Midsommardagen.

Midsommar… Pour les malheureux lecteurs toujours résidents en France, Midsommar est une fête nationale, il s’agit de fêter le jour le plus long de l’année. Je ne m’étalerai pas sur le sujet, j’en connais certains qui vraisemblablement le feront mieux que moi, avec chiffres, historique et photos à l’appui (peut-être prochainement, ici, ou ici.)

Ce qu’il faut retenir : Midsommar se déroule à la campagne, il est de bon ton de créer un gigantesque mat feuillu, de trouver un vieil accordéoniste croulant et de lui faire jouer quelques chansons typiques. Les gens dansent en ronde autour du mat, parfois en imitant une grenouille, un lapin, parfois en se tenant les mains, souvent avec Papa au milieu de la ronde qui prend 150 photos avec son nouvel appareil photo numérique.

Le repas du midi est la plupart du temps constitué des pires choses qu’un être humain peut ingérer, à savoir du hareng en sauce, du hareng en gateau avec du pain et de la crème fraiche, du hareng mariné.

Voilà pour Midsommar. Afin d’illustrer mes propos, voici le mat autour duquel j’ai pu faire le lapin, ce vendredi 20 juin, aux alentours de 13h30 :

Il est bon de savoir que le jour de Midsommar (Midsommarafton) n’est pas un jour férié, mais le lendemain, le samedi, l’est (Midsommardagen) Il est aussi bon de savoir qu’à Stockholm, même lors d’un jour férié, il restera toujours quelques enseignes ouvertes prêtes à tout pour vendre leurs saloperies, à savoir IKEA, H&M par exemple.

Alors qu’absolument TOUS les suédois étaient à la campagne ce samedi, j’ai eu la chance (?) de pouvoir être ici, à Stockholm, dans la ville. J’ai, hier, ce samedi 21 juin, assisté au phénomène le plus incroyable depuis mon arrivée à Stockholm, j’ai nommé : la ville morte.

La ville morte, absolument morte. Rien, personne. Pas une voiture, pas une vitrine d’ouverte. Les 14 H&M qui génèrent à eux seuls plus que le PIB d’un pays du tiers-monde : fermés. IKEA : fermé.

Non, je ne sais pas si tu pèses mes propos à leurs justes valeurs : IKEA était fermé. Je mets au défi quiconque de trouver ne serait-ce qu’un jour dans l’année où IKEA ferme boutique. Ca n’existe pas. IKEA est encore plus ouvert que les urgences de Saint-Joseph, IKEA est un gouvernement à lui tout seul. Mais IKEA, oui, pour Midsommar, fait petit bras, et ferme ses portes.

Voici un apercu de ma promenade dans la ville fantôme, ce samedi. Il s’agit de Götgatan, qui croyez moi, ressemble habituellement un samedi midi au boulevard périphérique le 15 août.

Alors je profite de ce dimanche, d’un claquement de doigt je fonce dans la première boutique ouverte et hop, j’investis dans un nouvel ordinateur.

Glad Midsommar, je vous aime.

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Les jours à drapeaux.

Suite à un article d’Hibiscus sur son blog (consacré à la Suède), je ne peux que reprendre son sujet intitulé « les jours à drapeaux« .

Je ne sais pas comment j’ai pu oublier de parler de ça, tant ce phénomène est fantastique, tant il risque de modifier la façon que vous avez d’appréhender la vie en général.

Pour ceux qui ont déjà passé quelques jours en Suède (et plus particulièrement à la campagne), vous avez certainement remarqué ces énormes « mâts » que l’on trouve au fin fond du jardin, un mât de la taille d’Apollo 13 sur lequel le bon vieux suédois des familles vient y percher son drapeau (suédois, sous entendu)
Il faut aux environs d’une demie seconde pour réaliser qu’il n’est pas possible de planter un drapeau français sur un mât au fond d’un jardin douteux dans la campagne française. Non. Ce n’est pas possible.

Les suédois profitent alors du fait que personne n’ira taguer « salopard de nationaliste » sur le mur de chez eux, et mettent donc en place « les jours à drapeaux« .

Les jours à drapeaux, c’est le planning à respecter pour accrocher son drapeau, parce que vous imaginez bien, si tout le monde accrochait son drapeau suédois n’importe quand et n’importe comment, hein, je vous le dis moi, la Suède ne serait plus la Suède. Soyez ceci dit sans crainte, il n’existe pas à ma connaissance d’inspecteur de drapeaux, ce genre de type qui avec un bon mousqueton, un chalumeau et une expérience certaine en escalade viendrait brûler les drapeaux de ceux qui ont fait le choix de ne pas respecter le planning.

