October 2011 - les archives


Les filles au pair.

October 21st, 2011

À la vue du taux d’émigration considérable que connait la Suède dès lors que la jeunesse a obtenu l’équivalent de notre baccalauréat, il est tout à fait normal de s’interroger sur ce que font toutes ces suédoises, une fois passé les frontières de leur pays.

Elles s’en vont par milliers chaque année rejoindre d’autres paysages, avec dans leurs valises des centaines de robes à fleurs et quelques boîtes de hareng afin de survivre à un manque probablement inévitable.

Arrivées à destination, il n’existe semble-t-il qu’un unique destin commun à l’ensemble d’entre elles: elles deviennent filles au pair. Systématiquement.

Une fille au pair suédoise, c’est un certain nombre d’avantages: elles sentent bon, elles sont jolies et de surcroit, portent des robes avec des fleurs. Qu’elles travaillent au sein de familles suédoises, danoises ou norvégiennes, elles sont pour la plupart logées dans des appartements aussi spacieux qu’un petit ascenseur et profitent d’un emploi du temps très flexible. Les familles sont alors très heureuses, les suédoises très polies, les enfants souvent très contents d’avoir une nouvelle copine.

Puis vient le soir (pas nécessairement les jours de pleine lune) où elles se regroupent afin d’arpenter les bars de leurs nouvelles villes d’accueil. Elles troquent alors les robes à fleurs contre des robes nettement plus courtes, certaines plus audacieuses opteront pour un t-shirt légèrement trop long, et un t-shirt seulement.

De là, il ne s’agit plus vraiment des mêmes suédoises. Toujours aussi jolies certes, mais avec nettement plus de Gin Tonic dans le sang. Elles deviennent alors les reines de Paris, Londres ou Barcelone, le temps d’une soirée, le temps d’une nuit.

Lorsque les bars obligent les derniers clients à quitter les lieux, elles rejoignent leurs chambres de bonne en taxi tandis que certains autres commencent à travailler. Parfois, elles récupèrent un français, un anglais, ou en espagnol en chemin. Le jeune homme aura le plaisir de goûter à la Suède pour quelques minutes, quelques heures, retournera nécessairement chez lui avant 8h le matin. Il s’agit du délicieux moment où les suédoises se recoiffent, enfilent une nouvelle robe à fleurs et emmènent vos enfants à l’école.

Elles se plaisent dans ce nouveau quotidien, et durant une année ou deux n’y changeront absolument rien. Un jour, aux alentours du mois de Mai, elles décideront de retourner dans leur pays. En plus des robes à fleurs, quelques bouteilles de Bordeaux, des milliards de photos (là on danse sur les Quais de Seine, là on mange du brie sur les Buttes-Chaumont, là c’est mon copain qui fait de la musique, là c’est son copain qui a dormi chez moi etc.) et un nombre impressionnant de nouveaux numéros de téléphone dans un petit carnet à spirales.

Les familles n’auront pas à s’en faire, car chaque année, c’est une nouvelle livraison de filles au pair que fournit la Suède. Une nouvelle copine pour les enfants. Une copine en robes à fleurs.

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Le snus.

October 4th, 2011

Il méritait certainement une brève lui étant intégralement consacré, tant il est présent dans la culture suédoise.

Il n’a pas la notoriété d’IKEA ou de la boulette de viande, et pourtant, il a su s’imposer dans le quotidien des suédois comme la 1664 dans vos après midis jardinage. J’ai nommé: le snus.

Le snus, au nom original qui, même en inversant toutes ses lettres, reste toujours un mot très rigolo: susn, nsus, nuss, snsu etc. Ceci dit, c’est souvent le cas avec les mots de 4 lettres.

Le snus, c’est un riquiqui sachet de thé qui se place sous la lèvre supérieure, de préférence dans un coin (les jeunes du parti moderat suédois le porterait d’ailleurs sur le côté droit selon quelques rumeurs, comme pour se convaincre en permanence qu’ils sont cools mais qu’ils paient définitivement trop de taxes)

A l’intérieur du snus, pleins de trucs pas très bons pour la santé, et une surdose de nicotine afin qu’il puisse s’intégrer sournoisement dans le quotidien des suédois.

Le snus a une force qui lui a certainement valu sa victoire sur la cigarette en Suède: il ne fait pas de fumée, il est discret  et de ce fait, ne nuit pas à l’entourage. C’est très important, en Suède, de ne pas nuire à son entourage. C’est pour cela qu’ils construisent des magasins IKEA de la taille de la Corrèze, afin d’éviter que les gens se marchent dessus en faisant leurs courses par exemple.

Le snus a rendu la Suède très dépendante à la nicotine et de ce fait, les suédois se l’enfile à longueur de journée, en loosdé mais toujours avec le sourire. Le principal inconvénient du dit snus, c’est cette vilaine petite bosse qu’il crée sous la lèvre supérieure et qui le rend, malgré lui, l’accessoire à la cool, indispensable à tout suédois qui se respecte.

Le vrai gros consommateur a d’ailleurs élaboré une technique tout à fait impressionnante afin de se glisser ce petit sachet de tabac sous la lèvre en quelques millisecondes seulement, au moyen d’une dextérité éblouissante et d’un coup de langue remarquable qui lui permet d’accéder au status de “jeune à la cool“, comme ce type sur la publicité Marlboro, sans le chapeau toutefois mais avec une petite bosse bizarre sous la lèvre supérieure.

Le snus a donc su s’imposer comme un accessoire précieux, comme un cousin du slim-fit dont la jeunesse suédoise rafolle, à la seule différence que personne n’est jamais vraiment mort pour avoir porté un jean.

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