Pourquoi Quitter Paris ?

Category: Suède VS France (page 2 of 5)

La Suède se réveille.

Cela faisait quelques semaines que Pourquoi Quitter Paris n’avait pas été mis à jour. Cela venait probablement d’un manque temporaire d’arguments, étant donné que la Suède s’est visiblement endormie de Décembre à fin Avril.

La Suède, qui a connu l’hiver le plus long du monde. La Suède s’est éteinte avant Noël, on lui a enlevé ses piles pour quelques mois. On n’a malheureusement plus grand chose à raconter sur les suédois lorsque ils sont tous rangés dans des grosses boîtes en bois rouge.

Depuis une quinzaine de jours, la Suède s’est rallumée. D’un jour à l’autre, on a mis de la nouvelle pelouse dans les parcs, on a collé des feuilles sur les arbres, on a réinventé la bière en terrasse. Les Stockholmois se sont réveillés un matin avec des baskets au pied et une thermos dans le sac à dos.

Nous avons investi les parcs, les îles. Bonne nouvelle: les producteurs de rosé vont finalement pouvoir se payer leurs vacances.

Il est vrai que le constat d’un hiver incessant était d’autant plus dur ici que nous avions tous conscience que Paris était en vie. De là, « pourquoi quitter Paris » se trouvait beaucoup moins défendable. Pour un temps seulement.

Car croyez-moi, nous savons aussi rattraper le temps perdu. Nous avons des maillots de bain dernière génération et des barbecues à usage unique que vous n’avez même jamais envisagé.

Nous louons des kayaks, des poneys et des pédalos dans une capitale européenne. Nous faisons pipi débout face à la mer.

pipi face à la mer

Et nous avons par la même occasion la recette ultime du camembert au barbecue. Du Camembert venu de France. Oui.

Amis parisiens, je viens à vous la semaine prochaine, faites en sorte de balayer la terrasse!

Comment s’appelle-t-on en Suède?

Non, il est clair que les suédois ne s’appellent pas tous « Magnus« , ou « Flupkt« ,  comme tous les français ne s’appellent pas » Jean Pierre » (au grand dam des suédoises, qui pourraient y voir quelque chose de sexy, croyez moi)

La Suède n’est pas un pays où tout le monde porte le nom d’un meuble de chez IKEA (au grand damne des français qui, j’en suis certain, trouveraient ca très sexy d’avoir une moquette « Flupkt » et une petite copine du même nom)

Ceci dit, il est vrai que les prénoms scandinaves peuvent souvent prêter à sourire. Premièrement, parce que la plupart sont souvent imprononçables pour un débutant. Si par malchance votre dentiste venait à s’appeler « Björn », je mets au défi quiconque de parvenir à obtenir un rendez vous par téléphone en moins de 3 minutes. Les « Björn » qui, par ailleurs, courent les rues en Suède. Je plains par ailleurs les étrangers qui viendraient à trouver un appartement sur Wollmar Yxkullsgatan, la rue perpendiculaire à la mienne.  J’imagine toute la peine qu’ils peuvent avoir à indiquer l’adresse aux chauffeurs de taxi.

Être Français en Suède est ceci dit un avantage quotidien. Les suédois ont généralement tendance à apprécier la France (et de fait, les français), et c’est un atout que de pouvoir se présenter en disant « Bonjour, je m’appelle Jean-Kévin, et je suis français! »

Le hic dans l’histoire, c’est que s’appeler Johan en Suède, c’est aussi commun que d’avoir porté un doudoune Scott avec le petit scratch rectangulaire au collège. On pourrait remplir 50 Stade de France avec des Johan, exclusivement. De là, il est vite fait de perdre crédibilité face aux suédois. On me traite de faux-français, on me prête une mère qui serait née dans la banlieue de Stockholm, de mon éventuel passé suédois, élevé aux boulettes de viande dans une forêt en Laponie.