Il est donc convenu, lorsque vous avez la chance de pouvoir jouir d’un jardin, d’un mât et d’un drapeau de 14mx14m, de suivre les jours où il est de bon ton de l’accrocher. Les voici.

  • le 1er janvier – Nouvel An
  • le 28 janvier – jour des Karl et des Karla, donc la fête du roi qui s’appelle Karl XVI Gustav
  • le 12 mars – jour des Viktoria, donc la fête de la princesse héritière
  • le dimanche de Pâques
  • le 30 avril – anniversaire du roi
  • le 1er mai – fête du Travail
  • le dimanche de la Pentecôte
  • le 6 juin – jour de la fête nationale suédoise
  • le jour de Midsommar (j’en parlerai bientôt)
  • le 14 juillet – anniversaire de la princesse héritière
  • le 8 août – jour des Silvia (ou Sylvia), donc la fête de la reine
  • tous les 4 ans en septembre, pour le jour des élections législatives
  • le 24 octobre – journée des Nations Unies
  • le 6 novembre – ce jour en 1632 est mort le roi Gustav II Adolf à la bataille de Lützen, on « fête » ce jour depuis 1727
  • le 10 décembre – fête du prix Nobel
  • le 23 décembre – anniversaire de la Reine
  • le 25 décembre – Noël

(Source : hibiscus)

J’espère que ce message aura eu une quelconque utilité à tous les percheurs de drapeaux que vous êtes, et d’ici là, passez un excellent week-end.

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Vive la fête.

J’en avais parlé il y a quelques temps… Les suédois ont un besoin insatiable de fête, de fêter quelque chose, fêter, oui, n’importe quoi, histoire de, de dire que bon, c’est la fête.

Alors bien entendu, Noël, les anniversaires. Une population occidentale et donc sensiblement les mêmes fêtes que les nôtres, une quelque cinquantaine en plus. Légitimes pour certaines, un peu plus futiles pour d’autres. J’en viens au fait : il y a 2 jours, c’était donc la fête du « kanelbullar ». Le kanelbullar (j’ai pensé à vous, la recette est ici) est un petit pain sucré parfumé à la cannelle… Petite patisserie qui accompagne la plupart du temps le café de 17h.

Une patisserie. Devenue fête nationale. Alors oui, bien sûr, moi aussi je sais ce que vous faisiez le 2 février dernier, vous fêtiez la chandeleur, vous mangiez des crêpes. A ceci près qu’il y a une histoire derrière cette fête. De la purification de la Vierge à la fin de l’hiver, voyez y ce que vous voulez y voir, mais cette fête tient sa légimité. Concernant en revanche la fête du kanelbullar, rien. On le fête. Ouais.

Le froid approche ici, doucement mais sûrement… La consommation massive de cigarettes à la fenêtre devient hasardeuse passé les 18h, j’ai enfilé ma première moufle hier après midi pour un tour de vélo.

Un tour de vélo. Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas pratiqué (à part bien sûr quelques belles virées en Vélib’) et je dois reconnaitre que c’est certainement le moyen de transport le mieux adapté pour découvrir quelque ville que ce soit.

Les journées passent à une vitesse excessive, et mardi, j’ai boxe. Quelqu’un a dit boxe ? Je ne sais pas si vous connaissez ce phénomène… Débarquer dans un pays inconnu, une langue très étrangère pour toute communication, des achats à régler en « couronnes » (!) et un Roi en guise de président ? Oui, mes amis, parfois, on en est presque à regretter cet euro imbouffable, Nicolas Sarkozy et les lois sur l’immigration. J’exagère, je blague, n’allez jamais croire ce que je viens d’écrire.

Sauf qu’il y a un moment… où il faut se faire des copains. J’avoue qu’à part quelques rencontres de fin de soirée, 2 ou 3 amis égarés ici et là et le fils de la tante de la mère de machin, on en fait vite le tour. Alors quand un type, plein de bonnes intentions, a priori censé et très sympathique vous propose de l’accompagner à un entrainement de boxe (pour débutants), vous ne considérez plus la boxe comme telle. Vous considérez la boxe comme un facteur de socialisation. Z’avé jamais étudié Bourdieu à l’école ?

Alors ouais, mardi, j’ai boxe.

Je vous aime, certains d’entre vous me manquent, beaucoup d’autres pas.

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