Pourquoi Quitter Paris ?

Category: So swedish (page 1 of 3)

À poil la Suède.

La Suède brille dans le football féminin, mais pas seulement. Elle a aussi créé le roulement à billes, Abba, la dynamite, les robes à fleurs et un nombre conséquent d’autres petites choses qui ont, chacune à leurs manières, participé au monde que l’on connaît aujourd’hui. Poursuivre la lecture…

Les trucs à ne pas dire en Suède.

En Suède, il est souvent judicieux de réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une discussion sur un sujet à controverse.

Les discussions à tendances polémiques sont, dans la plupart des cas, l’unique moyen de déclencher chez nos amis scandinaves la colère, l’animosité, l’indignation et parfois la violence (verbale et/ou physique)

Bref, c’est une occasion unique de voir un suédois se fâcher tout rouge.

L’égalité hommes/femmes est de loin, en Suède, LE sujet qu’il vous faudra apprendre à éviter.
Bien que tout le monde soit d’accord sur le fond (tout le monde est toujours d’accord en Suède), il suffira d’un rien pour vous attirez les foudres de votre interlocuteur.
Une mauvaise blague, un lapsus, une généralité de trop et hop, vous vous faites tailler un short. Il faudra donc savoir s’éclipser furtivement, même si vous faites partie des 5,3% d’électeurs suédois qui ont voté pour le parti féministe suédois aux dernières élections européennes.

De la même façon, il est souvent très délicat d’évoquer les différentes substances qui pourraient avoir des effets négatifs sur la personne à long terme, à savoir: le tabac, l’alcool polonais, la drogue, McDonald’s.
En Suède, tout ce qui n’est pas du Snus est mauvais pour la santé. Ne tentez rien, vous n’avez aucun argument valable. Tout le monde sait que la plupart des jeunes suédois qui ont fumé du cannabis à 14 ans dirigent aujourd’hui un cartel au Mexique.

Ainsi, les sujets à contourner sont nombreux: s’exprimer en faveur des emballages individuels des petits gateaux dans leur boite en carton, évoquer la présence de tomates dans les supermarchés en Janvier ou encore se lancer dans un pour ou contreêtre végétarien” avec un végétarien.

De tout ça, les suédois eux-mêmes en sont évidemment conscients.

Et soudainement, on en vient à comprendre pourquoi la plupart des échanges se font surtout autour du temps qu’il fait, des vacances à venir ou de la qualité gustative des boulettes de viande.

Les suédois à l’étranger

Les suédois résidents de Suède se comportent avant tout comme des suédois. Rien de franchement surprenant.

A l’école, ils ont appris à être beaux, à faire la queue avant de monter dans le bus, à voter pour le parti féministe, à apprécier le café fadasse et ce à raison de six fois par jour, à souvent dire oui et rarement dire non, mais toujours très poliment.

En revanche, les jeunes suédois qui ont un jour décidé de franchir les frontières du royaume pour traverser la Terre du Milieu sur un vol SAS deviennent subitement de toutes autres personnes.

Le suédois, quand 2000km le sépare de son village natal, devient complètement fou. C’est un Nord-Coréen qui s’est fait refiler le DVD du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain sous le manteau, c’est un italien d’une quarantaine d’années qui se décide enfin à quitter la maison familiale pour un studio à Bergamo. C’est un nouveau monde qui s’ouvre aux suédois les plus aventureux.

Qu’ils habitent désormais à Paris, à Budapest ou à Melbourne, c’est le même schéma qui se reproduit pour tous. C’est une natation synchronisée scandinave, c’est un véritable phénomène auquel aucun n’échappe.

Brusquement, on les aperçois au volant d’une vieille Ford après quatre verres de vin, parce que c’est plus rapide pour rentrer à la maison. D’autres décident de perdre toute notion de tri sélectif et mélangent les bouteilles en verre et les emballages plastiques, tout en se marrant. Soudainement, ils prennent conscience que c’est plutôt chouette de garder ses chaussures à l’intérieur, et se demandent pourquoi aller se cailler dehors pour fumer une cigarette lorsqu’il suffit simplement d’entrouvrir la fenêtre.

Ce sont évidemment les mêmes qui décrètent que le métro est trop cher alors à quoi bon payer, hein, et ceux aussi qui se mettent à évoquer les “autres”, les suédois de Suède, comme si ils ne faisaient désormais plus partie de la même bande.

