Pourquoi Quitter Paris ?

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Se loger à Stockholm.

Dans une capitale, il est impératif de pouvoir loger sa population de sorte que tout le monde puisse y vivre et ainsi, créer des emplois, des sous, des parcs pour les enfants et des supermarchés.

Stockholm n’échappe pas à la règle: même si les suédois semblent ne jamais rentrer chez eux du 01 juin au 31 juillet, la majorité de la population loge dans des appartements plus ou moins proches du centre-ville, plus ou moins chers, avec plus ou moins une pièce, ou cinq.

Si Paris a su s’imposer sur le marché de la location, la collocation, la relocation ou le “viens chez moi, j’habite chez une copine”, Stockholm est son exact opposé: peu sont nombreux à pouvoir brandir un bail de location sur 5 ans. Il existe probablement plus de bons artistes à l’Eurovision que d’appartements à louer dans la ville de Stockholm.

Heureusement, le gouvernement a pensé à tout et permet aujourd’hui à n’importe qui d’acheter un appartement en l’espace de quelques heures: il suffit de rentrer dans une banque (qu’elle soit ou non la vôtre), demander quelques millions (entre 3 et 12, que l’on vous accorde en général sans réticence) et finir sa journée par l’achat d’un 60m2.
Si Jacques Mesrine avait été suédois, il aurait probablement fini neurasthénique.

L’achat de l’appartement en lui-même ne requiert rien de plus qu’un téléphone portable, une carte d’identité et un stylo. La carte et le stylo vous seront demandés pour le contrat de vente, le téléphone vous servira aux enchères qui précèdent la signature.

Comme sur Ebay, les appartements en Suède s’achètent aux enchères, par SMS. On ajoute 10.000, 100.000 ou 1.000.000 via SMS, on attend la surenchère (qui arrive inéluctablement), on soupire en ajoutant 100.000 jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, qui obtient l’appartement.

Celui qui a gagné, c’est aussi celui qui a perdu. C’est celui qui, son portable à la main, n’a pas su freiner sa course à l’enchère, celui qui à coups de milliers de couronnes a voulu écraser son adversaire comme une partie de Mortal Combat sur Megadrive.

Le soir même, le cœur lourd de regrets et délesté de ses millions, il ira serrer la main d’un notaire quant à lui impatient à l’idée de passer ses vacances à Biarritz au mois de juillet.

À poil la Suède.

La Suède brille dans le football féminin, mais pas seulement. Elle a aussi créé le roulement à billes, Abba, la dynamite, les robes à fleurs et un nombre conséquent d’autres petites choses qui ont, chacune à leurs manières, participé au monde que l’on connaît aujourd’hui. Poursuivre la lecture…

L’ennui en Suède.

C’est une question fondamentale sur laquelle il est important de se pencher: s’ennuie-t-on en Suède?

Dans un pays où tout va toujours pour le mieux, il est légitime de prendre deux minutes pour y réfléchir. Poursuivre la lecture…

Sticky post

“De Paris à Stockholm, du bœuf à l’écrevisse, on a fait 2000km pour tout vous raconter.”

Les gâteaux en Suède

Les gens aiment les gâteaux. C’est un fait. Les détracteurs de la viande folle, du poisson aux antibiotiques et du mais aux OGM sont nombreux, mais on n’a rarement vu de détracteurs du gâteau.

A l’inverse, on assimile souvent le gâteau à de très bons souvenirs: un anniversaire quelconque, un repas de Noël en 1997, un samedi de fête lorsqu’on avait 15 ans. Une part de gâteau, c’est souvent la première gorgée de bière, une sieste au soleil, un bon bouquin dans la baignoire ou un épisode de Mad Men.

En revanche, la Suède a une consommation de gâteau tout à fait différente du reste du monde.

Le gâteau suédois se doit de comporter 2 caractéristiques: il doit être coloré, et peser plus de 3kg. La compétition n’est pas ouverte à tous et notre gâteau au chocolat à pâtisserie des familles n’a absolument aucune chance face aux mastodontes scandinaves que l’on sert à la pelleteuse pour les anniversaires, au Nord de chez nous.

