Pourquoi Quitter Paris ?

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Semaine 29.

Nous savons les suédois très à cheval sur le planning. C’est aussi ce qui fait leur force, la Suède est avant tout une population de secrétaires sur-qualifiés. Une douzaine de suédois pris au hasard seraient capables en 5 jours de mettre sur pied la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Hiver 2014 et ça, personne ne s’en étonne vraiment ici.

Au quotidien, c’est évidemment très bénéfique à la vie d’une entreprise comme à la vie de couple. Votre petite copine nettement plus compétente qu’un agenda électronique, beaucoup en rêvait, la Suède l’a fait. Á un détail près.

La Suède a décidé d’utiliser son propre calendrier. Au diable les “rendez vous dans 2 semaines!”, les suédois y préféreront “rendez vous semaine 34!

Semaine 34?

Semaine 34. Comprenez la 34ème semaine de l’année. Qui à titre informatif commencera cette année le 23 août, évidemment.

Un cauchemar pour les expatriés qui jamais n’avaient prévu devoir assimiler un calendrier Maya à la suédoise afin de boire des coups avec leurs copains.
Recevoir une information comme “je suis malheureusement à Madrid semaine 28 mais de retour à Stockholm semaine 29 on se boit un galopin?” implique nécessairement un passage de l’état dubitatif (mais c’est quoi semaine 29?) à la recherche avancée sur Internet afin de savoir quelles dates correspondent à cette même semaine numéro 29.

Compter en semaines semble un don naturel pour les suédois. C’est évident, la semaine 34 c’est exactement 34 semaines après le 1er lundi de janvier, 4 semaines par mois, 34/4 = 8,5, 8 c’est août + 0,5 paf, on tombe sur le lundi 23. Ouais.

Si il y a un certain nombre de choses que l’on assimile après quelques années en Suède et que l’on applique à la règle (on dit toujours “merci” 2 fois, on mange toujours les boulettes de viande avec de la confiture), la calendrier suédois semble visiblement nettement trop avancé pour un quelconque apprentissage, surtout si tardivement.

On aurait moins de difficultés à se mettre au japonais après 60 ans.

La tarte des anciens.

Je pensais, après plus de 2 ans ici, avoir fait le tour de toutes les spécialités culinaires que la Suède avait à m’offrir.

J’avais étendu ma connaissance beaucoup plus loin que le rayon « spécialités suédoises » du IKEA d’Évry, comprenant alors que les suédois ne se nourrissaient pas qu’exclusivement de boulettes de viande piquées de cures-dents en forme de petits drapeaux bleus et jaunes.

J’ai en revanche, ce dimanche, fait l’expérience d’un plat dont jamais je n’avais entendu parlé auparavant, un plat national que les suédois se sont bien gardés de communiquer au reste du monde. Son nom sonne comme une légende urbaine, un plat que semble-t-il peu d’étrangers ont réussi approcher, qui se transmet sous silence de générations en générations sans jamais traverser les frontières.

Ce plat, c’est le « smörgåstårta« , ou littéralement: la tarte au sandwich.

J’avais pourtant quelques appréhensions après avoir été convié comme ca, sans vraiment prévenir, pour déguster une tarte que seuls les grands-parents proposent à leurs petits enfants. Mais c’est avec honneur que j’ai accepté l’invitation, me rendant non sans attentes chez mon hôte, sans vraiment savoir ce qui m’attendait…

Aujourd’hui, je suis heureux (et pas moins fier) d’avoir pu goûter à ce que la Suède m’avait si longtemps caché. Une tarte au sandwich, ou un mélange à première vue improbable. Je n’oserais vous en dévoiler sa préparation exacte, mais je peux en revanche laisser échapper quelques informations dès lors qu’elles restent entre nous:

La tarte est constituée de plusieurs couches, plus ou moins dans cet ordre: pain – thon – pain – crevettes – pain – crème fraiche – crevettes – mayonnaise – pain – pain – crevettes – concombre – pain – mayonnaise – pain  – crevettes. Il semblerait par ailleurs que sa confection nécessite 3 bonnes heures, puis 24h de repos pour l’animal en plus. Effrayant.

Quoi qu’il en soit, le résultat est excellent. Déjà, j’envisage de probables améliorations, en ajoutant de la mayonnaise, en enlevant du pain, en ajoutant de l’avocat, en enlevant du pain. Mais c’est un fait: on ne discute pas avec les traditions suédoises – une tarte au sandwich est une tarte au sandwich. Quiconque viendra tenter d’en modifier sa recette s’exposera à la réprimande.

