Catégorie: So swedish


Les bananes en Suède.

February 14th, 2013

A la tête des pays, il y a toujours des dirigeants. Et dans la plupart des cas, au dessus des dirigeants, il y a surtout des entreprises qui sont tellement omniprésentes dans notre quotidien que l’on en vient à oublier qu’elles existent.

JCDecaux, par exemple, a su s’installer en loosdé dans le paysage urbain français sans que personne ne trouve rien à redire. En 2013, JCDecaux parvient toujours à pourrir 55 pays, mais tout le monde est content.

La Suède est une monarchie constitutionnelle. Elle possède un roi, mais comme il semble un peu fou et visiblement ramolli, on a placé au dessus de lui une entreprise pour conserver le contrôle du pays. Cette entreprise, elle s’appelle Chiquita, et elle importe des bananes.

Non pas que les suédois soient des consommateurs excessifs de bananes, ou que le marché de la banane en Suède soit aussi financièrement intéressant que les rencontres annuelles de curling, mais la banane a un avantage qu’on ne néglige pas: elle se déplace dans des cartons.

Afin de comprendre le fonctionnement du phénomène, il faut maintenant s’intéresser au marché de l’immobilier. La Suède autorise la sous-location, ce qui permet à des locataires de quitter leurs appartements pendant 5 ou 6 mois et de le louer à un tiers. Évidemment, le marché devient alors essentiellement de la sous-location pour des courtes durées, ce qui implique des milliards de déménagements.

Pour déménager, on a souvent besoin d’un nombre conséquent de copains, mais on a aussi besoin de beaucoup de cartons. Et donc en Suède, quand on déménage, on utilise des cartons à bananes. Des cartons Chiquita.

On les croise au quotidien, dans les camions, sur les trottoirs. On entend les suédois venir les réclamer dans les supermarchés. La banane a pris la tête du pays, mais personne ne s’en étonne. La Suède est devenu, sans vraiment en prendre conscience, une monarchie constitutionnelle, mais bananière.

Alors évidemment, les pontes de la théorie du complot, les dissidents, les insoumis et les anarchistes s’accordent tous sur le fait que l’état du marché immobilier sur la capitale, qui fait qu’il est impossible de louer un logement pour une longue durée, est évidemment dû… à un lobby de Chiquita, qui fait bien entendu pression sur le gouvernement… pour la survie des cartons à bananes.

Et à bien y réfléchir, ça en deviendrait presque une évidence.

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Le fika.

November 26th, 2012

En Suède, quand on ne sait pas tellement quoi faire le dimanche après midi, on fika. Le fika, c’est une institution, et pourtant, un fika ne tient à pas grand chose: dans la plupart des cas, il s’agit d’un café avec un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

Le fika, c’est probablement la dernière option envisageable sur la liste des choses à faire le dimanche, mais pourtant, le dimanche, tout le monde fika. Lorsque l’on est venu à bout de toutes les alternatives possibles, à commencer par “regarder le dernier épisode de Homeland/jouer de la guitare 2 minutes et puis en fait non/finir ce bouquin commencé il y a 3 mois et puis en fait non/parler avec son copine de ce copain qui la semaine dernière a raconté un truc et puis en fait non”, il reste le fika.

Alors, en règle générale, on envoie un sms au plus grand nombre de personnes possibles, un sms qu’il est possible de réutiliser absolument tous les dimanches: “fika cet aprem? Bisous. Johan.
Ensuite, ce n’est qu’une question de secondes, c’est au premier qui répondra “ok” (sms qu’il est aussi possible de réutiliser tous les dimanches, voir même à d’autres occasions qu’il serait plutôt pénible de détailler ici)

On se retrouve ensuite très simplement dans un café proche de chez soi au milieu de toute la Suède, car la Suède aussi a visiblement décidé de fika au même moment (de l’extérieur, certains touristes pourraient d’ailleurs penser qu’il s’agit d’une flashmob)

On partage donc un café et un bout de gâteau, l’affaire est généralement pliée en une petite heure. Le fixa devient en revanche nettement plus étendu sur la durée dès lors que l’ami en question a eu la bonne idée il y a quelques mois de faire un enfant, car il s’agit alors de s’organiser avec la poussette, le manteau, la moufle qu’on a semble-t-il perdu sur la route et un bébé à qui il manque une moufle, c’est franchement relou.

