Qu’as tu appris à l’école mon fils aujourd’hui?

Je suis souvent amusé d’observer l’image que les suédois véhiculent en France. Prenez un français moyen par exemple, interrogez le sur ce que lui évoque la Suède. Dans la plupart des cas, il répondra :

  • ABBA
  • IKEA
  • The Pirate Bay

The Pirate Bay fait exception mais tout le monde en a pris connaissance depuis l’actualité le concernant. Maman y compris.

IKEA comme symbole national, c’est tout à fait charmant. Il est vrai que plusieurs m’ont envié lorsqu’ils ont appris que je vivais à 20km du plus grand IKEA du monde.

Concernant ABBA, c’est un grand classique. Dîtes à un français que vous résidez en Suède, vous aurez dans 90% des cas droit à une version (plus ou moins bien interprétée) de « Money Money Money »

Autant on pourrait penser que je suis un peu réducteur vis-à-vis des français, autant le phénomène fonctionne tout aussi bien dans l’autre sens. Prenez un suédois moyen, interrogez le sur ce que lui évoque la France. Dans la plupart des cas, il vous répondra :

  • une baguette
  • un fromage
  • meeeerde

Question culinaire, aucun doute, et c’est indiscutable, nous avons une excellente baguette et un Morbier qui méritait renommée internationale. Parfois d’ailleurs, les plus extravertis mimeront un béret et un pull marin rayé en plus pour agrémenter le personnage.

Ce qui en revanche m’amuse toujours, c’est le « meeerde » que certains prononce dès lors que l’on évoque la France. « Merde » comme symbole national, c’est tout à fait charmant. Surtout quand on considère que nombre de suédois ont environ 4 ans de français à l’école derrière eux. Si après 4 ans d’espagnol c’est « mierda » qui me venait de suite à l’esprit lors d’une conversation, mes parents auraient déjà déposé une plainte contre l’éducation Nationale.

C’est à se demander ce qu’on apprend à l’école. Et à quoi on paie les profs. Bordel de merde.

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Oui s’il vous plait.

S’il y a bien une chose pour laquelle les suédois sont cools, vraiment cools,  ce serait certainement celle-là.

On peut leur reprocher ce côté si rigide qui les caractérise : faire la queue en une file bien droite en attendant le bus, ne jamais garder ses chaussures passée l’entrée d’un appartement, ne jamais envisager le fait de laisser une éponge moisir au fond d’un évier etc.

En revanche, il y a une chose, cette chose qu’on aurait certainement à leur envier : le « tu »
Du tutoiement à grande échelle et à n’importe qui, c’est le crédo favori des suédois. En France, le régime est assez simpliste : on ne se tutoie jamais, sauf :

–    Si on connait son interlocuteur
–    Si l’interlocuteur en question est d’une trentaine d’années plus jeune
–    Si on n’est pas sympa
–    Si on est vraiment énervé
–    Si on demande du feu, ou des euros (« t’as pas du feu ? », « t’as pas 10 sacs ? »)

Et à 2000 km de là, les suédois nous observent et rigolent… Du haut de leur pays dans lequel tutoyer un ministre est aussi banal que commander un café à emporter chez 7/Eleven.

Je dois reconnaître qu’on prendre vite goût à ce « tu » quotidien, que le « bonjour Madame, un paquet Pall Mall s’il vous plait » semble définitivement très très loin après plus d’une année passée ici.

D’où, dans le même temps, la difficulté des suédois en France à vouvoyer leur quotidien et leur hésitation à employer un « vous » ou un « tu » lors de situations délicates, les beaux-parents par exemple. J’ai le souvenir d’une jolie suédoise qui, à table, préférait le « non merci » au « oui s’il vous plait » afin d’éviter ce vouvoiement aussi malvenu qu’un gobelet en plastique au cours d’une fête un 31 décembre.

Que restera-t-il de notre « oui s’il vous plait » d’ici quelques années ? Peut-être plus grand chose… certainement rien de plus qu’un « casse toi, pauv’ con« .

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Un point sur la gastronomie.

Ne pas se méprendre : le fil directeur de mes récits n’est absolument pas « pourquoi quitter Paris parce que franchement cette ville de merde, moi vivant, je n’y remettrai jamais les pieds » mais plutôt « pourquoi quitter Paris ? Parce qu’on a tendance à oublier qu’il existe autre chose ailleurs »

Mais je suis définitivement parisien avant tout (ou plus honnêtement « ex-banlieusard », mais vous en convenez, c’est nettement moins exotique) et cette ville est aussi une ville que j’aime.