Non, en Suède, les traditions, on prend ca très au sérieux.

La place au hasard.

Si il y a bien une chose qu’on ne trouve pas en Suède (le tarama mis de côté), il s’agit bien de l’imprévu, au sens large du terme.

L’imprévu, c’est quelque chose qu’on a pas mis dans les suédois, exactement comme le petit sachet en plastique contenant tous les écrous nécessaires pour monter la mezzanine IKEA qui mystérieusement manque toujours à l’assemblage.

Les suédois ont, par exemple, sans cesse une excellente raison pour refuser de sortir: que ce soit les courses, les lessives, dès lors qu’un événement n’est pas planifié une bonne trentaine de jours à l’avance, rien ne les fera mettre le nez dehors. Il est en effet hors de propos de perturber leur planning journalier: proposer de partager une Leffe en terrasse au dernier moment à un scandinave aura autant de chances de réussite que la construction de l’Empire State Building avec des bouchons en plastique.

Après un peu plus de 2 années ici, j’ai néanmoins eu le loisir d’établir une liste exhaustive de tous les éléments à respecter afin de parvenir à rassembler tous vos amis suédois pour une fête quelconque.

Il est tout d’abord nécessaire de s’assurer qu’il y aura bien un mois (jours ouvrés) entre la réception de l’invitation et la fête en elle même. Dès lors, plusieurs étapes sont à respecter:

  • précisez l’objectif de la soirée (ne rien laisser de côté, s’agit-il d’un anniversaire, d’une rencontre entre amis, d’une soirée film de vacances, etc.)
  • informer de l’heure (les chances de réussite augmentent considérablement si l’invitation précise « à partir de 19h » et non pas « en début de soirée« )
  • transmettre impérativement le code d’entrée de l’immeuble (certains suédois pourraient ne pas savoir comment gérer l’incertitude et, par peur de rester à la porte, préférerons rester sur le canapé)
  • faire parvenir une liste exhaustive des choses à ramener (vin, dessert, salade, ne rien laisser au hasard. La configuration optimale consiste à attribuer un plat à chacun, de sorte que vous conserviez la soirée sous contrôle )
  • être certain que le jour choisi ne tombe pas un jour de fête nationale (fête de l’écrevisse, du gâteau à la carottes, jours fériés, ou anniversaire de la princesse, assurez vous qu’il n’y aient aucunes célébrations le jour J)
  • prévoir une heure limite de fin de soirée (celle ci reste à titre simplement informative, sachant qu’il est tout à fait probable que si de l’alcool est servi, les derniers suédois survivants se répartiront de façon homogène sur le sol entre le clic-clac et la salle de bain pour le reste de la nuit)

Si vous êtes chanceux, vous recevrez 4 jours après (pas 3, pas 5) un SMS ou un message sur votre Facebook disant « merci pour la dernière fois« . Dès lors, vous pouvez fièrement conclure que vous avez parfaitement géré l’organisation, et qu’il est désormais possible d’envisager une carrière en France, dans l’événementiel.

A ceux qui clament la vie facile en Suède, il n’en est rien! A moins d’avoir une patience sans limite, l’envie vient souvent d’envoyer par paquet les suédois à Paris ou à Madrid pour 2 petites années, afin qu’ils aient la chance de se former à ce que nous, les européens du Sud, manions à la perfection: la désorganisation (au sens large, trèèès large du terme)

Minute papillon

Il y a un certain nombre de sujets à côté desquels on ne devrait pas passer. Ce serait exactement comme parler de la Suède sans évoquer les suédoises, un repas de Noël sans personne pour dire que de toutes façons, les huîtres, c’est franchement pas bon.

Et pourtant, jamais je n’ai ici évoqué la file d’attente, alors qu’il s’agit certainement de la principale occupation quotidienne des suédois.

C’est aussi un élément qui les caractérise, un véritable reflet de leurs personnalités. Jamais auparavant je n’avais vu l’attente aussi sage et organisée. Il est en revanche tout à fait probable que les éléments de comparaison me manque, n’ayant que le souvenir de la façon dont on attendait à Paris.