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Il s’agit la d’une institution, d’un événement à lui tout seul. C’est une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

Il arrive à la fin du repas comme on apporte un paella à une table de 30 personnes lors d’une remise de diplômes, il fait instantanément oublier la journée pourrie d’hier et ne manque pas de redonner le sourire à la cousine neurasthénique.

Étant étrangers à de telles pratiques, il est vrai qu’il n’est pas évident pour nous de comprendre comment 9 millions d’individus puissent envisager une montagne de crème à la fin d’un repas, et comment le gâteau suédois a su se faire une place dans la gastronomie scandinave au même titre que le hareng, ou les boulettes de viandes.

Les théories les plus folles ont été envisagées, mais la plus probable reste certainement celle qui nous invite à considérer qu’un gâteau vert de 2kg est visiblement beaucoup plus sympa qu’un gâteau plat au chocolat.

C’est vrai qu’il fallait y penser.

Alors non.

Alors non, Pourquoi Quitter Paris n’est pas à l’abandon, mais son propriétaire a décidé de prendre de longues vacances prolongées à la campagne, ici:

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Il est toujours possible de lire des vieux trucs en dessous. Au plaisir de vous retrouver bientôt.

La population à Stockholm.

La ville de Stockholm est une capitale européenne et abrite environ 1,3 millions d’habitants. C’est aux alentours de 100 fois la population de Bondoufle, ou environ 13 stades de France, ce qui représente un nombre conséquent de suédois.

Malgré tout, croiser le chemin d’une connaissance dans les rues de la ville est un phénomène très fréquent. Il est théoriquement possible de rencontrer jusqu’à 5 personnes par jour (en moyenne par habitant) en se promenant dans la ville, et il est toujours surprenant d’observer le comportement des suédois qui semblent systématiquement sidérés de croiser la route de quelqu’un qu’ils connaissent. La réplique la plus courante est le “nej men!!”, (littéralement “nan mais!!”) afin de marquer la surprise, l’étonnement ou parfois, le stress.

Se pose ensuite ce problème très pénible de savoir si une poignée de main suffira ou si il faudra considérer un câlin, et dans la plupart des cas débute alors la conversation avec une question absolument idiote sur le thème de “mais qu’est ce que tu fais là”.

Par la suite, il est possible d’interroger son interlocuteur sur ses projets à court-terme, basés sur les évènements à venir du calendrier suédois: “des idées pour les vacances? Pâques? Noël? Midsommar? La fête nationale? » etc. La bonne nouvelle est qu’il se passe beaucoup de choses en Suède et qu’il est toujours possible de faire la discussion sur un évènement majeur qui tombe généralement dans le mois à venir.

Il existe plusieurs catégories de personnes qu’il est possible de rencontrer dans la ville:

- L’agréable surprise: ce sont les amis proches, la famille etc. Ils se font rares, ce ne sont malheureusement pas ceux que l’on croise le plus.

La rencontre pénible: ce sont les anciens collègues, les rencontres d’une soirée dont on a oublié le prénom, les amis d’amis d’amis etc. D’une entente implicite, on se fait un signe de la main et on passe son chemin.
Certains ont malgré tout mis au point des stratégies tout à fait farfelues afin d’éviter un regard ou une poignée de main qui peuvent parfois aller jusqu’à prétendre un faux coup de téléphone, parler à quelqu’un qui n’existe pas d’un sujet qui n’existe pas et par la suite prétendre raccrocher son téléphone après une conversion qui n’a jamais existé.

La rencontre utile: rarissime, c’est rencontrer son banquier dans la rue et faire un bout de chemin ensemble, discuter financement de retraite et en profiter pour faire un virement rapide à un copain. C’est s’assoir à côté de sa dentiste dans le métro et se voir proposer un détartrage minute avant d’aller travailler.

Vivre à Stockholm et flâner dans la rue est une chasse aux Pokémons quotidienne, avec ces gens pénibles que l’on rencontre sans cesse et ceux que l’on aimerait voir mais qui semblent ne jamais sortir de chez eux.

