Fasten your seat belt.

La sécurité. Sécurité affective, routière, professionnelle. Durant un long trajet sur la ligne 13, j’ai observé une jeune étudiante semblant travailler sur quelque chose sensiblement équivalent à de la chimie organique. Souvenirs d’IUT, où, la veille de quelques partiels impossibles je calculais des harmoniques, spectres et autres fondamentales chatoyantes.

Il ne s’agit pas là d’un phénomène isolé, des centaines d’étudiants font de même, peut-être aussi sur d’autres lignes que la 13. La sécurité d’être étudiant. Chez les parents ou passablement organisés en bandes dans des petits appartements parisiens, les étudiants n’envisagent aujourd’hui pour beaucoup qu’un avenir estudiantesque. Les mêmes qui organiseront des blocus forcenés, que ce soit à Nanterre, Censier and co pour préserver un futur qu’ils n’envisagent pas mais qui sera, promis, sans CPE.

Je ne suis pas révolutionnaire, anarchiste et encore moins étudiant. De façon totalement inconsciente, je sais que je n’ai nul besoin d’une licence pour arriver à faire quelque chose. Cela dit, j’appréhende, autant qu’eux, la suite. Mais cette sécurité m’ennuie profondement. Ils seront certainement des milliers à signer pour un CPE quand leur heure viendra. Etudiants, poil aux dents, je ne vous soutiendrai pas lors de vos manifestations sauvages, je ne signerai pas votre cahier de doléance, et je souhaite, bien entendu, tout le bonheur du monde.

Un trait danger, deux traits sécurité.

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