On les surprend à dire “ouais, les suédois, ils sont vraiment à mourir d’ennui avec leurs règles à la con!” et évidemment, vu de l’extérieur, on sourit.

Ils s’appellent Magnus, Björn, Emma, mais on aurait presque envie de vérifier leurs passeports, juste au cas où.

Les bananes en Suède.

A la tête des pays, il y a toujours des dirigeants. Et dans la plupart des cas, au dessus des dirigeants, il y a surtout des entreprises qui sont tellement omniprésentes dans notre quotidien que l’on en vient à oublier qu’elles existent.

JCDecaux, par exemple, a su s’installer en loosdé dans le paysage urbain français sans que personne ne trouve rien à redire. En 2013, JCDecaux parvient toujours à pourrir 55 pays, mais tout le monde est content.

La Suède est une monarchie constitutionnelle. Elle possède un roi, mais comme il semble un peu fou et visiblement ramolli, on a placé au dessus de lui une entreprise pour conserver le contrôle du pays. Cette entreprise, elle s’appelle Chiquita, et elle importe des bananes.

Non pas que les suédois soient des consommateurs excessifs de bananes, ou que le marché de la banane en Suède soit aussi financièrement intéressant que les rencontres annuelles de curling, mais la banane a un avantage qu’on ne néglige pas: elle se déplace dans des cartons.

Afin de comprendre le fonctionnement du phénomène, il faut maintenant s’intéresser au marché de l’immobilier. La Suède autorise la sous-location, ce qui permet à des locataires de quitter leurs appartements pendant 5 ou 6 mois et de le louer à un tiers. Évidemment, le marché devient alors essentiellement de la sous-location pour des courtes durées, ce qui implique des milliards de déménagements.

Pour déménager, on a souvent besoin d’un nombre conséquent de copains, mais on a aussi besoin de beaucoup de cartons. Et donc en Suède, quand on déménage, on utilise des cartons à bananes. Des cartons Chiquita.

On les croise au quotidien, dans les camions, sur les trottoirs. On entend les suédois venir les réclamer dans les supermarchés. La banane a pris la tête du pays, mais personne ne s’en étonne. La Suède est devenu, sans vraiment en prendre conscience, une monarchie constitutionnelle, mais bananière.

Alors évidemment, les pontes de la théorie du complot, les dissidents, les insoumis et les anarchistes s’accordent tous sur le fait que l’état du marché immobilier sur la capitale, qui fait qu’il est impossible de louer un logement pour une longue durée, est évidemment dû… à un lobby de Chiquita, qui fait bien entendu pression sur le gouvernement… pour la survie des cartons à bananes.

Et à bien y réfléchir, ça en deviendrait presque une évidence.

Le fika.

En Suède, quand on ne sait pas tellement quoi faire le dimanche après midi, on fika. Le fika, c’est une institution, et pourtant, un fika ne tient à pas grand chose: dans la plupart des cas, il s’agit d’un café avec un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

Le fika, c’est probablement la dernière option envisageable sur la liste des choses à faire le dimanche, mais pourtant, le dimanche, tout le monde fika. Lorsque l’on est venu à bout de toutes les alternatives possibles, à commencer par “regarder le dernier épisode de Homeland/jouer de la guitare 2 minutes et puis en fait non/finir ce bouquin commencé il y a 3 mois et puis en fait non/parler avec son copine de ce copain qui la semaine dernière a raconté un truc et puis en fait non”, il reste le fika.

Alors, en règle générale, on envoie un sms au plus grand nombre de personnes possibles, un sms qu’il est possible de réutiliser absolument tous les dimanches: “fika cet aprem? Bisous. Johan.
Ensuite, ce n’est qu’une question de secondes, c’est au premier qui répondra “ok” (sms qu’il est aussi possible de réutiliser tous les dimanches, voir même à d’autres occasions qu’il serait plutôt pénible de détailler ici)

On se retrouve ensuite très simplement dans un café proche de chez soi au milieu de toute la Suède, car la Suède aussi a visiblement décidé de fika au même moment (de l’extérieur, certains touristes pourraient d’ailleurs penser qu’il s’agit d’une flashmob)

On partage donc un café et un bout de gâteau, l’affaire est généralement pliée en une petite heure. Le fixa devient en revanche nettement plus étendu sur la durée dès lors que l’ami en question a eu la bonne idée il y a quelques mois de faire un enfant, car il s’agit alors de s’organiser avec la poussette, le manteau, la moufle qu’on a semble-t-il perdu sur la route et un bébé à qui il manque une moufle, c’est franchement relou.

