Catégorie: So swedish


Vad säger du ?

March 3rd, 2009

La vie quotidienne des suédois est sans conteste aussi bien réglée qu’une cérémonie d’ouverture des J.O, un sans faute de 8h à 21h avec des horaires à respecter, des gâteaux de carottes à avaler, des amis avec qui discuter etc. Elle est ponctuée de boulettes de viande, de « hur gick det » et de temps alloué aux lessives, mais plusieurs fois par jour survient un obstacle de taille qui est autant de retard pris sur le planning quotidien : l’incompréhension.

L’incompréhension, lorsque qu’un suédois s’adresse à un autre suédois, à propros de n’importe quoi de suédois : il est très fréquent qu’ils aient du mal à se comprendre, et à se faire comprendre.

Je me souviens d’un cours de communication qui exposait ce schéma finalement assez basique sur la transmission d’un message: émetteur – canal – message – récepteur.
Concrètement, on a ici pas mal de raisons de se foirer dans le processus: il faudra dans un premier temps formuler clairement son message, le prononcer de façon intelligible, qu’il soit entendu correctement par l’interlocuteur et enfin que celui-ci le comprenne.

Et très étrangement, les suédois sont assez forts pour ça, pour se rater sur l’une ou l’autre des étapes.

Il est en effet très courant d’entendre au milieu d’une conversation un « vad säger du ?», qui tombe aussi tragiquement qu’un verre de rouge sur la moquette.
« Vad  säger du ?», littéralement « qu’est ce que tu dis ? » qu’on peut bien entendu assimiler à notre bon vieux « quoi ?! » des familles.

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Un « vad säger du ?» et l’interlocuteur est contraint de se répéter, constatant un véritable échec personnel et certainement les limites d’une langue aussi. Je serais très curieux d’en connaitre les raisons, bien qu’il me soit difficile de lancer des hypothèses à tout va aujourd’hui. Certainement un problème dans le débit. Ou un souci avec ce qu’ils ont pu inventer de pire, les voyelles courtes et les voyelles longues. Ou probablement parce que le suédois ne peut pas être à la fois rigolo et compréhensible.

Un bon ami à moi disait que les suédois semblaient parler avec une truite dans la bouche. Je n’avais porté que peu d’intérêt à cette réflexion il y a quelques années. Il est en fait fort probable que ce type fut un génie.

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La qualité suédoise.

February 16th, 2009

Je pensais pourtant avoir passé en revue tous les clichés que vous, ignorants, avez l’habitude d’attribuer aux suédois.
J’avais abordé toutes les légendes qui entourent cette mystérieuse communauté, détruit l’ensemble des clichés à grand coup de bulldozer.

J’avais réussi à démentir le fait qu’il y avait plus de blondes en Suède que de chinois dans le monde, vous faire comprendre que les suédois n’étaient pas tous suicidaires et que non, ils ne passaient pas 8h par jour devant un sauna le cul dans la neige.

Et très étonnamment, par stupide omission, je suis passé à côté du symbole national, la fierté d’un pays qui mit tout son savoir dans une seule invention, celle qui aujourd’hui est le plus beau synonyme de patriotisme, loyauté et qualité. J’ai nommé : la VOLVO.

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La légende est établie en France et dans le monde : les suédois ne se déplacent qu’en Volvo, de chez eux jusqu’au travail, de la maison jusqu’au sauna, de la cuisine à la salle de bain : la Volvo serait aux suédois ce que la baguette est aux français.

Il fallait donc bien quelqu’un pour se lever et dire « stop » aux mythes et légendes qui font affront à ce pays. Malheureusement, ce ne sera pas moi.

Car oui, je ne peux impuissant que constater la véracité de ce propos: les suédois aiment et se déplacent principalement en Volvo.

Volvo” devient presque une marque déposée pour la voiture, « où t’as garé ta voiture ?» a été purement et simplement éradiqué du langage commun. Désormais, c’est« oú t’as garé ta Volvo » qui fait légion sans que personne ne cille.

A ceux qui se demandent toujours pourquoi, je ne peux que vous invitez à la découverte de la Suède en Volvo, à bord de la véritable qualité suédoise, celle qui jamais ne faillit.

Récemment, j’ai eu le plaisir de croiser une Volvo qui écrasait gaiement les 384 000km au compteur. La bête n’a pas fini d’avaler les kilomètres, et croyez moi, c’était encore pour elle le tour de chauffe…

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Hur gick det ?

