La bête et le soleil.
On l’a fait. Hier, on a r’joint les 2 bouts. Coucher de soleil. Lever de soleil.
Hier s’appelait samedi, et comme j’en ai pas mal parlé ici, un samedi soir à Stockholm (et très particulièrement le samedi qui suit le versement des salaires) il est souvent question de survie. Il est donc assez ingénieux de creuser un trou et d’y passer la soirée, d’éviter absolument les grands axes et les bars et tout genres, de ne surtout pas chercher un paquet de cigarettes aux alentours de 23h au 7/Eleven, sous peine de vous confronter avec “la Bête“.
La Bête, cette masse informe et bruyante, ce ramassis d’alcooliques prêts n’importe quoi pour justifier leur SMIC, cett Bête que personne de censé n’a envie de croiser lors de ses déplacements nocturnes, cette Bête qui terrorise les autochtones, qui sont définitivement trop vieux pour ces conneries.
C’est pour ça que j’ai décrété, depuis quelques mois, que se faire inviter chez des amis étaient la meilleure solution, pour un samedi soir. C’est donc désormais le cas, et hier n’a pas fait défaut à la règle. Fuire la Bête et ses slim-fit, voilà mon combat, ma bataille.
Hier soir, et après autant de bouteilles que de cigarettes, j’ai au moyen d’une argumentation sans faille réussi à créer un petit commando, une team de choc avec pour seul but : rejoindre le bord de l’eau, déraciner quelques chênes et en faire un jeu digne de la St-Jean.
C’est donc la peur au ventre que je parcours quelques kilomètres à vélo, et que je constate pour mon plus plaisir que la Bête a disparu, qu’elle ne tient pas la distance, qu’après minuit là voilà qui retrouve la maison familiale pour aller y vomir toutes ses bières à 3,5%. Minable.
Objectif réussi, nous étions 4 à Långholmen, nous avions un feu, un superbe feu. J’ai aussi constaté pour la première fois que la nuit n’a jamais été totale, et qu’à 3h du matin le soleil déjà pointait son nez. A 3h30 il faisait absolument jour, et en voici la preuve par l’image, le choc des photos :
3h38, dimanche 25 mai 2008
Merci la Suède pour ces bons moments, merci Paul, Jean Delphine et Jean Lina pour avoir participé à l’aventure.