De là, il n’est pas évident de prouver son identité. Excepté un penchant pour le vin rouge, je n’ai malheureusement pas tous les attributs du français de base nécessaire à ma reconnaissance en tant que tel.

Avis aux Jean-Kév’: la Suède vous tend les bras.

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Note: leblogdetripadvisor parle de Pourquoi Quitter Paris!

L’apprentissage.

Curieux de constater combien l’apprentissage de la langue est perçu différemment d’un pays à un autre.

Il est de fait excessivement bien vu de baragouiner quelques mots de suédois en Suède lorsque l’on est étranger. Il n’est pas rare, lors de quelques soirées à Stockholm, d’entendre « je suis tout à fait impressionné par ton suédois! » dès lors que le dit-étranger aura par chance lâché un « tack » ou un « hej » bien placé, à qui veut bien l’écouter.
Peu importe qu’il ait passé les 5 dernières années de sa vie en Suède, ne serait-ce que faire l’effort de vouloir pratiquer une langue que personne ne pratique promet à de nombreuses félicitations. Il y a moins de personnes qui parlent suédois que d’hommes que l’on a envoyé sur la lune.

En revanche, le phénomène est tout à fait différent en France. Pour un étranger fraîchement débarqué, malgré quelques « bonjour » ou « merci » lorsque la situation s’y prête, il n’est pas rare d’entendre son interlocuteur remarquer « ben quoi, tu parles toujours pas français?! » suivi d’une bonne tape sur l’épaule.

C’est un fait: les français pratiquent le français, et les autres suivent dès lors qu’ils ont décidé de mettre un pied dans le pays. La plupart des jeunes hommes, quant à eux, ne demandent pas seulement aux étrangères de pratiquer leur langue, mais ils prient pour qu’elles puissent, quoi qu’il arrive, conserver ce petit accent de leur pays qui fait définitivement tout leur charme; aussi communément appelé le « le phénomène Jane Birkin« .

Dés lors, pratiquer le français n’est plus une fierté, mais une nécessité. Et de ce fait, de plus en plus nombreuses sont les suédoises qui le pratiquent couramment. À 2000 km de là, parler suédois est avant tout un bonus, certains oseront le qualifier d’un piège à fille.

Il est vrai qu’un français qui a la possibilité d’inscrire sur son CV: « Suédois: lu, parlé, écrit » , ca ne court pas les rues.

Double nationalité.

Prenons quelques minutes pour nous mettre à la place de ceux qui sont nés sous une double nationalité, ici Franco-Suédoise. Il faut dire, ils sont plutôt nombreux et il est fort probable que cette population vienne à s’accroître rapidement, au regard du nombre de français lâchement kidnappés à Paris par de jolies blondes en jupette.

D’ici quelques années, ils seront certainement des centaines de mouflets disposant de 2 passeports planqués dans la table de nuit. Ils pratiqueront probablement le français et le suédois avec une aisance similaire, seront blonds mais vraisemblablement un peu moins que leurs copains scandinaves.

Mais au quotidien, le conflit est de taille, et j’imagine la vie difficile d’un enfant élevé par maman Emma et papa Jean-Claude.

J’ai eu l’occasion et la chance d’en rencontrer quelques uns, issus de cette génération cosmopolite.  J’ai pu les observer et en tirer quelques conclusions. J’avoue qu’au départ, je suspectais un mélange douteux, un peu comme certains mélangent des petits bouts de camembert dans un chocolat chaud.

Il n’en est rien! Ils sont suédois mais rock n’roll, ils sont français mais pas de ceux qui nourrissent une passion pour la bière et les bergers allemands.

Ils enlèvent leurs chaussures en entrant dans leurs appartements mais ouvrent volontiers une bouteille de Bordeaux un lundi soir. Ils font des concours de boules de neige mais jamais ne visent entre les deux yeux. Ils se garent sur les places de parking autorisées mais chaque fois se demandent si vraiment, ca vaut le coup de payer 30 couronnes pour y rester 2 heures.