Si depuis la France vous n’entendez parler que de la réussite du modèle scandinave, c’est simplement parce que financièrement, le fika du dimanche fait tourner l’économie suédoise. Si les suédoises sentent si bon et qu’elles sont de surcroît  les plus belles filles du monde, c’est bien entendu qu’elles fika sans exception de façon hebdomadaire.

C’est d’ailleurs une évidence: en Suède, tout le monde est content. Et à quoi ça tient? Un café, et un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

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La salade!

December 5th, 2011

La Suède est attachée à ses traditions, à ses écrevisses au mois d’Août, à Zlatan Ibrahimović. Elle est aussi très attachée à sa salade.

La Suède mange de la salade, elle se compte en quintal/habitant. Il s’agit d’un fait relativement méconnu, mais il faut reconnaitre qu’il est bien plus facile de se forger une réputation internationale basée sur une consommation excessive de boulettes de viande que sur une présence  olympique de salade à tous les repas.

Malgré tout, c’est ainsi: les suédois aiment la salade. La salade VERTE. La chicorée sauvage, la mâche d’Italie ou l’internationale laitue chrysanthème auraient pu faire de chaque repas une fête, mais il semblerait que la bonne vieille salade verte des familles suffise à les réjouir. La salade verte, celle que nous poussions discrètement sur le bord de l’assiette quand nous étions petits, celle qu’on essayait de planquer tant bien que mal sous le set de table dans les situations les plus délicates.

Il serait inconcevable de servir par exemple, ici en Suède, une lasagne végétarienne sans sa salade verte. Elle a toujours sa place d’honneur sur la table, c’est la copine du saumon en papillote, de la purée faite maison, du hareng à la moutarde. Les suédois consomment probablement au moins autant de salade verte que les français d’antibiotiques. Elle fait partie du quotidien, très simplement.

Ce qui peut en revanche s’avérer très handicapant, ou irritant selon certains, c’est que si la salade vient à manquer à un diner que l’on pourrait considérer de “remarquable“, c’est l’ensemble de la soirée qui en prend pour sa tronche. Les discussions d’après repas deviennent alors absolument surréalistes, du type “franchement, cette soirée chez l’ambassadeur, un peu décevante. Les aiguillettes de canard aux clémentines en papillote étaient plutôt pas mal, mais t’as réussi à trouver de la salade toi?

Oublier la salade, c’est visiblement devenu un affront à la Nation. Alors amis français en Suède, pour vos prochains diners mondains, oubliez le Bourgogne, amenez plutôt une bonne salade verte.

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En Suède, on essaie de ne pas mourir.

June 29th, 2011

C’est un fait: les suédois font leur possible afin de ne pas mourir. On essaie ceci dit tous, au quotidien, d’éviter de mourir, mais la Suède est très franchement engagée dans une lutte sans merci contre son extinction. Si elle parvient à ses fins, nous serons probablement, d’ici quelques centaines d’années, un petit milliard à pratiquer le suédois.

Jamais dans la capitale Scandinave il ne manque une petite remarque avant de prendre la route par exemple. Kör försiktigt (conduis prudemment) est de mise lorsque quelqu’un envisage de prendre sa voiture, systématiquement. On signale les éventuels élans de passage, les virages en épingle, on n’oublie pas mentionner le verglas de la semaine passée et l’on clôture systématiquement avec une anecdote, celle de ce sombre voisin qui aurait perdu une jambe sur cette même nationale en 1974.
Il ne s’agit pas de grand chose, mais on se surprend vite à vouloir souhaiter une bonne conduite à n’importe qui, au détour d’un trottoir. Bien entendu, le “kör försiktigt” va souvent de paire avec le ta hand om dig (prends soin de toi), au cas où il ne serait pas suffisant d’éviter de mourir une fois. Sait-on jamais, autant prendre soin de soi par la même occasion. Un cauchemar mes amis, pour les plus festifs d’entre eux qui auraient eu la bonne idée de profiter d’un ou 2 Gin Tonics la veille d’un départ, et qui seront bien évidemment privés de conduite le jour d’après, par leur chère et tendre suédoise toujours soucieuse du bien être d’autrui.