Faute de langage certainement, on ne devrait pas parler d’attente en France, mais de trépignement frénétique. Chacun a déjà dans sa vie fait l’expérience de la queue à La Poste, celle qui un jour a eu la fabuleuse idée d’étendre son activité et devenir une banque en plus du service postale. Et de tomber pile derrière le type qui, devant le seul guichet ouvert, regarde l’employée dans les yeux avant de dire « bonjour, j’aimerai ouvrir un compte chez vous« .
Un coup d’œil aux personnes présentes dans la file permet de comprendre qu’on est certainement plus en sécurité des rollers aux pieds sur une bande d’arrêt d’urgence qu’à La Poste derrière celui qui veut ouvrir un compte.

Les suédois (et ce n’est absolument pas une surprise) fonctionnent tout à fait différemment, en premier lieu parce qu’ils disposent d’un outil technologique que nous les français avons trop tendance à rechigner: le ticket. Le ticket numéroté régit par bien des manières la vie quotidienne des suédois et par ce biais l’essence même de l’attente, qui n’en est d’ailleurs plus une. Posséder son numéro c’est la liberté de vaquer à d’autres occupations et de rentabiliser un temps intelligemment investi.

C’est un fait, les suédois sont en haut de l’échelle de l’organisation. En leur attribuant un numéro dans les pharmacies, les hôpitaux, le Systembolaget, les institutions les confortent ainsi dans l’idée qu’ils sont pris en main. Et les suédois ont définitivement besoin de sentir pris en main.

Lorsque les machines à ticket ne sont pas disponibles, c’est alors le comportement en communauté qui prend le relais: l’attente du bus est comparable à la relève de la garde nationale tant les suédois sont parfaitement alignés jusqu’à l’arrêt de bus.

Il existe en France une loi implicite que personne n’est encore parvenu à contourner: premier entré premier servi. Même après avoir patienté 20 minutes, il n’est pas exclus qu’un groupe du centre aéré et ses 2 animateurs vous siffle votre place assise ou pire, votre place dans le bus.

Bien cachée sous une apparente futilité, l’attente en Suède est le véritable reflet de l’organisation à la suédoise. Enlever au pays ses tickets, et c’est tout une communauté qui s’écroule.

Une bouteille à la mer.

Il existe à Stockholm un pays fantastique, un pays flottant qui chaque jour vous transporte d’une capitale à une autre. Pour 150kr, il est possible de rejoindre l’Estonie, la Finlande, depuis Stockholm à bord d’un bateau de croisière. L’aventure vous promet de nombreuses heures sur un paquebot tout confort, et seulement 6h sur place.

La finalité du voyage est en revanche sournoisement dissimulée sous le paquet cadeau: il n’est en effet nullement question d’aller découvrir l’Europe, de partir à la conquête des pays proches de la Suède les cheveux gras et le sac à dos sur l’épaule. Non, il s’agit simplement de traverser les eaux internationales.

Dès lors que le bateau navigue dans ces zones qui ne dépendent plus des lois européennes, un monsieur souriant avec une casquette jaune s’empresse d’ouvrir ce que tous attendent: le duty-free.

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Évidemment, les suédois ne partent pas pour 15h sur un bateau afin d’acheter du Toblerone et des Dragibus à 2€ le kilo, mais bien pour mettre la main sur une denrée si rare qu’elle suscite la convoitise: l’alcool detaxé. Tout comme on se souvient des soirées du comité d’entreprise de la Caisse d’Épargne où il était possible de manger des gaufres par centaines et tout ça pour pas un rond, le voyage pour la Finlande est un discount à la suédoise, un Leader Price scandinave.

Un pays qui bien entendu connaît ses limites,  la première étant la consommation d’alcool directement sur place (le but étant évidemment de quitter le bateau avec le plus de litres d’alcool possible, que ce soit dans le sac à dos, ou dans le sang)

Les quelques heures censées permettre aux navigants de découvrir une capitale sont dans la plupart des cas mis à profit d’une gigantesque sieste dans les cabines, avant que le bateau n’entame son demi-tour pour un retour à Stockholm, demi-tour qui sonne aussi le début de la 2ème tournée.

Je n’ai pour ma part jamais connu phénomène sociologique aussi fascinant. J’ai vu des types courir après la pinte la moins chère de Paris, des guides pour apprendre aux étudiants les bons plans pour manger pour 2€/jour, meme vu quelqu’un qui avec une bouteille d’eau givrée et un ventilateur avait inventé la climatisation pour les pauvres. Mais des centaines de blondinets qui partent pour des heures de bateau sans autre but que celui d’acheter du JP Chenet pour moins de 3€, ca non, je n’avais jamais vu.

Vad säger du ?

