ailleurs de mon devoir de rassurer nos amis suédois quant à la situation en France par exemple. Leur expliquer que Paris n’est pas à feu et à sang, que ce type qu’ils aperçoivent en couverture de leur quotidien national s’apprêtant à jeter un cocktail Molotov sur une Citroën AX n’est pas mon pote, ni mon frère, et que je ne suis pas nécessairement pour l’utilisation du cocktail Molotov – en règle générale.

Malgré tout ça, je n’en reste pas moins français. Il est vrai que voir ce type il y a 2 jours, à qui je tenais la porte de toilettes payantes afin qu’il n’ait pas à se délester de 5 couronnes me dire “tu peux fermer la porte, je vais payer” m’a fait sourire. Un français qui se respecte ferait certainement les poubelles pour récupérer un ticket de caisse avec le code des toilettes du Starbucks plutôt que d’avoir à payer une consommation.

Ceci étant dit, je profite aussi de quelques avantages non négligeables du fait de ma nationalité. Se plaindre constamment sur ceci ou cela ne fera pas de moi une mauvaise personne, mais un bon français. On m’excusera très volontiers si je garde mes chaussures à l’intérieur ou si mon appartement ne ressemble pas à une maison témoin de chez Century 21 mais plutôt à un stade de foot après une rencontre PSG/OM. De même, on me pardonnera ma consommation de cigarettes ou l’ouverture d’une bouteille de Bordeaux un mardi soir.

C’est ainsi. La France est avant tout mon pays, et même si il m’arrive parfois de payer 5 couronnes pour utiliser des toilettes et trouver ça tout à fait normal, je ne manque jamais une occasion d’offrir un bon vieux Houellebecq à mes amis suédois qui fêtent leurs anniversaires.

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