Bien entendu, cette grande ville dans laquelle tout le monde se connait crée beaucoup de relations, d’amis en commun, de couples qui se font et qui se défont, de copains qui ont partagé la même copine et de copines qui ont partagé le copain.

Il devient donc possible de dresser un arbre généalogique de Stockholm sur  5 générations et parvenir à faire rentrer toute la ville de Stockholm à l’intérieur.

Stockholm n’est pas une ville, Stockholm est avant tout une grande famille.

Systembolaget en Suède.

Systembolaget, le dealer d’alcool national, monopole d’État, fait partie du quotidien des suédois. Il en existe exactement 76 à Stockholm, Systembolaget fait plus d’argent que le Paris-Saint-Germain avec un chiffre d’affaires de 24,439 milliards de couronnes suédoises. Le plus proche de chez moi se trouve à 500 mètres, Systembolaget est la station Vélib’ de Stockholm.

Si l’alcool était en vente libre en Suède, le pays et ses habitudes seraient radicalement modifiés. Le comportement des suédois serait la première conséquence directe de la disparition du Systembolaget: on les trouverait certainement moins stressés. Il est vrai que les horaires d’ouvertures de Systembolaget imposent une certaine planification à laquelle il est bon de se tenir. Il est nécessaire, avant le fermeture sabbatique du samedi à 15h, d’envisager absolument tous les événements potentiels du week-end pouvant théoriquement entraîner une consommation d’alcool. Un coq au vin le samedi soir est évidemment beaucoup moins sympa quand on a pas de vin à la maison.
Un tel effort d’anticipation peut très vite devenir un facteur de stress important chez les suédois, qui se sentent par la même occasion obligés de planifier l’intégralité du mois à venir, juste dans le doute.

Si l’alcool était en vente libre en Suède, on aurait certainement moins de jeunes bizarres dans les rues de la ville le samedi soir. Étant donné que les moins de 20 ans n’ont pas légalement le droit d’acheter de l’alcool, ces petits salopards profitent de la moindre ouverture dès lors que le personnel se trouve un peu négligent sur le contrôle des cartes d’identités. Et quand ils parviennent à mettre le main sur une bouteille, c’est très rarement un Hautes Côtes de Nuits.  On ira plutôt miser sur le rapport « degré d’alcool/prix » (un rapport que les suédois ont inventé) – et c’est souvent la bouteille de Tequila à 100kr avec un type en sombrero dessus qui gagnera le concours.

Bien entendu, si l’alcool était en vente libre, on pourrait aussi boire des coups pour beaucoup moins cher et Systembolaget n’apparaîtrait plus dans le top 1 des débiteurs de chaque compte en banque suédois. Mais par la même occasion, le gouvernement deviendrait plombé par les dettes, on imposerait donc des semaines de 50h et 15 jours de vacances par an. Bref, la Suède deviendrait l’équivalent du Japon et ça, personne ne trouverait ça vraiment chouette.

Enfin, si l’alcool était en ventre libre en Suède, on boirait aussi beaucoup plus de coups. On verrait plus de copains, on ferait plus de musique, certains dîners seraient un peu moins chiants et Björn Borg n’aurait peut-être jamais gagné Rolland Garros, six fois.

Les burgers en Suède.

On en a déjà discuté, les suédois aiment bien boire des coups. La vraie différence avec nous français est le sens que l’on peut accorder à “boire des coups”, qui en Suède ne se traduit pas par 3 verres de vin mais par des litres de bières, de vodka Redbull et de gin tonic sans bulles.

Après tant de folies, les suédois agonisants n’ont évidemment plus qu’une idée en tête: MANGER. Passée une certaine heure, manger devient l’obsession de tous: le ravitaillement est essentiel, il en va de la survie de chacun. Heureusement, la Suède a bien fait les choses et à pensé à installer des stands à burgers tous les 100 mètres, proches des principaux lieux d’activités nocturnes des jeunes suédois. Ici, rien n’est laissé au hasard et la Suède a très vite compris qu’un suédois qui mange est un suédois qui va bien.

