Jour 5, de la difficulté de parler suédois.

J’en parlais justement ici, il y a quelques mois de ça : Stockholm dans ma poche.

C’était en avril 2006, à cette époque je ne partais en Suède que pour les vacances. J’avais donc fait l’acquisition d’un petit guide pour apprendre le suèdois, en 90 pages (je mets d’ailleurs au défi quiconque de pouvoir confirmer les propos de ce livre, qui se clos par « désormais, vous devez être apte à soutenir n’importe quelle conversation en suèdois« . Si il existait une méthode de 90 pages, format A5, pour maîtriser une langue étrangère, je peux vous certifier que ses éditeurs auraient déjà pris une excellente retraite en Nouvelle Zélande)

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La différence est qu’aujourd’hui, je n’envisage plus d’apprendre le suédois, je DOIS apprendre le suédois. La nuance est de taille, et je peux vous assurer qu’on me l’a fait bien sentir. Prenez par exemple le repas de famille (la belle-famille donc) Il y a encore 1 an, les conversations se faisaient en anglais. Etrangement, depuis une semaine, ils sont de plus en plus à m’interroger en suèdois, à attendre réponse en suédois, oui oui pour mon apprentissage direz vous, oui oui parce que c’est bon pour moi etc. Enfin, croyez moi, se faire comprendre en suédois pour un français, c’est beaucoup plus difficile que d’apprendre à faire de la balançoire.

Alors je débute, je tente et me vautre, retente et me re-vautre, et parfois on m’applaudit. La plus grosse défaite est paradoxalement le moment où je parviens à faire une phrase correcte, très simple, « Jag är trött » par exemple (littéralement « je suis fatigué« , qui concédez le moi n’est quand même pas chose impossible pour peu que l’on ait un minimum travaillé) et qu’à ce moment j’ai quasiment droit à une standing ovation de la part de mes interlocuteurs. Il n’existe rien de tel pour vous sentir minable le matin, lorsque que ces gens pensent que « oui, il parle très bien suédois ! il sait dire « je suis fatigué », il est fort hein hein hein hein ??!! »

La route est encore longue, autant oralement que grammaticalement. Certains rieront encore quelques belles années, d’autres seront peut-être fiers de mes progrès, et à la fin il ne restera que moi, moi et mon suédois minable, moi et mon 38m², moi et mon pain dur.

Suédois, je vous aime.

Prochainement : Jour 6 : une partie de campagne

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