Ingen reklam tack!

On sait les suédois très en avance sur les questions relatives à l’environnement. La plupart d’entre eux s’appliquent au tri sélectif comme on se brosse les dents, personne ne remet en cause une taxe carbone en vigueur depuis la sortie du deuxième album de Nirvana, et les automobilistes s’acquittent sagement de quelques couronnes dès lors qu’ils traînent leurs Volvos à l’intérieur de la ville de Stockholm.

J’ai par ailleurs constaté un autre phénomène auquel je n’avais jamais vraiment prêté attention jusque là. C’est l’histoire d’une petite étiquette qui traîne sur des milliers de boites aux lettres à Stockholm, une petite note qui informe ceux qui auraient pour intention de polluer les appartements de prospectus en masse: “INGEN REKLAM TACK!

Littéralement “pas de pub, merci!“, j’ai moi aussi inscrit sur ma boite aux lettres “ingen reklam, tack” sans vraiment savoir pourquoi, lors de mon emménagement à Stockholm. Comme lors d’un premier rendez vous à la banque pour ouvrir un compte suédois, s’opposer à la publicité intrusive est aussi une étape nécessaire à l’intégration.

Ceci dit, la France n’est pas en reste et nous sommes aussi nombreux à afficher des étiquettes “pas de pub!” sur nos boites aux lettres. Mais faisons face à cette réalité: nous sommes tout aussi nombreux à recevoir, malgré tout, ces prospectus qui nous serviront un peu plus tard à éplucher nos pommes de terres. Mettons ça sur le compte de facteurs peu scrupuleux, mais admettons en revanche que l’on serait tous bien emmerdés, sans plus rien pour éplucher nos patates.

Les suédois utilisent le quotidien national auquel ils sont abonnés pour faire la cuisine, et le facteur se trouve être très conciliant: jamais ne passera publicité par votre boite aux lettres dès lors que vous y laissez de bonnes instructions. Une exception est sans doute à relever: le catalogue IKEA n’a jamais été considéré comme de la publicité (comprenez, c’est un peu une bible que l’on vous livre annuellement, et tout ça pour pas un rond)

De là, j’avoue que l’idée de bloquer les factures avant même qu’elles ne passent le pas de ma porte se laisse sereinement envisager. Dans un pays comme la Suède, et considérant que le facteur n’ira jamais chercher le conflit, “pas de factures, merci!” ouvre probablement la porte à tout un panel de possibilités.

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