Si depuis la France vous n’entendez parler que de la réussite du modèle scandinave, c’est simplement parce que financièrement, le fika du dimanche fait tourner l’économie suédoise. Si les suédoises sentent si bon et qu’elles sont de surcroît  les plus belles filles du monde, c’est bien entendu qu’elles fika sans exception de façon hebdomadaire.

C’est d’ailleurs une évidence: en Suède, tout le monde est content. Et à quoi ça tient? Un café, et un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

La salade!

La Suède est attachée à ses traditions, à ses écrevisses au mois d’Août, à Zlatan Ibrahimović. Elle est aussi très attachée à sa salade.

La Suède mange de la salade, elle se compte en quintal/habitant. Il s’agit d’un fait relativement méconnu, mais il faut reconnaitre qu’il est bien plus facile de se forger une réputation internationale basée sur une consommation excessive de boulettes de viande que sur une présence  olympique de salade à tous les repas.

Malgré tout, c’est ainsi: les suédois aiment la salade. La salade VERTE. La chicorée sauvage, la mâche d’Italie ou l’internationale laitue chrysanthème auraient pu faire de chaque repas une fête, mais il semblerait que la bonne vieille salade verte des familles suffise à les réjouir. La salade verte, celle que nous poussions discrètement sur le bord de l’assiette quand nous étions petits, celle qu’on essayait de planquer tant bien que mal sous le set de table dans les situations les plus délicates.

Il serait inconcevable de servir par exemple, ici en Suède, une lasagne végétarienne sans sa salade verte. Elle a toujours sa place d’honneur sur la table, c’est la copine du saumon en papillote, de la purée faite maison, du hareng à la moutarde. Les suédois consomment probablement au moins autant de salade verte que les français d’antibiotiques. Elle fait partie du quotidien, très simplement.

Ce qui peut en revanche s’avérer très handicapant, ou irritant selon certains, c’est que si la salade vient à manquer à un diner que l’on pourrait considérer de « remarquable« , c’est l’ensemble de la soirée qui en prend pour sa tronche. Les discussions d’après repas deviennent alors absolument surréalistes, du type “franchement, cette soirée chez l’ambassadeur, un peu décevante. Les aiguillettes de canard aux clémentines en papillote étaient plutôt pas mal, mais t’as réussi à trouver de la salade toi?

Oublier la salade, c’est visiblement devenu un affront à la Nation. Alors amis français en Suède, pour vos prochains diners mondains, oubliez le Bourgogne, amenez plutôt une bonne salade verte.

En Suède, on essaie de ne pas mourir.

C’est un fait: les suédois font leur possible afin de ne pas mourir. On essaie ceci dit tous, au quotidien, d’éviter de mourir, mais la Suède est très franchement engagée dans une lutte sans merci contre son extinction. Si elle parvient à ses fins, nous serons probablement, d’ici quelques centaines d’années, un petit milliard à pratiquer le suédois.

Jamais dans la capitale Scandinave il ne manque une petite remarque avant de prendre la route par exemple. Kör försiktigt (conduis prudemment) est de mise lorsque quelqu’un envisage de prendre sa voiture, systématiquement. On signale les éventuels élans de passage, les virages en épingle, on n’oublie pas mentionner le verglas de la semaine passée et l’on clôture systématiquement avec une anecdote, celle de ce sombre voisin qui aurait perdu une jambe sur cette même nationale en 1974.
Il ne s’agit pas de grand chose, mais on se surprend vite à vouloir souhaiter une bonne conduite à n’importe qui, au détour d’un trottoir. Bien entendu, le “kör försiktigt” va souvent de paire avec le ta hand om dig (prends soin de toi), au cas où il ne serait pas suffisant d’éviter de mourir une fois. Sait-on jamais, autant prendre soin de soi par la même occasion. Un cauchemar mes amis, pour les plus festifs d’entre eux qui auraient eu la bonne idée de profiter d’un ou 2 Gin Tonics la veille d’un départ, et qui seront bien évidemment privés de conduite le jour d’après, par leur chère et tendre suédoise toujours soucieuse du bien être d’autrui.

On ne joue d’ailleurs plus aux fléchettes dans les bars de Stockholm (l’accident est trop vite arrivé, considérez un professionnel de la fléchette un peu nerveux, on est jamais trop prudent) et visiblement, on ne joue pas non plus aux fléchettes au volant, ce qui doit probablement en frustrer quelques uns. De plus, le fait que les suédois profitent de chaque retrouvailles pour se faire des câlins de façon systématique n’est pas sans évoquer leur joie de retrouver un proche, toujours vivant.