Très récemment, j’ai retrouvé un plaisir presque oublié, certainement enfoui sous des kilos de kanelbullar, de saumon en sauce et de Nyponsoppa, j’ai nommé:  le TARAMA.

Le Tarama, qui au même titre que les bâtonnets de crabe doit certainement être exclusivement composé de têtards en poudre, est très difficile à trouver à Stockholm. Je dis « difficilement » parce qu’à chaque fois que j’emploie l’expression « impossible à trouver », il y a toujours un type qui viendra me dire que si je prends 3 bus, 2 bateaux et que je descends ensuite à 45 km au sud de Stockholm avec ma voiture de location il y a justement une boutique qui en vend et en plus, pour vraiment pas cher.

Récemment donc, j’ai pu savourer un Tarama directement importé en bagage en soute depuis Paris. Et j’ai des lors réalisé que d’un point du vue gastronomique, certaines choses faisaient cruellement défaut ici.

Je parle de Tarama, je parle de Carambars, de Schtroumpfs, d’une bouteille de Martini qui ne couterait pas 3 mois de salaire. Je parle d’une Leffe en terrasse, d’un sandwich suédois comme seule sait le faire la boulangerie rue d’Hauteville près des Grands Boulevards.

boulangerie rue d'hauteville

IKEA fournit injustement toute la gastronomie suédoise aux Français, je demande donc l’implantation d’un projet similaire au cœur de Stockholm, et je mets une option de suite sur les 150 premières boites de Tarama.

Entrepreneurs, entendez moi !

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La France en Suède

A ceux qui craignent l’inconnu comme un nouveau livre de Beigbeder, qui se bornent à croire que la Suède ne fait pas partie de leur système solaire, je ne peux que les rassurer.

Petit à petit, la France s’exile à Stockholm et fait des petits. D’ici je pense une vingtaine d’années, le français sera enseigné comme première langue dans les écoles, on achètera des pains au chocolat avec des euros et Systembolaget aura mis la clé sous la porte pour laisser place à des foires aux vins bi-hebdomadaires.

Stockholm comporte beaucoup, sinon trop, de français. Vous les croisez sournoisement au détour de votre café favori, ils s’amassent pour manger le même gâteau aux carottes que vous, ils suivent vos cours de suédois et achètent leur fromage chez le meilleur dealer underground de Stockholm : oui, le même que vous.

Parfois, ils se réunissent et organisent des soirées : rencontre de français, sorties entre français… ma secrétaire vient de m’apprendre qu’il existe visiblement des soirées « belote »… entre français.

Certains jours, je m’inquiète sur l’avenir de ce pays, sur l’argumentaire qui fait la base du « pourquoi quitter Paris ? »
Car la question devient plutôt « pourquoi quitter Paris, si c’est pareil ailleurs ? »

Il m’arrive alors parfois, les soirs de pleine lune bien au chaud au pied de ma mezzanine, de prier pour que certains ne survivent pas à l’hiver, que le froid empêche les liaisons aériennes Paris – Stockholm.

Oh, non que je n’apprécie pas les français, c’est simplement qu’à Stockholm, je cherche toujours les suédois.

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De l’extérieur.

Que l’on déménage de Paris à la Baule ou de Paris à Stockholm, le résultat est sensiblement le même: vous ne voyez votre famille que 4 fois l’année, vous n’avez pas le temps d’appeler vos copains, vous les oubliez tous et c’est un bien triste constat.

Ce qu’il y a en revanche de très excitant dans le fait de passer une frontière et de quitter le pays, c’est que vous regardez aussi l’actualité de loin. Et quand ce pays s’appelle la France, il est tout à fait savoureux de ne plus y être acteur, mais simplement spectateur.

Parce que quoi qu’on en dise, on ne quitte jamais vraiment un pays (même si moi aussi je siffle avec plaisir la marseillaise, je la déteste plusieurs fois par jour, et pas seulement dans les stades)

Etonnamment, l’entourage a souvent l’impression que j’ai disparu de la surface du monde et que je vis dans un igloo au-delà même du cercle polaire, dans une sphère temporelle inacessible. Mais je n’ai par exemple pas pu manquer le décès de Sœur Emmanuelle, il a été l’objet d’au moins 50 coups de fil de proches. La crise, Darcos, le Taser, Depardieu, moi aussi j’ai un accès à Internet, je suis même abonné au Nouvel Obs, tiens.

