Angliche.
J’en garde encore un souvenir bien précis : “good morning teacher!”
J’étais en CM2, école élémentaire Daniel Galland, Saint-Vrain, je devais aller sur mes 11 ans. Il y avait dans cette école une salle dédiée à tout et n’importe quoi : les tests de vaccin effectués en 17 secondes par une énorme infirmière, l‘ophtalmo qui une fois l’année venait vérifier, en 17 secondes, que je n’étais pas myope (avec du recul, pas si compétente, je ne distinguais pas un ballon de foot d’une grosse tortue à cette époque) et surtout… mes premiers cours d’anglais.
La maitresse n’avait pas de prénom, elle s’appelait “Teacher“. J’ai appris les premières bases : connaître mon numéro de téléphone, dire mon prénom, apprendre une chanson sur un type qui se faisait arracher la main par un gros poisson, compter jusqu’à 10, pour impressionner les parents.
Et puis quelques années plus tard, l’enseignement est plus poussé. Les cours d’anglais s’intensifient, interviennent les premiers verbes irréguliers (appris par coeur sans en connaître le sens, oui oui, souviens toi, put put put, cet enfoiré de know knew known etc.) et 4 fois par an la diffusion exceptionnelle des Evadés, “The Shawshank Redemption“, 1994. Je me souviens, Mme Martre me filait quelques points en plus pour avoir collé la photo de Morgan Freeman en haut à gauche de mon compte rendu…
Les années passent et on finit par se dire qu’on est pas si mauvais en “engliche“. Puis vient le jour où l’anglais devient nécessaire, lors d’un déplacement/déménagement à l’étranger. C’est visiblement ce jour là que tout bascule. Ton anglais est nul. Merdique. Tu croyais pouvoir débattre du conflit israélo-palestinien et tu n’es pas foutu de commander un jambon-beurre.
Bout à bout, j’ai appris l’anglais durant 10 ans approximativement. 10 ans pour savoir conjuguer le verbe “être“. Il m’a fallu 2 mois à l’étranger pour atteindre un niveau qui me permet d’avoir une de vie sociale. Bien entendu, je mens, j’exagère.
L’anglais en Suède est une seconde langue, dans le sens “vraie seconde langue”. La plupart le pratique, l’anglais ne pose aucun souci. Je ne pense pas que l’enseignement soit fondamentalement différent, je pense qu’il s’agit simplement du fait que les suédois entendent l’anglais beaucoup plus fréquemment, par l’intermédiaire de cet objet internationalement utilisé que l’on appelle la télévision. Les films ne sont pas doublés (ou très peu) et l’activité favorite des plus jeunes devient source d’enseignement. Outre un gain cinématographique conséquent, je ne peux qu’être impressionné par le niveau d’anglais de la population. Ceci dit, je peux aussi comprendre le caractère “vital” de l’anglais ici… ouais le suédois c’est vraiment sympa mais…. enfin… vous m’avez compris.
Good morning Teacher,
Quand je vous dis que la Suède est un beau pays.
