Pourquoi Quitter Paris ?

Category: Vivre au frigo (page 2 of 14)

Le friskis.

En Suède, en plus d’être tous très beaux, de sentir bon et d’être très gentils, les gens sont aussi très actifs et font beaucoup de sport.

Certains s’entraînent parce qu’ils en ressentent un vrai besoin, et d’autres le font parce qu’on a dit à la télévision que faire du sport, c’était bien. Mais peu importe: le suédois tient à sa forme physique.

Malheureusement, la Suède est un petit pays et elle n’a visiblement jamais eu assez de résidents pour pouvoir faire une équipe de foot, alors le suédois va a la gym suédoise. La gym suédoise, c’est le business de Friskis & Svettis (littéralement « soyez en forme et transpirant ») et en Suède, on compte probablement plus de cartes de membre à Friskis que de permis de conduire.

Pour ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité de pouvoir pratiquer un sport un peu rigolo, Friskis est une excellente alternative, et pour plusieurs raisons; les horaires d’ouvertures avant tout: les suédois vont s’entraîner tôt avant le travail, un peu moins tôt mais toujours avant le travail, un peu trop tard donc pendant le travail, et aussi après le travail. Friskis & Svettis ne ferme vraisemblablement jamais ses portes.

Ensuite, Friskis propose un nombre incroyable d’activités différentes telles que la boxe, le yoga, le sauna, le yoga dans un sauna, de la danse afro, de la danse fuego (?), et probablement des initiations au lancer de feux d’artifices et diverses formations de clowns. La question qui naturellement se pose est: comment est-il possible de trouver un entraîneur spécialisé pour une quarantaine de disciplines, ouvert même aux heures où personne ne peut venir, et cela dans chacune des plus petites villes de toute la Suède? (parce qu’une commune qui se respecte se doit de posséder au moins une église  et une salle de Frikis)

Les suédois sont d’ailleurs très fidèles à l’établissement, qui a tout de même réussi à rendre la population excessivement dépendante de leurs services. Un suédois qui a loupé une séance de Friskis est une personne qui va mal. Le Friskis prend bien entendu le pas sur absolument toutes les autres activités et il est vrai que la ville semble soudainement très vide dès que les salles de sport ont englouti 90% des gens qui l’habite.

Ceci dit, le Friskis tient certainement un rôle important dans le bien-être des suédois et il serait bien malvenu de s’en moquer. D’autant que leur succès national leur a semble-t-il ouvert les portes de l’étranger, car ils sont d’après mes sources de plus en plus nombreux en France à fréquenter leurs salles parisiennes. Et de fait, il est envisageable que les parisiens deviennent tous aussi très beaux.

Le fika.

En Suède, quand on ne sait pas tellement quoi faire le dimanche après midi, on fika. Le fika, c’est une institution, et pourtant, un fika ne tient à pas grand chose: dans la plupart des cas, il s’agit d’un café avec un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

Le fika, c’est probablement la dernière option envisageable sur la liste des choses à faire le dimanche, mais pourtant, le dimanche, tout le monde fika. Lorsque l’on est venu à bout de toutes les alternatives possibles, à commencer par “regarder le dernier épisode de Homeland/jouer de la guitare 2 minutes et puis en fait non/finir ce bouquin commencé il y a 3 mois et puis en fait non/parler avec son copine de ce copain qui la semaine dernière a raconté un truc et puis en fait non”, il reste le fika.

Alors, en règle générale, on envoie un sms au plus grand nombre de personnes possibles, un sms qu’il est possible de réutiliser absolument tous les dimanches: “fika cet aprem? Bisous. Johan.
Ensuite, ce n’est qu’une question de secondes, c’est au premier qui répondra “ok” (sms qu’il est aussi possible de réutiliser tous les dimanches, voir même à d’autres occasions qu’il serait plutôt pénible de détailler ici)

On se retrouve ensuite très simplement dans un café proche de chez soi au milieu de toute la Suède, car la Suède aussi a visiblement décidé de fika au même moment (de l’extérieur, certains touristes pourraient d’ailleurs penser qu’il s’agit d’une flashmob)

On partage donc un café et un bout de gâteau, l’affaire est généralement pliée en une petite heure. Le fixa devient en revanche nettement plus étendu sur la durée dès lors que l’ami en question a eu la bonne idée il y a quelques mois de faire un enfant, car il s’agit alors de s’organiser avec la poussette, le manteau, la moufle qu’on a semble-t-il perdu sur la route et un bébé à qui il manque une moufle, c’est franchement relou.