Contre toutes attentes, ils ont simplement choisi de prendre ce que l’on faisait de mieux dans ces 2 pays. C’est aussi appréciable qu’un sandwich chaud avec du chèvre, du miel et de la roquette mais sans la roquette. C’est du patinage artistique sur France 2 sans les commentaires de Philippe Candeloro, du camping dans un sous-bois mais sans les moustiques.

De là, on espère qu’à l’avenir on mettra un peu plus de France dans les suédois, et un peu plus du Suède dans les français. J’ai ceci dit bon espoir, car c’est un fait: les suédoises s’en vont peupler Paris un peu plus chaque année, avec dans leurs bagages des jupes semble-t-il de plus en plus courtes. Je me surprends alors à imaginer, dans un futur proche, le suédois enseigné comme langue vivant n.2 dans nos beaux collèges de France, pour le plus grand plaisir de tous!

Excédent de bagage.

De retour en Suédie après 2 jours à Paris.

2 jours, c’est tout juste le temps de passer une bonne soirée en famille, suivie d’une bonne soirée entre amis. De quoi déguster des alcools locaux venus de toute la France et de déballer pour l’occasion quelques paquets cadeaux…

Il a d’ailleurs été très facile, cette année, d’identifier quelques thèmes récurrents dans ce que j’ai eu la chance de recevoir:

  • La littérature. Il faut savoir qu’on ne trouve pas ou peu de livres en français à Stockholm. On est très heureux de se faire offrir de quoi passer les longues soirées d’hiver. Dès lors, je prends conscience que 3 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.

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L’arbre à livres

  • Les bonbons. Pas n’importe lesquels, je vous parle de ceux qui me rendent fier de mon pays, des emblèmes nationaux forts en gélatine, j’ai nommé les Carambars, et les Schtroumpfs. 2,5 kg sont ajoutés au poids de mon baggage en soute.

  • Le pique-nique. C’était absolument innatendu, mais  me voilà aujourd’hui équipé pour absolument tous types de pique-nique (en pleine forêt, en montagne, en ville, en France, en Suède etc.) Nicolas Hulot a les oreilles qui sifflent, j’ai recu pour mon anniversaire le sac de Mary Poppins, avec absolument tout le nécessaire à pique nique dedans: de la planche à découper au tire-bouchons, des assiettes métalliques à la salière miniature,  j’ai de quoi passer plusieurs jours seul en forêt avec toujours la possibilité de faire mijoter de véritables bœufs bourguignons, sans jamais faillir. 8 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.
  • Le jus de raisin. C’était évidemment très attendu, mais surtout très apprécié. Je suis heureux d’annoncer l’ouverture de ma première cave à vin, celle qui bientôt vous fera pâlir de jalousie. Bien entendu, cela a un prix: 16 kg sont ajoutés au poids de mon bagage en soute.

C’était sans compter un ami qui la veille du départ, avec deux valises déjà plus lourdes qu’un kit complet de casseroles en fonte, vous offre le livre de Rolling Stones magazine: les 500 meilleurs albums de tous les temps. Je vous laisse imaginer combien de pages il faut pour lister les 500 meilleurs albums de tous les temps, avec de belles et grandes images en couleur. Le bagage en soute étant devenu trop capricieux, je fais le voyage avec le livre sur les genoux.

2 jours en France, c’est surtout le temps qu’il faut pour se dire qu’on y passerait bien une semaine, ou 1 mois. Que malgré une nouvelle maison, Saint-Vrain restera toujours Saint-Vrain. On aura beau partir avec des boites de Tarama au fond du sac, il n’a jamais vraiment le même goût ici à Stockholm, même accompagné d’un excellent Saint-Emilion.

Restez où vous êtes les gars, Noël cette année se fera dans l’Hexagone!