January 16th, 2009

Il y a, dans l’apprentissage d’une nouvelle langue, un certain nombre de choses que l’on ne remarque pas nécessairement au début mais qui malgré tout deviennent chaque jour un peu plus la base de toutes vos conversations.

Il arrive un jour (parfois un 16 janvier) où vous prenez conscience qu’à raison de 50 fois par jour vous prononcez la même phrase, et qu’on vous répond inévitablement 50 fois la même chose.

Cette illumination soudaine concerne cette petite ritournelle : « hur gick det ? » Chatoyant.

« Hur gick det », grosso modo « comment ça s’est passé » est un véritable pilier de la vie quotidienne. C’est certainement grâce à lui que la Suède est la Suède, il fait la blondeur des suédois, il est malgré ses apparences chétives le fondement de toute une nation.

Cette petite phrase revient constamment (avec sa petite copine la déclinaison : « hur går det ?» (Comment ça se passe ?) lors d’à peu près toutes les situations possibles.

Si vous multipliez les réunions, alors vos collègues multiplieront les « hur gick det ? » Que vous soyez plombier, chômeur, étudiant, « hur gick det ?» ponctue inévitablement vos journées.

La réponse est elle aussi très standarde, « det gick bra » signifie évidemment « ça c’est bien passé » Je remarque d’ailleurs que peu importe l’issue, il n’y a pas d’alternative à « det gick bra ». Ça s’est toujours très bien passé. Que vous ayez enterré votre cousine, foiré un entretien d’embauche, égaré les clés de la porte en fonte de votre appartement, tout ce sera toujours très bien passé.

Je m’interrogeais il y a encore quelques jours sur le mystérieux sourire quotidien des suédois, cette apparente joie de vivre, et je viens désormais d’en percer le mystère. Les suédois vont toujours très bien, parce qu’ils sont persuadés de jamais n’avoir de problèmes. Ouais, det går bra.

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Une ode.

January 9th, 2009

Je constate de plus en plus régulièrement le rôle tout à fait conséquent de la saucisse dans ce milieu très particulier qu’est celui de la campagne en Suède.

La saucisse devenue véritable pilier des ménages lors de toutes sortes d’activités: on la retrouve en été après une baignade, en hiver au bord d’un lac gelé, embrochée au dessus du feu sur une tige de bois probablement affutée avec le même couteau qui a servi à décapiter quelques brochets plusieurs mois auparavant.

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Il s’agit visiblement de la technique de cuisson la plus utilisée, et il est vrai que partager quelques saucisses au bord d’un lac est je pense ce que l’on peut considérer comme un élément capital de la chaîne alimentaire. Quelques téméraires disposeront cependant d’une manière nettement plus avancée d’un point de vue technologique : la saucisse vapeur, à même l’eau chaude dans une thermos.

Quoi qu’il en soit, un regard étranger a trop souvent tendance à sous estimer la saucisse et sa consommation. Je commence même à douter du fait que le patin sur glace et les baignades de juillet soient des activités voulues à part entière: il est tout à fait probable qu’elles ne soient toutes que prétexte à faire griller une saucisse en famille. Ou deux. Ou pas.

2009 sera pour moi l’année du futile… et de l’agréable.

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Nollåtta.

August 11th, 2008

Tu l’as certainement su/lu/vu, ce vendredi dernier avait pour date : 08/08/08.

Ce genre de date est l’occasion pour pas mal de dire “tiens, si on se mariait?” et donc en France de fêter gaiement 16.400 mariages ce jour là.

Ça fera certainement un paquet de paperasse quand ils divorceront tous le mercredi 9 septembre 2009.

Quoi qu’il en soit, Stockholm était encore à la fête en ce 08-08-08, car prête à fêter n’importe quoi : 08 est aussi l’indicatif téléphonique des résidents à Stockholm.

La ville n’a donc pas lésiné sur les moyens, et a ouvert une gigantesque scène où 50.000 personnes pouvaient semble-t-il danser ce vendredi soir, dans un quartier très bling-bling de la capitale. À événement exceptionnel public exceptionnel, le récit de mes camarades confirment ce que j’avais devancé : ils étaient des milliards à vouloir danser sur 50.000 places. La bière sur les chaussures et les chemises mouillées.

En être raisonnable que je suis, j’ai su me contenter du feu d’artifice organisée par la ville, semblable à tous les autres, à la différence près que sont apparus de façon récurrente des dizaines de “08″ de couleur, comme autant d’indicatifs téléphoniques dans le ciel, comme autant de 8 août 2008, comme autant de prétexte à fêter n’importe quoi, comme autant de bonnes soirées passées à Stockholm.

Portez vous bien.

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