Si depuis la France vous n’entendez parler que de la réussite du modèle scandinave, c’est simplement parce que financièrement, le fika du dimanche fait tourner l’économie suédoise. Si les suédoises sentent si bon et qu’elles sont de surcroît  les plus belles filles du monde, c’est bien entendu qu’elles fika sans exception de façon hebdomadaire.

C’est d’ailleurs une évidence: en Suède, tout le monde est content. Et à quoi ça tient? Un café, et un bout de gâteau (le type de gâteau importe peu, tant qu’il s’agit d’un gâteau)

Le décalage horaire.

Entre Paris et Stockholm, il y a 3 heures de décalage horaire. Entre Paris et Madrid, 4 heures exactement. Ce qui fait un total de 7 heures entre Stockholm et Madrid.

Cela sera bien entendu démenti par toutes les personnes compétentes, les pontes de la latitude, ceux qui imposent le respect après un doctorat en géographie astronomique. Malgré tout, aussi professionnels qu’ils soient, ils ont tort, les uns autant que les autres.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Lorsque la plupart des suédois préparent leur dîner, les parisiens envahissent les troquets pour quelques cacahuètes après le travail. Il est 18h, peut-être 18h30. Une demie-heure suffira aux parisiens pour commander une troisième Leffe, pas plus de temps qu’il ne faudra à la Suède pour commencer à rincer les assiettes. Il est 19h, 19h30. A Madrid, on ébauche des projets pour la soirée à venir.

Passé le dîner, la Suède entre dans une zone sombre, deux petites heures durant lesquelles rien ne se passe. Ou du moins, personne ne sait vraiment ce qu’il se passe. Certains émettent des théories loufoques (les suédois font un bilan individuel de leur journée dans leurs têtes et envisagent le futur, les suédois disparaissent soudainement et ne réapparaissent que 2h plus tard etc.)  mais il est vrai qu’il est très difficile de pouvoir clairement affirmer: « voilà ce que j’ai fait hier entre 19h30 et 21h30 » Cela n’empêche, l’heure a tourné, les suédois sont en pyjama.

A Paris, le traiteur indien sonne à la porte pour délivrer un Chicken Tikka Massala. A Madrid, on tourne en rond, on boit des coups, on envisage de manger des calamars.

Il est 22h en Suédie, on éteint la lumière. Il est 22h à Paris, on appelle ses parents pour prendre des nouvelles. Il est 22h à Madrid, on réserve une table pour 23h30.

En Europe, il serait théoriquement possible de profiter de plusieurs repas de Noël le soir du 24 dans deux ou trois pays différents, sans trop se presser. Oui, il existe un décalage horaire entre la France et la Suède.

La moustache.

La moustache est de retour, et elle a choisi la Suède pour faire son come-back.

C’est une véritable épidémie dans la capitale suédoise, elle a depuis quelques mois sauté sous le nez de centaines de suédois et elle a su s’accompagner de son accessoire favori: la paire de fausses lunettes et ses verres en plastiques.

Désormais, le combo moustache/lunettes habille les suédois comme un bonnet rouge habillait le commandant Cousteau.

C’est le retour des enfants qui font la grimace après les bisous qui piquent, la grande époque du « il te reste un peu de fromage fondu dans ta moustache » et bien entendu, celle du geste qui consiste à lisser délicatement sa moustache avec le pouce et l’index de la main droite afin de la remettre en place après d’éventuelles bourrasques un peu trop soutenues.

Comme un hommage à Freddie Mercury, c’est une communauté chaque jour un peu plus conséquente qui se crée en Suède. La jeunesse moustachue fait passer les barbues pour des ringards, cette même jeunesse qui porte désormais des sacs en cuir et fume la pipe comme Papa il y a une trentaine d’années. Une Suède qui a décidé de régresser tout en conservant dans le doute un iPhone dernière génération dans la poche de sa veste en velours côtelé.

On ne peut ceci dit qu’admirer l’effort, il est vrai qu’oser la moustache en 2012 requiert une certaine imagination et une bonne confiance en soi : il n’est malheureusement pas donné à tous de porter convenablement la moustache, et même si il est possible de trouver du Clark Gable dans quelques-uns, beaucoup se rapprochent malheureusement plus d’un Raymond Domenech vers ses 20 ans.