Zone de stationnement interdit

Il y a de ces villes dans lesquelles posséder une voiture peut être encore plus contraignant que partager son 21m² avec un berger allemand.
Paris en est l’illustration même, Paris dans laquelle la circulation chaotique et l’omniprésence du métro rend la voiture aussi indispensable qu’une paire de tongs en décembre.

L’utilité d’une voiture à Stockholm est en revanche tout à fait justifiable, du fait des multiples activités possibles en dehors de la ville, pour la plupart facilitées dès lors que l’on possède un permis de conduire.

En revanche, la où la capitale suédoise ne facilite pas la vie des automobilistes, c’est lorsque qu’il s’agit de garer la machine. Tout d’abord par le prix des places de parkings, et de façon excessivement bien proportionnée le prix de l’amende pour les mauvais élèves.
Me reviennent à la mémoire ces folles années de ma jeunesse où, la Citroën AX fièrement garée sur les Grands Boulevards, je m’en allais arpenter Paris pour plusieurs heures sans même insérer une pièce dans l’automate.
J’ai très vite saisi, à mes dépends, qu’on rigole beaucoup moins en Scandinavie. Garer sa voiture en ville, quitter les lieux  en souriant et ne pas se délester de quelques couronnes pour le parking peut-être dangereux, parce que la police du stationnement rode… et ne pardonne pas.

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A ceci, je n’ai pas encore évoqué la difficulté qu’il y a de trouver sa place de parking. Les règles sont plutôt explicites:

  • la moitié de la ville se trouve dans une zone de stationnement interdit.
  • l’autre moitié est répartie de la façon suivante:
    1. interdiction de se garer à moins de 10 mètres d’une intersection
    2. interdiction de se garer à moins de 10 mètres d’un passage pieton
    3. toutes les rues disposent d’un créneau horaire dans la semaine pendant lequel se garer est interdit

Transgresser le cas n.3 vous expose à 550kr de contravention. Pour rappel, envisager la possibilité de se garer malgré l’interdiction relève visiblement de l’inconscience. C’est en effet à 2h25 cette nuit qu’un monsieur à moustache avec une jolie casquette bleue a glissé un papier plastifié entre l’essui-glace et le pare-brise de ma voiture de location.

Je me souviens pourtant du Paris que j’aimais, où les seuls types respectables qui rôdaient autour des voitures à 3h du matin n’étaient que là pour les voler… Parfois cette ville me manque!

Se comporter à l’étranger.

Il existe 1000 façons de dissocier un français parmi un groupe de suédois dans les rues de Stockholm. Par français, j’entends français de passage, le touriste qui a découvert où se trouvait Stockholm avant hier, au moment où Ryanair lançait sa dernière campagne Paris/Stockholm pour pas plus cher que l’Âge de Glace en 3D au Grand Rex.

Ce qu’il y a de tout à fait étonnant, c’est la façon que nous, français, avons de nous comporter absolument partout pareil dans le monde, comme si tous les continents s’appelaient Paris. Jamais il ne vient à l’esprit du français que passer quelques jours dans un pays, c’est aussi l’occasion de s’y intégrer un peu, ne serait-ce que pour une semaine de vacances.

La première barrière est bien entendu la langue. Il semblerait que malgré des cours d’anglais que nous avons reçu depuis l’âge de 12 ans, même dire « merci » en anglais relève de l’effort difficilement surmontable. C’est donc en toute bonne conscience que le français dira « merci » lorsqu’il achètera ses cartes postales dans la vieille ville, en étant convaincu que sa langue est internationale. Si un problème de compréhension avec son interlocuteur intervient, il ira très vite râler sur ces pays où il est impossible de se faire comprendre. Peu de temps après, il apprendra que « merci » se dit « tack! » en suédois, ce qui aura immédiatement pour effet de le remettre de bonne humeur.  Et on comprend.

