Blocus.
Coupez les ponts, les aéroports. Placez la milice aux frontières, torpillez les bateaux de croisière si il le faut mais ne laissez personne entrer en Suède d’ici début décembre. Croyez, il ne fait pas bon être touriste à Stockholm ces jours-ci.
Le blocus de la ville est nécessaire, parce que d’ici décembre, la ville ne sera plus qu’une gigantesque et triste flaque d’eau. Une flaque immense qui recouvre petit à petit le pays, le phénomène commence aujourd’hui. Il pleut sur Stockholm.



Ne vous laissez pas berner : la Suède est un pays magnifique mais jamais un suédois n’ira parler d’octobre, de novembre. La pluie devient un sujet tabou, on n’échange plus de SMS avec les parents et on tendance à répondre « ca va » à la question « il fait quel temps chez vous ? »
Un mensonge nécessaire pour ne pas donner raison à ceux qui diront que le taux de suicide en Suède est très élevé (c’est tout à fait faux), à tous ceux qui seraient bien tristes de constater que les jolies suédoises ne deviennent plus que des « suédoises mouillées » sous la pluie.
Afin de survivre à cette météo infernale, on sort le moins possible, on limite les trajets à l’extérieur. On aura tendance à prendre un bus, un métro, limiter nos pas dans la rue et pourquoi pas se cacher les yeux.
Et dans ces grosses maisons rouges que nous aimons tant, il est tout à fait possible d’entendre quelques soirs de novembre des prières pour l’arrivée de la première neige, la neige libératrice qui transforme ce pays en plus beau pays du monde.