On ne joue d’ailleurs plus aux fléchettes dans les bars de Stockholm (l’accident est trop vite arrivé, considérez un professionnel de la fléchette un peu nerveux, on est jamais trop prudent) et visiblement, on ne joue pas non plus aux fléchettes au volant, ce qui doit probablement en frustrer quelques uns. De plus, le fait que les suédois profitent de chaque retrouvailles pour se faire des câlins de façon systématique n’est pas sans évoquer leur joie de retrouver un proche, toujours vivant.

Je n’évoque évidemment pas la consommation de l’alcool chez les jeunes et la propagande télévisuelle que le dealer d’alcool national (Systembolaget, monopole d’État) fait rentrer dans la tête des suédois à grands coups de spots publicitaires – ce gentil papa qui, plein de bonne volonté, offre à sa fille de 18 ans une bouteille afin qu’elle puisse accéder à une fête quelconque. Papa n’a définitivement pas compris que son enfant (de 18 ans) aura tendance à mourir beaucoup plus vite si Papa commence à lui offrir un St-Émilion pour ses soirées pyjamas avec ses copines (de 18 ans) D’ailleurs, Systembolaget a aussi publié un livre à destination des parents, afin que les jeunes évitent de mourir trop tôt. Je vous conseille sa lecture, si vous envisagez de vivre aussi longtemps qu’un suédois: http://www.tonarsparloren.se/

A bien y regarder, c’est un peu dommage toute cette affaire. Si l’on en croit les statistiques, on meurt un peu plus vite en Suède qu’en France. C’est tout à fait étonnant, pour un pays dans lequel on roule sans jouer aux fléchettes, un pays dans lequel la jeunesse ne boit pas (si elle fabrique des cocktails dans sa salle de bains, c’est avant tout pour le plaisir de la distillation, bien entendu)

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Se fondre à la population locale

February 6th, 2011

Il est quelques situations dans lesquelles savoir se fondre dans la population est judicieux. En effet, ne pas être considéré à longueurs de temps comme le français de service se trouve être tout à fait reposant. C’est d’ailleurs aussi un moyen efficace  afin d’éviter ces récurrents « voulez-vous coucher avec moi ? » qui semble être au programme de tous les cours de français en Suède, avec parfois sa chatoyante variation : « je suis une baguette ! »

La maîtrise du camouflage en milieu urbain vient avec les années, mais son apprentissage ne demande pas nécessairement une pratique courante du suédois:  un usage excessif du « tack » (merci)  suffit généralement.

« En Big Mac tack
- Är det bra så?
- Ja tack
- 120 kr tack
- Ja tack
- Tack och hej
- Hej hej, tack tack”

Il est tout à fait possible de passer une journée ordinaire sans jamais faire sauter sa couverture. Cela requiert en revanche de la patience et pas mal de la maîtrise de soi.

Partir couvert est une étape importante. On repère très vite le type qui marche un matin d’hiver par -10 sans un bonnet sur la tête. Les suédois sont équipés, sinon suréquipés : même à une distance de 2 mètres, reconnaître sa mère s’avère problématique. La consommation de cigarettes est bien entendu prohibée et le pas de marche doit être soutenu, le suédois étant avant tout un athlète surentrainé.

Il n’est jamais d’ailleurs vraiment conseillé de déballer un Canon sur Skeppsbron, car même si la vue est superbe, le suédois emprunte cette route tous les jours et, chauffé sur une lancée de 20km/h en descente, il ne s’accorde rarement le temps de profiter du paysage.

Si vous en venez à devoir patienter (dans un café, pour prendre le bus), la règle d’or est: faire la queue et s’y tenir. Ne jamais tenter un dépassement en loosdé, le suédois est très attentif. Dans le doute, faites la queue même si il n’y en a pas une apparente, il y aura certainement un suédois pour venir se placer derrière , simplement content de patienter avec vous.

Pour le reste, restez suffisamment sage et silencieux, prenez parti dès lors que la discussion s’oriente vers la place de la femme dans la société en 2011 , ne vous offusquez pas si vos amis achètent du vin californien et avant tout, mangez végétarien.

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