Cliché de taille que celui du français qui râle… à sa (notre) décharge, il est vrai que les occasions de râler ne manquent pas. Surtout quand le prix du bagage en soute chez Ryanair l’a contraint à ne pas prendre de valise, et que c’est avec ses deux uniques shorts et sa paire de tongs qu’il ira découvrir la ville… souvent sous la pluie. Visiblement, l’été ne dépasse pas la frontière danoise en 2009.

Il est évident qu’un français ne s’adapte pas au pays qu’il découvre. C’est le pays qui doit s’adapter au français. Le phénomène s’applique d’ailleurs au quotidien, que ce soit avec la troupe de parisiens qui crée l’anarchie dans la file d’attente du bus à Stockholm, pourtant d’habitude si paisible, ou le père de famille qui, à la descente de l’avion se rend immédiatement au Systembolaget, avant d’aller faire constater à femme que le prix du pinard dans ce pays de cons coûte à l’aise un aller retour Paris-Béziers.

Effectivement, il ne fallait pas se priver, il fait tellement plus beau dans le sud de la France.

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Minute papillon

Il y a un certain nombre de sujets à côté desquels on ne devrait pas passer. Ce serait exactement comme parler de la Suède sans évoquer les suédoises, un repas de Noël sans personne pour dire que de toutes façons, les huîtres, c’est franchement pas bon.

Et pourtant, jamais je n’ai ici évoqué la file d’attente, alors qu’il s’agit certainement de la principale occupation quotidienne des suédois.

C’est aussi un élément qui les caractérise, un véritable reflet de leurs personnalités. Jamais auparavant je n’avais vu l’attente aussi sage et organisée. Il est en revanche tout à fait probable que les éléments de comparaison me manque, n’ayant que le souvenir de la façon dont on attendait à Paris.

Faute de langage certainement, on ne devrait pas parler d’attente en France, mais de trépignement frénétique. Chacun a déjà dans sa vie fait l’expérience de la queue à La Poste, celle qui un jour a eu la fabuleuse idée d’étendre son activité et devenir une banque en plus du service postale. Et de tomber pile derrière le type qui, devant le seul guichet ouvert, regarde l’employée dans les yeux avant de dire « bonjour, j’aimerai ouvrir un compte chez vous« .
Un coup d’œil aux personnes présentes dans la file permet de comprendre qu’on est certainement plus en sécurité des rollers aux pieds sur une bande d’arrêt d’urgence qu’à La Poste derrière celui qui veut ouvrir un compte.

Les suédois (et ce n’est absolument pas une surprise) fonctionnent tout à fait différemment, en premier lieu parce qu’ils disposent d’un outil technologique que nous les français avons trop tendance à rechigner: le ticket. Le ticket numéroté régit par bien des manières la vie quotidienne des suédois et par ce biais l’essence même de l’attente, qui n’en est d’ailleurs plus une. Posséder son numéro c’est la liberté de vaquer à d’autres occupations et de rentabiliser un temps intelligemment investi.

C’est un fait, les suédois sont en haut de l’échelle de l’organisation. En leur attribuant un numéro dans les pharmacies, les hôpitaux, le Systembolaget, les institutions les confortent ainsi dans l’idée qu’ils sont pris en main. Et les suédois ont définitivement besoin de sentir pris en main.

Lorsque les machines à ticket ne sont pas disponibles, c’est alors le comportement en communauté qui prend le relais: l’attente du bus est comparable à la relève de la garde nationale tant les suédois sont parfaitement alignés jusqu’à l’arrêt de bus.

Il existe en France une loi implicite que personne n’est encore parvenu à contourner: premier entré premier servi. Même après avoir patienté 20 minutes, il n’est pas exclus qu’un groupe du centre aéré et ses 2 animateurs vous siffle votre place assise ou pire, votre place dans le bus.

Bien cachée sous une apparente futilité, l’attente en Suède est le véritable reflet de l’organisation à la suédoise. Enlever au pays ses tickets, et c’est tout une communauté qui s’écroule.