Je n’évoque évidemment pas la consommation de l’alcool chez les jeunes et la propagande télévisuelle que le dealer d’alcool national (Systembolaget, monopole d’État) fait rentrer dans la tête des suédois à grands coups de spots publicitaires – ce gentil papa qui, plein de bonne volonté, offre à sa fille de 18 ans une bouteille afin qu’elle puisse accéder à une fête quelconque. Papa n’a définitivement pas compris que son enfant (de 18 ans) aura tendance à mourir beaucoup plus vite si Papa commence à lui offrir un St-Émilion pour ses soirées pyjamas avec ses copines (de 18 ans) D’ailleurs, Systembolaget a aussi publié un livre à destination des parents, afin que les jeunes évitent de mourir trop tôt. Je vous conseille sa lecture, si vous envisagez de vivre aussi longtemps qu’un suédois: http://www.tonarsparloren.se/

A bien y regarder, c’est un peu dommage toute cette affaire. Si l’on en croit les statistiques, on meurt un peu plus vite en Suède qu’en France. C’est tout à fait étonnant, pour un pays dans lequel on roule sans jouer aux fléchettes, un pays dans lequel la jeunesse ne boit pas (si elle fabrique des cocktails dans sa salle de bains, c’est avant tout pour le plaisir de la distillation, bien entendu)

Se fondre à la population locale

Il est quelques situations dans lesquelles savoir se fondre dans la population est judicieux. En effet, ne pas être considéré à longueurs de temps comme le français de service se trouve être tout à fait reposant. C’est d’ailleurs aussi un moyen efficace  afin d’éviter ces récurrents « voulez-vous coucher avec moi ? » qui semble être au programme de tous les cours de français en Suède, avec parfois sa chatoyante variation : « je suis une baguette ! »

La maîtrise du camouflage en milieu urbain vient avec les années, mais son apprentissage ne demande pas nécessairement une pratique courante du suédois:  un usage excessif du « tack » (merci)  suffit généralement.

« En Big Mac tack
– Är det bra så?
– Ja tack
– 120 kr tack
– Ja tack
– Tack och hej
– Hej hej, tack tack”

Il est tout à fait possible de passer une journée ordinaire sans jamais faire sauter sa couverture. Cela requiert en revanche de la patience et pas mal de la maîtrise de soi.

Partir couvert est une étape importante. On repère très vite le type qui marche un matin d’hiver par -10 sans un bonnet sur la tête. Les suédois sont équipés, sinon suréquipés : même à une distance de 2 mètres, reconnaître sa mère s’avère problématique. La consommation de cigarettes est bien entendu prohibée et le pas de marche doit être soutenu, le suédois étant avant tout un athlète surentrainé.

Il n’est jamais d’ailleurs vraiment conseillé de déballer un Canon sur Skeppsbron, car même si la vue est superbe, le suédois emprunte cette route tous les jours et, chauffé sur une lancée de 20km/h en descente, il ne s’accorde rarement le temps de profiter du paysage.

Si vous en venez à devoir patienter (dans un café, pour prendre le bus), la règle d’or est: faire la queue et s’y tenir. Ne jamais tenter un dépassement en loosdé, le suédois est très attentif. Dans le doute, faites la queue même si il n’y en a pas une apparente, il y aura certainement un suédois pour venir se placer derrière , simplement content de patienter avec vous.

Pour le reste, restez suffisamment sage et silencieux, prenez parti dès lors que la discussion s’oriente vers la place de la femme dans la société en 2011 , ne vous offusquez pas si vos amis achètent du vin californien et avant tout, mangez végétarien.

La Suède (et moi) en 2011.

En 2007, au Volant d’une Renault 19 qui devait contenir l’intégralité d’un 20m² rue St-Maur, nous traversions le pont qui sépare Copenhague de Malmö – il s’agissait par la même occasion d’un aller simple jusqu’à Stockholm.

Il y a 4 ans, enlever mes chaussures à l’entrée d’un appartement me semblait un geste insurmontable. Je m’interrogeais par ailleurs sur ma capacité de survie dans un pays où un kilo de saumon fumé s’avère moins onéreux qu’une bouteille de Bordeaux, dans un pays où la population achète des appartements par SMS.

