C’est un fait: vivre à l’étranger, c’est se poser malgré soi en ambassadeur de son pays. Être français à l’étranger, c’est aussi l’occasion de faire la peau à quelques clichés:

J’apprécie la baguette mais je ne me promène pas quotidiennement avec une Tradition dans mon sac… Il en va d’ailleurs de même pour le pinard… Et vraisemblablement pour le fromage.
De la même façon, je ne fais pas la grève 365 jours par an et non, je ne demande pas du ”fire” pour allumer ma cigarette.

Il est d’ailleurs de mon devoir de rassurer nos amis suédois quant à la situation en France par exemple. Leur expliquer que Paris n’est pas à feu et à sang, que ce type qu’ils aperçoivent en couverture de leur quotidien national s’apprêtant à jeter un cocktail Molotov sur une Citroën AX n’est pas mon pote, ni mon frère, et que je ne suis pas nécessairement pour l’utilisation du cocktail Molotov – en règle générale.

Malgré tout ça, je n’en reste pas moins français. Il est vrai que voir ce type il y a 2 jours, à qui je tenais la porte de toilettes payantes afin qu’il n’ait pas à se délester de 5 couronnes me dire “tu peux fermer la porte, je vais payer” m’a fait sourire. Un français qui se respecte ferait certainement les poubelles pour récupérer un ticket de caisse avec le code des toilettes du Starbucks plutôt que d’avoir à payer une consommation.

Ceci étant dit, je profite aussi de quelques avantages non négligeables du fait de ma nationalité. Se plaindre constamment sur ceci ou cela ne fera pas de moi une mauvaise personne, mais un bon français. On m’excusera très volontiers si je garde mes chaussures à l’intérieur ou si mon appartement ne ressemble pas à une maison témoin de chez Century 21 mais plutôt à un stade de foot après une rencontre PSG/OM. De même, on me pardonnera ma consommation de cigarettes ou l’ouverture d’une bouteille de Bordeaux un mardi soir.

C’est ainsi. La France est avant tout mon pays, et même si il m’arrive parfois de payer 5 couronnes pour utiliser des toilettes et trouver ça tout à fait normal, je ne manque jamais une occasion d’offrir un bon vieux Houellebecq à mes amis suédois qui fêtent leurs anniversaires.