I’m in.

Celui qui a choisi la vie à l’étranger se voit attribuer une tâche qu’il aurait volontiers refilé à son voisin : les papiers, et l’administration.

À plusieurs reprises, j’ai déjà fait état des quelques obstacles qui empêchent le français d’être tranquillement heureux et en règle à Stockholm. Aujourd’hui, tous ensemble, nous allons étudier un nouveau chapitre : la banque.

En bons citoyens que nous sommes, et définitivement en excellents consommateurs aussi, l’arrivée dans un pays étranger est souvent suivie de l’ouverture d’un compte en banque. Parce que même si il m’est possible de vivre sans aucun souci avec ma carte bleue française, qu’on se le dise, c’est nettement moins glamour que la carte bling bling orange et noire de la Swedbank.

L’ouverture du compte est relativement aisée, le type est gentil, presque souriant, et entre ces dents me demande si j’ai un emploi ici. C’était il y a presque un an, à l’époque je réponds “non“, entre mes dents aussi, comme lui.

J’ai saisi le sens de sa question lors de l’ouverture de l’enveloppe contenant ma nouvelle carte bleue “bling bling“. Ouais, on repassera pour le glamour, ma nouvelle carte est triste et laide, sans relief, elle ne brille pas dans la nuit et surtout, elle ne fonctionne absolument nulle part.

Un an après…“, retour à la banque. Cette fois-ci c’est une femme au guichet, aussi blonde que bronzée, je soupçonne un recours excessif à l’artifice, mais soit; j’en viens de mon plus beau sourire “hé, salut les gars, maintenant je suis salarié, je gagne pleins de sous, et dites dites je peux avoir une carte bleue avec des chiffres en relief qui brille dans la nuit ?

Un sésame-ouvre-toi, un laissez passer pour le monde fascinant de la consommation : elle inspecte mon contrat de travail, et avec son plus beau sourire m’annonce un “oui” libérateur. Oui, je vais désormais pouvoir réserver des billets de train en ligne, payer les parcmètres et tout ça, avec une CB en bois véritable.

Mais le phénomène “montre moi ton contrat de travail et je te donne tout ce que tu demandes” ne s’arrête pas là : je repars de la banque avec tout ce qui m’avait été refusé quelques mois auparant : une banque Internet et sa magnifique petite télécommande et surtout… une carte d’identité. Ouais. En Suède, les banques délivrent des cartes d’identité valables, et depuis hier, j’en ai une.

Qui brille dans le noir.

Ouais.

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