Les stands font principalement tourner leur business à 1h, à 3h et à 5h du matin. Ce sont les heures de fermetures respectives des bars et des clubs, et bien entendu, tous les vendredis et les samedis, c’est Noël. Cela crée nécessairement des files d’attente incroyables car ils sont des centaines de participants à la course aux burgers. Il faut ceci dit reconnaitre que faire la queue au milieu de la nuit n’a franchement rien de pénible, car même si personne n’a les yeux en face des trous, tout le monde est plutôt content. Enfin, le type qui est vraiment content, c’est surtout celui qui se tient derrière la caisse: il fait tourner les billets de 50, les cartes bleues, du burger et de la saucisse en veux tu en voilà.

Et dans la file d’attente, après autant d’alcool, on aime bien discuter de trucs.

Des trucs pas forcément plein de sens mais des trucs quand même. On chante parfois. On se fait des nouveaux copains, on se dit qu’on s’appellera et on se rappelle jamais. Il y a souvent un type qui « parle » français et qui répète « baguette » en se marrant. Derrière lui se tient son copain, il est tout blanc. C’est l’heure de pointe mais l’atmosphère est plutôt chouette. On achète un burger à 50kr, on l’apprécie pour 5 minutes, on dit merci et bonsoir à ses copains et tant bien que mal, on rentre à la maison et on se couche. Avec les mains qui sentent la frite.

Le travail en Suède.

En Suède, les gens travaillent. Il semble qu’ils travaillent tellement bien que l’Europe ne cesse de se référer à la Suède dès qu’il s’agit de jouer au jeu où il faut nommer un pays dans lequel tout le monde est content.

Ici, tout le monde est content principalement parce que tout va plutôt bien. On a une copine, on a un vélo, des machines à laver à disposition de tout le monde et le samedi, on achète des bonbons. Mais avant tout, on a un travail et on gagne un peu d’argent.

Le travail en Suède est un peu plus chouette que son homologue français. Le vendredi par exemple, tout le monde s’accorde une bière dans la cuisine, ou huit. D’ailleurs, le chef n’est plus tellement un chef depuis sa prestation de vendredi dernier, lorsque vers 17h il est monté sur la table avec un paquet de chips.

Les suédois aiment aussi beaucoup les réunions. Ils aiment bien discuter de trucs autour d’une table et à la fin de chacune d’entre elles, tout le monde s’accorde pour dire que ça s’est très bien passé, qu’on en rediscute très vite et qu’on est franchement très content. En revanche, on évite de prendre des décisions afin de ne pas créer de conflits. On préfère en rediscuter la semaine prochaine, ça évite des problèmes qui pourraient s’avérer sensibles.

Il y 5 ans, à 12h exactement, les suédois se précipitaient dehors et allaient déjeuner.  Tous ensemble, tous à la même heure. Très vite, le petit restaurateur du coin a compris qu’il n’avait pas assez de poulets à servir aux 300 employés de la banque juste en face. Alors, afin de solutionner ce problème de ravitaillement, les suédois ont décidé d’avancer l’heure du déjeuner de quelques minutes, en loosdé, sans en parler à leurs copains. Évidemment, tous les copains ont eu la même idée et il y a 2 ans, toute la Suède déjeunait à 11h47.

En 2013, les plus malins vont déjeuner vers 11h30, suivie de la vague de 11h32. Mais comme aucun d’entre eux n’a vraiment très faim à 11h30, ils ne mangent pas trop. En revanche, à 15h30, lorsqu’ils sont tous très pales et hypoglycémiques, ils se retrouvent autour du frigo de la cuisine pour manger une seconde fois avant d’envisager un goûter. Ils appellent ça le « mellanmål« , le repas du milieu, c’est une invention suédoise, il existe des sites de recettes, oui, les suédois ont inventé un repas qui n’existait pas.

Il est 17h, personne n’a vraiment compris où la journée était passé, alors on rentre à la maison. On attend demain avec impatience, c’est une nouvelle journée qui s’annonce.

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