Regarde un peu la France

Il y a ceux qui ont quitté la France pour un travail à Stockholm, ceux qui ont rencontré une suédoise à Paris, ceux qui sont partis pour un apprentissage linguistique etc… mais tous ont un point commun : ils regardent désormais la France en rigolant.

En rigolant de ce qu’il s’y passe, et sourire à l’idée de ne plus en être.

Un ami reçoit récemment un coup de fil du Trésor Public qui lui réclame quelques milles euros dus de sa dernière année en tant que salarié en France. Et a du mal à dissimuler sa joie lorsqu’il effectue le virement tout en pensant que plus jamais il ne versera un centime à ces bandits, fier qu’il est de payer ses impôts dans un pays où l’argent ne sert pas à financer les vacances d’un président pour lequel il n’a jamais voté.

On observe depuis Stockholm ceux qui battent le pavé à Paris pour des fermetures d’usines, des hausses de salaire. Les expatriés prônent la séquestration sans sommation des patrons mais très vite se sentent beaucoup moins concernés… on évoquera les mouvements sociaux autour d’un verre de rouge au bord d’un lac avant de conclure que la France n’a que des problèmes… qu’on oublie très vite en débouchant une deuxième bouteille.

On se réveille un matin en apprenant la défaite de Monfils à Roland-Garros…  On se surprend alors à réaliser que c’est surtout la victoire de Soderling qu’on attend avec impatience.

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On ne devient pas moins français lorsque l’on s’installe loin des frontières de l’hexagone, mais c’est certain, on devient chaque jour un peu plus étranger.

Où rencontrer une suédoise à Paris.

Il n’y a pas une semaine sans qu’un ami, au profil proche de la trentaine, célibataire et vivant à Paris, n’ait envie de connaître le moyen le plus rapide/pratique/efficace pour rencontrer une suédoise. Exactement comme on cherche à trouver des bons plans pour acheter des vélos pas chers. Malheureusement, ce n’est pas si simple, on ne trouve pas de suédoises volées au marché aux puces de Montreuil.

Je peux bien entendu concevoir la démarche, la légende qu’est devenue la suédoise a dépassé celle du Loch Ness, et ils sont visiblement des centaines à rêver d’en trouver une au pied du sapin, un 24 décembre.

La tâche est cependant facilitée dès lors que l’on prend conscience de la chose suivante: les suédoises à Paris sont toutes là pour la même chose, à savoir s’amuser, découvrir, sortir, sortir, sortir.

Fort de ce constat, il est tout à fait possible de se hasarder sur quelques probabilités bien fondées:

–          Une journée dans le 16è arrondissement, un jour de beau temps est absolument idéal pour croiser le chemin d’une suédoise. ¾ d’entre elles sont filles au pair et c’est bien connu, les filles au pair travaillent exclusivement proche du métro Ranelagh. Portez une attention particulière sur les mercredis et les week-ends.

–          Un jeudi soir au Truskel. La rue Feydeau est la tanière des soirées parisiennes à la suédoise, elles y viennent en bus, par groupe de 20 avec des étiquettes autour du cou. Considérez l’approche réussie si l’une d’entre elle vous offre généreusement un snus.

–          Le centre culturel suédois/l’église suédoise/l’institut suédois. La population ici est évidemment très scandinave. Ce que Paris ne propose pas se trouve au Centre Culturel: les suédoises y partagent un kanelbulle à 4 et du café à volonté.

–          Le Parc des Buttes Chaumont: il s’agit très clairement de pallier au manque de verdure parisien, et compte tenu que se baigner dans la Seine relève de la folie, les filles du nord iront plutôt profiter de ces quelques carrés de pelouse qu’offre la belle ville de Paris.

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Pour les plus impatients, le programme semble tout à fait jouable en 24 heures. Et à défaut de croiser le regard d’une belle scandinave, vous aurez au moins passé une belle journée.

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