La distance avec la France est délicieusement égoïste. Cela en deviendrait presque un plaisir quotidien, que de ne pas se sentir concerné par des problèmes de sécurité sociale. Une fierté, que de ne jamais avoir versé un seul sou aux impôts, hormis quelques 11€ par ci par là versés au Trésor Public pour différents litiges entre le code de la route et moi.

Mon cœur est malgré tout avec les profs, les infirmières, Augustin Legrand et ses copains, mais j’ai aussi ici d’autres problèmes à régler.

Entre deux visites du site de Libé, je me demande si la pluie m’empêchera de rentrer à pied ce soir.

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L’étranger.

J’ai eu la chance d’observer, durant 4 jours, la situation de l’étranger à Paris. Je parle de l’Étranger véritable, celui en bois brut, jean et t-shirt qui n’a que pour vocabulaire français « bonjour » et « merci« . Pas même un « au revoir« , un « santé! »

Je regrette que jamais il n’y ait eu un documentaire illustrant son parcours au travers de la capitale, car quelques scènes mériteraient bien leurs quelques minutes de bobine.

L’exemple qui me vient instinctivement est celui du métro. Alors que le tout Paris se machinise et se navigotte, l’Étranger se retrouve devant LA machine, ce juxe-box estampillé RATP dans lequel le parisien achète désormais son ticket de metro (qui, entre parenthèses, a encore pris 20 cts depuis ma dernière venue en France, RATP bandits, je vous hais)

« Tournez le rouleau pour faire votre sélection » en guise d’annonce d’accueil, à peu de choses près.

J’aimerais savoir qui est capable de saisir le sens de cette phrase sans connaître un mot de français. Ne serait-ce que le mot « rouleau » est déjà signe d’échec, un gigantesque uppercut dans la face de l’Étranger qui risque de se retrouver avec une carte 12/25 pour un trajet Chatelet-Belleville. Jamais RATP n’a pensé à envisager la prise en charge d’une seconde langue pour ce genre d’opération, une invitation en anglais équivaudrait-elle à se couper une jambe ?

Je passe par manque de temps et sans plaisir sur les tarifs « spécial touriste«  de Montmarte, où un coca vous coûte le prix d’une nouvelle paire de baskets, et évidemment sur la difficulté des rapports sociaux dans un pays où parler anglais est bien plus dur à supporter qu’une double otite.

En revanche, le lapin, lui, il parle 15 langues, hein, un accident est si vite arrivé…

Je vous aime, à très vite.

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Une semaine à Paris

Retrouver Paris pour une semaine.
C’est bien, une semaine.

Une semaine, c’est le temps nécessaire à la visite de tous les lieux incontournables de Paris, de la tour Eiffel à la rue des Trois-Frères, du Panthéon aux Champs Élysées.

Une semaine, c’est ce qu’il faut pour se remémorer les joies du périph’ à 17h, ce qu’il faut pour constater que Paris est désormais sous contrôle policier, qu’il y a autant de flics que de soldes chez Tati boulevard de Barbès.

Une semaine et quelques bras d’honneur dans le rétroviseur, un « connard » trop classique en guise de réponse et des klaxons dignes d’un 14 juillet proche du Boulevard de Belleville.

Une semaine c’est aussi un jeudi soir… et le jeudi soir est sacré, le jeudi ne pouvait que se fêter qu’au Truskel, qui n’a définitivement pas changé. Les mêmes rencontres, les mêmes bières, les mêmes retours à contre-sens sur le boulevard St Denis à Vélib’… tiens, les verres en plastique mou sont devenus plastique dur, la clientèle est soignée…

Une semaine et autant de temps pour apprécier Saint-Vrain, fêter les 60 ans de sa mère, lancer de gigantesques barbecues et dormir sur un futon dur comme une plaque de fonte.

Une semaine à Paris pour constater qu’une semaine suffit, qu’elle était belle cette semaine mais que promis, jamais plus mon nom ne figurera sur une boite aux lettres de la rue de la Bluets. Hé hé.

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Det är kul att gå till jobbet.

