Ce type.
Ce type, un héros. Un monument, au même titre qu’un Hôtel de Ville, un Panthéon.
Un type qui arpente les rues du centre de Stockholm, chemise ouverte, chaîne en plaqué or qui brille.
C’est un musicien, il joue de l’harmonica. Enfin… il souffle dans un harmonica. Il crache dedans aussi. Il lui parle, il l’aime. C’est objectivement impossible à décrire, parce que plus que la musique, c’est le personnage qui intrigue.
La première fois que lui et moi avons partagé le même trottoir, je l’ai cru alcoolique. Le type tient une radio (sans pile semble-t-il) contre son oreille gauche, un harmonica dans la main droite. Et des heures durant, il souffle.
On pourrait presque croire à une légende, un mythe urbain, un Roger du Lac.
Parfois, il rejoint la troupe d’indiens qui font les poches des touristes sur l’avenue commerçante de Stockholm. Eux en revanche mettent le paquet. Tenues d’apache, flûtes de pan, des enceintes dignes d’un Stade de France et un employé qui tient le stand improvisé de vente de disques. Ils tournent 8h par jour sur 2 chansons, mais lorsque le joueur d’harmonica se joint à eux sans être invité, c’est absolument superbe. Ça les énerve, évidemment, les indiens, mais lui semble prendre un malin plaisir à massacrer les tubes de Taureau Ailé, Bison Futé et Plume Capitaliste.
C’est une attraction. C’est le Space Moutain de Stockholm, un Space Moutain musical.
Tellement intriguant qu’il possède ses nombreuses vidéos sur Youtube, certainement sans le savoir.
Alors pour le plaisir, voici le personnage en image.
Je vous aime, à très bientôt.