La vie quotidienne des suédois est sans conteste aussi bien réglée qu’une cérémonie d’ouverture des J.O, un sans faute de 8h à 21h avec des horaires à respecter, des gâteaux de carottes à avaler, des amis avec qui discuter etc. Elle est ponctuée de boulettes de viande, de « hur gick det » et de temps alloué aux lessives, mais plusieurs fois par jour survient un obstacle de taille qui est autant de retard pris sur le planning quotidien : l’incompréhension.

L’incompréhension, lorsque qu’un suédois s’adresse à un autre suédois, à propros de n’importe quoi de suédois : il est très fréquent qu’ils aient du mal à se comprendre, et à se faire comprendre.

Je me souviens d’un cours de communication qui exposait ce schéma finalement assez basique sur la transmission d’un message: émetteur – canal – message – récepteur.
Concrètement, on a ici pas mal de raisons de se foirer dans le processus: il faudra dans un premier temps formuler clairement son message, le prononcer de façon intelligible, qu’il soit entendu correctement par l’interlocuteur et enfin que celui-ci le comprenne.

Et très étrangement, les suédois sont assez forts pour ça, pour se rater sur l’une ou l’autre des étapes.

Il est en effet très courant d’entendre au milieu d’une conversation un « vad säger du ?», qui tombe aussi tragiquement qu’un verre de rouge sur la moquette.
« Vad  säger du ?», littéralement « qu’est ce que tu dis ? » qu’on peut bien entendu assimiler à notre bon vieux « quoi ?! » des familles.

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Un « vad säger du ?» et l’interlocuteur est contraint de se répéter, constatant un véritable échec personnel et certainement les limites d’une langue aussi. Je serais très curieux d’en connaitre les raisons, bien qu’il me soit difficile de lancer des hypothèses à tout va aujourd’hui. Certainement un problème dans le débit. Ou un souci avec ce qu’ils ont pu inventer de pire, les voyelles courtes et les voyelles longues. Ou probablement parce que le suédois ne peut pas être à la fois rigolo et compréhensible.

Un bon ami à moi disait que les suédois semblaient parler avec une truite dans la bouche. Je n’avais porté que peu d’intérêt à cette réflexion il y a quelques années. Il est en fait fort probable que ce type fut un génie.

La qualité suédoise.

Je pensais pourtant avoir passé en revue tous les clichés que vous, ignorants, avez l’habitude d’attribuer aux suédois.
J’avais abordé toutes les légendes qui entourent cette mystérieuse communauté, détruit l’ensemble des clichés à grand coup de bulldozer.

J’avais réussi à démentir le fait qu’il y avait plus de blondes en Suède que de chinois dans le monde, vous faire comprendre que les suédois n’étaient pas tous suicidaires et que non, ils ne passaient pas 8h par jour devant un sauna le cul dans la neige.

Et très étonnamment, par stupide omission, je suis passé à côté du symbole national, la fierté d’un pays qui mit tout son savoir dans une seule invention, celle qui aujourd’hui est le plus beau synonyme de patriotisme, loyauté et qualité. J’ai nommé : la VOLVO.

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La légende est établie en France et dans le monde : les suédois ne se déplacent qu’en Volvo, de chez eux jusqu’au travail, de la maison jusqu’au sauna, de la cuisine à la salle de bain : la Volvo serait aux suédois ce que la baguette est aux français.

Il fallait donc bien quelqu’un pour se lever et dire « stop » aux mythes et légendes qui font affront à ce pays. Malheureusement, ce ne sera pas moi.

Car oui, je ne peux impuissant que constater la véracité de ce propos: les suédois aiment et se déplacent principalement en Volvo.

« Volvo » devient presque une marque déposée pour la voiture, « où t’as garé ta voiture ?» a été purement et simplement éradiqué du langage commun. Désormais, c’est« oú t’as garé ta Volvo » qui fait légion sans que personne ne cille.

A ceux qui se demandent toujours pourquoi, je ne peux que vous invitez à la découverte de la Suède en Volvo, à bord de la véritable qualité suédoise, celle qui jamais ne faillit.

Récemment, j’ai eu le plaisir de croiser une Volvo qui écrasait gaiement les 384 000km au compteur. La bête n’a pas fini d’avaler les kilomètres, et croyez moi, c’était encore pour elle le tour de chauffe…

Hur gick det ?

Il y a, dans l’apprentissage d’une nouvelle langue, un certain nombre de choses que l’on ne remarque pas nécessairement au début mais qui malgré tout deviennent chaque jour un peu plus la base de toutes vos conversations.