Intérieurement, je devais probablement appréhender une transformation visiblement inévitable en « suédois. »  Tout comme il est difficile d’échapper à un vampire qui tentera de vampiriser son prochain afin d’élargir sa communauté, une suédification que je craignais m’apparaissait absolument inéluctable.

Un type disait d’ailleurs un jour « les capitales changent les gens qui s’y installent », ce même type qui n’a vraisemblablement jamais passé la frontière belge: car il n’en est absolument rien. Même si il est évident que certaines habitudes ont fait place à de nouvelles, la Suède n’est pas investie dans la transformation frénétique des français en suédois.

Bien entendu, je suis aujourd’hui capable de prononcer « sjukvårdsrådgivningen » sans faillir;  j’ai aussi fait l’acquisition récente de crampons à placer sur mes chaussures pour éviter les chutes embarrassantes, et je suis malgré moi devenu expert dans la cuisson de quenelles de poisson à la sauce au crabe.

D’un autre côté, mon placard n’a jamais connu les pantalons Slim Fit qui transforment les suédois en gigantesques pics à escargots. Je suis toujours fermement opposé à la consommation de hareng quel qu’il soit, et je ne dispose pas d’une quarantaine de paires de skis, juste au cas où. Je suis par ailleurs plus que jamais militant pour la consommation de tabac à rouler à l’intérieur des bars, et régulièrement scandalisé par la facturation excessive du Gin Tonic, considérant surtout que – soyons honnêtes- personne ne boit du Schweppes sans y verser du Gin dedans.

J’en fait la promesse: on va encore bien se marrer en 2011! On pointera du doigt les suédois et on rigolera de ceux qui tiennent toujours à payer l’utilisation des toilettes publiques. On se moquera volontiers de la Suède qui rafle des médailles de Curling aux Jeux-Olympiques, et nous ouvrirons toujours plus de débats sur « l’utilisation du hareng comme traitement homéopathique, avantages et inconvénients »

Chers amis, de Saint-Vrain à Bondoufle, de Paris à Stockholm, joyeux 2011!

Un pour tous…

C’est un fait: malgré des traits de caractères que nombreux pourraient qualifier de singuliers, les suédois ne restent pas moins des gens normaux (pour la plupart) qui travaillent, mangent, dorment et boivent des coups avec les copains.

Boire des coups… Une activité que les suédois affectionnent particulièrement, avec à chaque fois autant de réjouissance qu’un enfant à qui l’on propose un après midi tir à l’arc en colonie de vacances.

Lorsque certains papillonnent de bars en bars comme un samedi shopping rue de Rivoli, d’autres préfèrent rester à la maison et convoquer leurs amis à domicile pour partager quelques verres.

Partager quelques verres”… Curieusement, il n’est pas vraiment question de “partage” en Suède. Le système que l’on connaît (basé sur la principe de “la communauté”, les bouteilles que chacun ramène se retrouve sur le bar, auquel tout le monde à accès) est inexistant une fois un pied dans le pays. Il est en effet inscrit dans la Constitution Suédoise: « Ton alcool tu ramèneras et ce dernier tu ne partageras« . Ce que chacun s’applique à respecter à la lettre.

Bien entendu, cela donne lieu à des scènes très curieuses, lorsque celui qui aura pensé trop petit se retrouvera à court de liquide en milieu de soirée. Il s’agira alors pour lui d’envisager plusieurs options:

  • Un retour à la maison par constat d’échec
  • Barboter une bière ou 2 dans le frigo en espérant passer inaperçu
  • Proposer 20 couronnes à son voisin pour l’achat d’un verre de JP Chenet (??)
  • Se poser ouvertement contre l’alcoolisme mondain et préférer l’eau minérale à la bière, tout en prétendant que ça, vraiment, ça ne pose aucun problème (toujours avec le sourire)

Dans un pays où le Partage est aussi important que la consommation de hareng à Midsommar, je m’interroge sur cette pratique qui chaque fois m’étonne un peu plus.

Peut-être s’agit-il d’une répartition étrange des responsabilités, lorsque celui qui aura prévu un peu trop large finira en boule sous la table sur les coups de 3h du matin, en tentant désespérément de réciter l’alphabet à l’envers, sans que personne ne se sente vraiment concerné…

ouais en même temps, avec tout ce qu’il a ramené, il l’a pas volé!” entendra-t-on un peu plus tard sur le pas de la porte.

Olderposts

Copyright © 2017 Pourquoi Quitter Paris ?

Theme by Anders Noren — Up ↑