Amis de France, préparez-vous à une invasion imminente : la moustache suit le même chemin que vos boulettes de viande IKEA et d’ici quelques mois,  après avoir traversé le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas, elle fera son entrée par l’Alsace avant de doucement gagner la capitale…

Le dimanche à Stockholm.

Les dimanches à Stockholm sont tous très similaires: la plus grande partie de la population se retrouve à l’extérieur. Le dimanche, c’est plus qu’une invitation à sortir, c’est une convocation municipale. C’est donc de fait 1 579 658 suédois tous très contents, tous très dehors. Dans ce million et demi, on distingue plusieurs catégories:

Les plus visibles sont tout d’abord ceux qui promènent des poussettes. Les suédois font beaucoup d’enfants et semblent aussi les faire tous en même temps, d’où un pic de poussettes chaque année dans les rues de Stockholm. Le dimanche, c’est le jour où l’on convient qu’il faut sortir la poussette. D’ailleurs, il n’est pas forcement nécessaire d’avoir un enfant à l’intérieur, l’idée étant plutôt de créer des « gangs de poussettes » entre parents plutôt que de se concentrer sur l’épanouissement des enfants. C’est donc en bancs de quinze poussettes absolument gigantesques que ce joyeux groupe vagabonde dans les rues de la file en discutant de trucs de parents.

Il y a aussi les jeunes, évidemment. Le dimanche, la plupart d’entre eux ont des têtes bizarres. La veille, ils ont dansé, ils ont bu beaucoup de bières, ils ont envoyés des sms souvent regrettables à leurs copains, ils ont encore dansé, une bonne moitié à vomi et les survivants, ceux qui ont fait la fermeture, dorment encore. Le dimanche, dans les rues de la ville, il ne reste donc que la moitié qui a vomi. Ceux-là même qui prennent d’assaut les cafés, les fast food, et qui viennent se mélanger aux poussettes afin de rendre absolument inaccessibles tous les lieux de restauration un peu attractifs de la capitale.

Le dimanche, il y a aussi les vieux. Ils se promènent, ils sont relativement lents, ils discutent au milieu des trottoirs et créent pas mal de soucis aux pousseurs de poussettes qui se retrouvent contrains de manœuvrer leurs bulldozers, ce qui semble les irriter passablement.

Les derniers, ce sont les touristes. Ils sont nombreux, ils sont là tout au long de l’année. Ils  s’adressent aux suédois dans leur langue en comptant bien sur le fait que le suédois parle d’office une quinzaine de langues, et ils se prennent très souvent en photo. En règle générale, dans un groupe de trois ou quatre, il y a celui qui se recule de quelques pas, monopolise intégralement le trottoir, sort son téléphone et essaie durant 3 minutes de prendre une photo chouette. Étant donné qu’en Suède, tout le monde est très respectable, les poussettes attendent et les vieux ne forcent pas le passage non plus. Cela crée donc des bouchons terribles sur les trottoirs de la ville.

Aux alentours de 17h30, la mairie décide de ranger les suédois dans leurs maisons.  On libère les rues, les cafés désormais accessibles ferment, les suédois se félicitent de leur journée et visiblement, tout le monde est toujours très content.

Les filles au pair.

À la vue du taux d’émigration considérable que connait la Suède dès lors que la jeunesse a obtenu l’équivalent de notre baccalauréat, il est tout à fait normal de s’interroger sur ce que font toutes ces suédoises, une fois passé les frontières de leur pays.

Elles s’en vont par milliers chaque année rejoindre d’autres paysages, avec dans leurs valises des centaines de robes à fleurs et quelques boîtes de hareng afin de survivre à un manque probablement inévitable.

Arrivées à destination, il n’existe semble-t-il qu’un unique destin commun à l’ensemble d’entre elles: elles deviennent filles au pair. Systématiquement.

Une fille au pair suédoise, c’est un certain nombre d’avantages: elles sentent bon, elles sont jolies et de surcroit, portent des robes avec des fleurs. Qu’elles travaillent au sein de familles suédoises, danoises ou norvégiennes, elles sont pour la plupart logées dans des appartements aussi spacieux qu’un petit ascenseur et profitent d’un emploi du temps très flexible. Les familles sont alors très heureuses, les suédoises très polies, les enfants souvent très contents d’avoir une nouvelle copine.

