En banlieue.

La vie dans les quartiers courtisés d’une capitale possède quelques désavantages, et notamment un, de taille, qui vous attaque comme on braque une banque : la bobo-isation.

Je crois que j’en suis définitivement atteint, car j’en subis le premier symptôme : toute la ville devient banlieue.

En France, j’ai habité en banlieue, la vraie, de 0 à 20 ans. Puis j’ai déménagé à Paris dans un chouette quartier. Très vite, j’en suis venu à me dire « je ne vais quand même pas sortir à Malakoff, c’est vraiment en banlieue » Un an après et installé confortablement rue Saint-Maur, Paris n’était plus que 11è et 20è arrondissement. On m’invitait dans le 15è, je pensais banlieue.

J’expérimente désormais le même phénomène à Stockholm, à la différence près que Stockholm n’est pas Paris, et que la géographie de Södermalm me contraint à considérer tout ce qui se trouve en dehors comme la banlieue. Et bien qu’il s’agisse d’une proche banlieue, elle semble définitivement très, très lointaine. J’ai malgré moi établi une règle d’or : passer un pont c’est déjà mettre un pied en banlieue. Voici une ville… la mienne :

Vivre en ville devient un critère pour mes fréquentations. Prendre le train relève de l’échec personnel. Acheter un ticket de métro: un véritable coup de poignard pour ma conscience.

Reconnaitre son problème, c’est aussi l’accepter, un peu. La moitié du chemin parcouru, dira-t-on…

Partager sur les réseaux:
error0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *