Jour 6 : une partie de campagne à l’écrevisse.

Tout comme je considérais Paris comme la seule ville de France il fut un temps, ou d’ailleurs comme la France elle même, j’ai aussi tendance à croire que tous les suédois habitent Stockholm.

Plus justement d’ailleurs cette fois-ci, car la Suède est un pays très long mais les habitants se sont principalement regroupés dans quelques villes, Stockholm, Göteborg etc. Avec 9.000.000 d’âmes humaines et un pays débordant de lacs et de forêts, je peux comprendre qu’ils se soient concentrés autour des mêmes pôles.

Seulement là où une fois de plus je suis chanceux, c’est que j’ai aussi la possibilité de voyager plus au sud de Stockholm, dans la campagne à quelques 200 km. Un village minuscule, répondant au doux nom de Mårdshyttan, bordé de lacs (et de forêts, nécessairement)

Mårdshyttan, pour le parisien de base, c’est l’exostime même : la cueillette de la girolle, les bottes pleines de boues, le patin à glace en hiver, les baignades l’été.

En août, Mårdshyttan, c’est aussi comme partout en Suède la fête de l’écrevisse. Le principe est d’une simplicité évidente : un grand-père (c’est souvent le grand-père) s’occupe de la ramasse de l’écrevisse, l’écrevisse qui peuple les lacs, à l’aide de pièges équivalents à ceux que l’on peut connaître pour la pêche au homard par exemple.

L’écrevisse pêchée, la famille est réunit à l’occasion d’un repas, durant lequel sont servies les malheureuses bestioles. Là débute une véritable torture, démembrage, écartelement, succion (si si). Rien d’extraordinaire jusque là, exepté le moment où le grand-père (souvent le grand-père) entame un chant que tout le monde reprend dans la joie. Un chant d’écrevisse. Fin de la chanson, le grand-père dit « skål » et tout le monde avale son verre d’alcool (suédois). L’alcool peut être de la vodka pour les moins inventifs, parfois un breuvage ambré à base de plantes, parfois un alcool à vous faire sortir les yeux de la tête.

22h, le repas est fini, c’est principalement le moment où la mère de famille allume la 2ème cigarette de sa vie, le grand-père demande à rentrer pour vomir dormir, et le moment où poliment je réponds que non, c’est sympa mais vraiment, oui l’alcool est bon mais… oui, enfin ça ira… non m…. oui oui enfin j’ai déjà bien bu pour ce soir.

A votre bon coeur,

ecrevisse.jpg


Prochainement : le découpage de l’écrevisse

Prochainement : la suédoise, ou la fin d’un mythe.

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