Puis vient le soir (pas nécessairement les jours de pleine lune) où elles se regroupent afin d’arpenter les bars de leurs nouvelles villes d’accueil. Elles troquent alors les robes à fleurs contre des robes nettement plus courtes, certaines plus audacieuses opteront pour un t-shirt légèrement trop long, et un t-shirt seulement.

De là, il ne s’agit plus vraiment des mêmes suédoises. Toujours aussi jolies certes, mais avec nettement plus de Gin Tonic dans le sang. Elles deviennent alors les reines de Paris, Londres ou Barcelone, le temps d’une soirée, le temps d’une nuit.

Lorsque les bars obligent les derniers clients à quitter les lieux, elles rejoignent leurs chambres de bonne en taxi tandis que certains autres commencent à travailler. Parfois, elles récupèrent un français, un anglais, ou en espagnol en chemin. Le jeune homme aura le plaisir de goûter à la Suède pour quelques minutes, quelques heures, retournera nécessairement chez lui avant 8h le matin. Il s’agit du délicieux moment où les suédoises se recoiffent, enfilent une nouvelle robe à fleurs et emmènent vos enfants à l’école.

Elles se plaisent dans ce nouveau quotidien, et durant une année ou deux n’y changeront absolument rien. Un jour, aux alentours du mois de Mai, elles décideront de retourner dans leur pays. En plus des robes à fleurs, quelques bouteilles de Bordeaux, des milliards de photos (là on danse sur les Quais de Seine, là on mange du brie sur les Buttes-Chaumont, là c’est mon copain qui fait de la musique, là c’est son copain qui a dormi chez moi etc.) et un nombre impressionnant de nouveaux numéros de téléphone dans un petit carnet à spirales.

Les familles n’auront pas à s’en faire, car chaque année, c’est une nouvelle livraison de filles au pair que fournit la Suède. Une nouvelle copine pour les enfants. Une copine en robes à fleurs.

Le snus.

Il méritait certainement une brève lui étant intégralement consacré, tant il est présent dans la culture suédoise.

Il n’a pas la notoriété d’IKEA ou de la boulette de viande, et pourtant, il a su s’imposer dans le quotidien des suédois comme la 1664 dans vos après midis jardinage. J’ai nommé: le snus.

Le snus, au nom original qui, même en inversant toutes ses lettres, reste toujours un mot très rigolo: susn, nsus, nuss, snsu etc. Ceci dit, c’est souvent le cas avec les mots de 4 lettres.

Le snus, c’est un riquiqui sachet de thé qui se place sous la lèvre supérieure, de préférence dans un coin (les jeunes du parti moderat suédois le porterait d’ailleurs sur le côté droit selon quelques rumeurs, comme pour se convaincre en permanence qu’ils sont cools mais qu’ils paient définitivement trop de taxes)

A l’intérieur du snus, pleins de trucs pas très bons pour la santé, et une surdose de nicotine afin qu’il puisse s’intégrer sournoisement dans le quotidien des suédois.

Le snus a une force qui lui a certainement valu sa victoire sur la cigarette en Suède: il ne fait pas de fumée, il est discret  et de ce fait, ne nuit pas à l’entourage. C’est très important, en Suède, de ne pas nuire à son entourage. C’est pour cela qu’ils construisent des magasins IKEA de la taille de la Corrèze, afin d’éviter que les gens se marchent dessus en faisant leurs courses par exemple.

Le snus a rendu la Suède très dépendante à la nicotine et de ce fait, les suédois se l’enfile à longueur de journée, en loosdé mais toujours avec le sourire. Le principal inconvénient du dit snus, c’est cette vilaine petite bosse qu’il crée sous la lèvre supérieure et qui le rend, malgré lui, l’accessoire à la cool, indispensable à tout suédois qui se respecte.

Le vrai gros consommateur a d’ailleurs élaboré une technique tout à fait impressionnante afin de se glisser ce petit sachet de tabac sous la lèvre en quelques millisecondes seulement, au moyen d’une dextérité éblouissante et d’un coup de langue remarquable qui lui permet d’accéder au status de « jeune à la cool« , comme ce type sur la publicité Marlboro, sans le chapeau toutefois mais avec une petite bosse bizarre sous la lèvre supérieure.

Le snus a donc su s’imposer comme un accessoire précieux, comme un cousin du slim-fit dont la jeunesse suédoise rafolle, à la seule différence que personne n’est jamais vraiment mort pour avoir porté un jean.

Le mode d’emploi de la Suède.