Un point intéressant dans la relation que j’entretiens depuis presque un an avec ma nouvelle copine (j’ai nommé Stockholm) est que désormais, j’ai compris à quoi servaient les pieds.

À Paris, les pieds servent peut-être à l’occasion de 2 ou 3 manifestations dans l’année : le marathon pour les sportifs, la fête de la musique pour les alcooliques et peut-être les soldes pour les consommateurs frénétiques.

Le fait de ne pas marcher à Paris n’est pas nécessairement en rapport avec les capacités physiques ou l’envie des parisiens, mais vient vraisemblablement du fait que les stations de métros sont en surnombre, et qu’elles vous appellent comme une gigantesque bouche dans laquelle on finit nécessairement par tomber… Alors le métro vous mâche, vous navigotte, vous transporte et vous n’avez même pas eu connaissance du fait que vous loupiez la rue des Thermopyles entre Montparnasse et Porte de Vanves, à ne pas pointer votre nez dehors. Et c’est un bien triste constat.

Stockholm possède nettement moins de métros, et aucun ne tentera de vous aspirer misérablement. La présence de l’eau, de multiples bateaux et cette fantastique odeur de crevette qui embaume les abords de Gamla Stan et fait la joie des Stockholmare sont autant d’éléments qui font redécouvrir les pieds. Mes pieds en l’occurrence.

12 août 2008, Gamla Stan, avec mes pieds

C’est donc avec grand plaisir que depuis quelques semaines j’arpente la ville durant 40 minutes, un trajet quotidien qui fait la liaison entre mon appartement et Babylone. Parfois même, je dépasse des copines sans le savoir.

Des kilomètres à pieds et des souliers toujours intacts, NTM à fond dans les oreilles, croyez moi, la Suède est une jolie ville, du lundi au vendredi, de 8h à 9h le matin.

edit : sous la pression de tous, je rajoute le verbe dans le titre du post. je voulais parler comme les jeunes, mais personne ne m’a compris.

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Urban Legend.

Après une lecture du blog d’Olivier, je prends connaissance du classement annuel des 50 villes les plus chères du monde, en se basant sur le coût de la vie (entre autres logement, transport, nourriture et loisirs)

L’article apporte nettement plus de détails que je ne pourrais en fournir, je ne m’étalerai donc pas dessus, mais

Mais je note en revanche que contrairement à cette idée collective que Stockholm est plus chère que Paris, il n’en est en fait rien. Paris est 12ème au classement et Stockholm se trouve… place 31.

Alors on excuse, et on classe l’affaire au milieu des dossiers « les suédois se suicident tous en hiver« , « une suédoise ne peut génétiquement pas être brune » et « les suédois achètent leurs apparts par SMS » (hum, quoi que celle là….)

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De Paris je n’ai rien vu…

à peine quelques mètres sur le Bd Haussmann, courir après un véritable jambon-beurre-cornichon-baguette tant convoité depuis quelques mois.

Oh, je sais bien, pour toi en bas là, le parisien, le jambon/beurre te fait autant d’effet que le nouvel album de Christophe, seulement tu devrais savoir que la bonne baguette fait défaut, ici à Stockholm. Et pense que chaque jour où tu maudis Paris qui sent le pigeon, tu devrais pouvoir te rassurer en sachant qu’il t’est possible de t’asseoir quelque part et de commander un jambon/beurre d’exception, comme ça, l’air de rien.

Retrouver Paris à peine une journée et se dire que c’est bien suffisant, qui suis-je devenu ? A peine emprunté le RER B à Charles de Gaulle, j’ai saisi de suite que lui et moi n’étions plus compatibles.

Quelques petits plaisirs retrouvés néanmoins : le café très mauvais et très cher en terrasse, un chauffeur de taxi splendide qui me demande si le Groenland est facile d’accès depuis Stockholm, et bien entendu Saint-Vrain, cette commune chatoyante planquée quelque part au sud de Paris.

Alors maman, quand tu lira ces lignes, aux alentours de 8h un matin du mois de juillet, un café dans une main et une Vogue Menthol dans l’autre, je te dédicace ces quelques lignes. Et je décrète par la même occasion Saint-Vrain capitale de la gambas au barbecue, et bien entendu… celle du grand vin de Bordeaux.

p.s : à l’attention des amis que je n’ai pas eu le temps de voir : je m’excuse, mais je n’ai absolument pas eu le temps de vous voir.

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