De l’extérieur.
Que l’on déménage de Paris à la Baule ou de Paris à Stockholm, le résultat est sensiblement le même: vous ne voyez votre famille que 4 fois l’année, vous n’avez pas le temps d’appeler vos copains, vous les oubliez tous et c’est un bien triste constat.
Ce qu’il y a en revanche de très excitant dans le fait de passer une frontière et de quitter le pays, c’est que vous regardez aussi l’actualité de loin. Et quand ce pays s’appelle la France, il est tout à fait savoureux de ne plus y être acteur, mais simplement spectateur.
Parce que quoi qu’on en dise, on ne quitte jamais vraiment un pays (même si moi aussi je siffle avec plaisir la marseillaise, je la déteste plusieurs fois par jour, et pas seulement dans les stades)
Etonnamment, l’entourage a souvent l’impression que j’ai disparu de la surface du monde et que je vis dans un igloo au-delà même du cercle polaire, dans une sphère temporelle inacessible. Mais je n’ai par exemple pas pu manquer le décès de Sœur Emmanuelle, il a été l’objet d’au moins 50 coups de fil de proches. La crise, Darcos, le Taser, Depardieu, moi aussi j’ai un accès à Internet, je suis même abonné au Nouvel Obs, tiens.
La distance avec la France est délicieusement égoïste. Cela en deviendrait presque un plaisir quotidien, que de ne pas se sentir concerné par des problèmes de sécurité sociale. Une fierté, que de ne jamais avoir versé un seul sou aux impôts, hormis quelques 11€ par ci par là versés au Trésor Public pour différents litiges entre le code de la route et moi.
Mon cœur est malgré tout avec les profs, les infirmières, Augustin Legrand et ses copains, mais j’ai aussi ici d’autres problèmes à régler.
Entre deux visites du site de Libé, je me demande si la pluie m’empêchera de rentrer à pied ce soir.