Votre paquet de pâtes vous explique comment cuire vos pâtes. Votre four est livré avec un guide d’utilisation qui vous explique en 14 langues et sur 230 pages comment effectuer une pyrolyse. Vous avez définitivement besoin du guide pas à pas de chez IKEA pour assembler votre mezzanine, et il est évident que vous allez Poursuivre la lecture…

Tout le monde est content.

Les suédois sont beaux, sympathiques, curieux, intelligents, blonds, généreux. Ils s’intéressent, questionnent, se cultivent, s’entraident. Ils prêtent, donnent, empruntent, confient, troquent, en tout confiance. On a d’ailleurs rarement vu un suédois radin, et le peu qui subsistent ont tous été placé dans une grande boite que l’on appelle Östermalm (l’équivalent de notre Neuilly national), de sorte qu’ils évoluent dans un milieu qui leur est propre, qu’une bonne partie de la population a néanmoins du mal à comprendre.

En Suède, un gant perdu dans la rue se retrouvera accroché à un arbre dans l’attente de son propriétaire. Vivre à Stockholm, c’est le fabuleux destin d’Amélie Poulain avec Yann Tiersen comme musique dans les ascenseurs. Les journaux discutent de la défaite de Söderling, de ce type qui vient de sortir un requin de 3 tonnes de ses filets, et qui semble très content.  D’ailleurs, tout le monde est content, en Suède. Même si ils ne sont franchement pas nombreux à avoir sorti un requin de 3 tonnes de l’eau.

C’est tout à fait curieux, pour un étranger, de vivre dans un pays où tout le monde est content. On arrive ceci dit à s’y faire, rapidement. Et puis, à quelques reprises durant l’année, on se retrouve sur le vol de 19h25 en direction de CDG, un vol en direction du monde réel. Et ça fait du bien.

La carte orange devenue hors de prix, un leader socialiste qu’on a visiblement perdu et des émissions dédiées intitulées “DSK, Sexe et Politique”. Un périphérique impraticable à toute heure en 2011. Des gens qui gueulent, de la pluie pour la finale de Rolland Garros, des agios de 9€ par jour pour les clients de la Caisse d’Épargne.

C’est un plaisir, que de passer quelques jours en France. Et puis reprendre un vol, retourner chez nos amis suédois, toujours très contents. On tourne la tête, il ne reste plus que la Suède et ses pêches miraculeuses. On y passe quelques mois, puis finalement, se languir de Paris, du Truskel, de la bière renversée sur nos chaussures. Alors on reprend un vol, probablement celui de 19h25.

Paris, Stockholm, je vous aime!

Une révolution suédoise.

Il semblerait que, chaque jour un peu plus, la Suède tente d’investir la France. Il fut un temps par exemple où la suédoise se faisait aussi rare que la truffe dans les rues de Paris, et en dénicher une au détour d’un bosquet était considéré comme une opportunité comme il n’en existait que trop peu.
Aujourd’hui, elles viennent par centaines envahir les boulevards parisiens, s’organisent en communauté, remplissent les bars les plus rock de Paris avec les jupes les plus courtes de Paris.

Elles sont plus nombreuses, mais aussi nettement plus expérimentées. Elles possèdent un pass Navigo, savent retirer un Vélib’ en 17 secondes et ont une connaissance encyclopédique des lignes et horaires des Noctiliens parisiens.

Avec les années, elles ont appris à se fondre à la population locale et progressent dans la vie parisienne avec autant d’aisance qu’un agent des services secrets qu’on aurait envoyé à l’étranger. Entendez les balancer des “c’est ouf” et des “j’avoue” à tout va. Si elles n’avaient pas les cheveux transparents, les distinguer de nos chères françaises serait probablement délicat. Regardez les acheter des demies-baguettes, traverser le Boulevard Sébastopol quand le petit bonhomme est toujours rouge et oublier les priorités à gauche sur le périph’.

Quoi qu’il en soit, si elles remplissent Paris, c’est visiblement pour le plus grand bonheur des parisiens. Mais attention à toi, jeune que tu es! Partager sa vie avec une suédoise, c’est aussi savoir faire quelques concessions, et avant que tu n’aies le temps de te retourner, tu mangeras du fromage pour ton dernier petit déjeuner parisien juste avant ton déménagement sur Wollmar Yxkullsgatan à Stockholm. Et dans ce pays, tu ne trouveras ni Noctilien,  ni Boulevard Sébastopol et encore moins de demies-baguettes!

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