Il arrive un jour (parfois un 16 janvier) où vous prenez conscience qu’à raison de 50 fois par jour vous prononcez la même phrase, et qu’on vous répond inévitablement 50 fois la même chose.

Cette illumination soudaine concerne cette petite ritournelle : « hur gick det ? » Chatoyant.

« Hur gick det », grosso modo « comment ça s’est passé » est un véritable pilier de la vie quotidienne. C’est certainement grâce à lui que la Suède est la Suède, il fait la blondeur des suédois, il est malgré ses apparences chétives le fondement de toute une nation.

Cette petite phrase revient constamment (avec sa petite copine la déclinaison : « hur går det ?» (Comment ça se passe ?) lors d’à peu près toutes les situations possibles.

Si vous multipliez les réunions, alors vos collègues multiplieront les « hur gick det ? » Que vous soyez plombier, chômeur, étudiant, « hur gick det ?» ponctue inévitablement vos journées.

La réponse est elle aussi très standarde, « det gick bra » signifie évidemment « ça c’est bien passé » Je remarque d’ailleurs que peu importe l’issue, il n’y a pas d’alternative à « det gick bra ». Ça s’est toujours très bien passé. Que vous ayez enterré votre cousine, foiré un entretien d’embauche, égaré les clés de la porte en fonte de votre appartement, tout ce sera toujours très bien passé.

Je m’interrogeais il y a encore quelques jours sur le mystérieux sourire quotidien des suédois, cette apparente joie de vivre, et je viens désormais d’en percer le mystère. Les suédois vont toujours très bien, parce qu’ils sont persuadés de jamais n’avoir de problèmes. Ouais, det går bra.

Une ode.

Je constate de plus en plus régulièrement le rôle tout à fait conséquent de la saucisse dans ce milieu très particulier qu’est celui de la campagne en Suède.

La saucisse devenue véritable pilier des ménages lors de toutes sortes d’activités: on la retrouve en été après une baignade, en hiver au bord d’un lac gelé, embrochée au dessus du feu sur une tige de bois probablement affutée avec le même couteau qui a servi à décapiter quelques brochets plusieurs mois auparavant.

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Il s’agit visiblement de la technique de cuisson la plus utilisée, et il est vrai que partager quelques saucisses au bord d’un lac est je pense ce que l’on peut considérer comme un élément capital de la chaîne alimentaire. Quelques téméraires disposeront cependant d’une manière nettement plus avancée d’un point de vue technologique : la saucisse vapeur, à même l’eau chaude dans une thermos.

Quoi qu’il en soit, un regard étranger a trop souvent tendance à sous estimer la saucisse et sa consommation. Je commence même à douter du fait que le patin sur glace et les baignades de juillet soient des activités voulues à part entière: il est tout à fait probable qu’elles ne soient toutes que prétexte à faire griller une saucisse en famille. Ou deux. Ou pas.

2009 sera pour moi l’année du futile… et de l’agréable.

Nollåtta.

Tu l’as certainement su/lu/vu, ce vendredi dernier avait pour date : 08/08/08.

Ce genre de date est l’occasion pour pas mal de dire « tiens, si on se mariait? » et donc en France de fêter gaiement 16.400 mariages ce jour là.

Ça fera certainement un paquet de paperasse quand ils divorceront tous le mercredi 9 septembre 2009.

Quoi qu’il en soit, Stockholm était encore à la fête en ce 08-08-08, car prête à fêter n’importe quoi : 08 est aussi l’indicatif téléphonique des résidents à Stockholm.

La ville n’a donc pas lésiné sur les moyens, et a ouvert une gigantesque scène où 50.000 personnes pouvaient semble-t-il danser ce vendredi soir, dans un quartier très bling-bling de la capitale. À événement exceptionnel public exceptionnel, le récit de mes camarades confirment ce que j’avais devancé : ils étaient des milliards à vouloir danser sur 50.000 places. La bière sur les chaussures et les chemises mouillées.

En être raisonnable que je suis, j’ai su me contenter du feu d’artifice organisée par la ville, semblable à tous les autres, à la différence près que sont apparus de façon récurrente des dizaines de « 08 » de couleur, comme autant d’indicatifs téléphoniques dans le ciel, comme autant de 8 août 2008, comme autant de prétexte à fêter n’importe quoi, comme autant de bonnes soirées passées à Stockholm.

Portez vous bien.

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