La confiance peine.

Il y a, lors de l’arrivée dans un nouveau pays, un changement radical qui s’opère: langue, climat, sorties, amis bref, de quoi vous remettre à zéro un compteur interne qui tournait pourtant parfaitement depuis bien des années.

Alors que dans le même temps on progresse sur beaucoup de niveaux (social, relationnel, linguistique etc.) il subsiste un élément qui requiert, visiblement, un peu plus d’expérience et de temps: faire confiance.

Étrangement, et dans ce pays excessivement développé qu’est la Suède, il subsiste toujours en moins un doute dans le fait de consulter quelques services ou institutions propres au pays.

Je n’ai, par exemple, jamais consulté un médecin depuis mon arrivée en Suède il y a de ça un an et demi. Ils sont certainement très compétents, mais il subsiste un doute dans mon esprit sur leur capacité à soigner les gens. Je ne sais pas si j’exigerais pour autant un rapatriement express à Paris si mon pied venait par mégarde à se glisser sous une cuisinière en fonte lors d’un déménagement, mais sans avoir de raison valable, je n’ai a priori aucune confiance en eux.
Je devrais, de la même façon, consulter un jour ou l’autre un dentiste, mais je suis tout aussi capable d’accrocher un fil entre ma dent et une poignée de porte si il faut en arriver là.

peigne et ciseaux

Le coiffeur m’effraie tout autant, et comme le médecin, comme le dentiste, jamais un coiffeur suédois ne m’a vu pointer mon nez dans sa boutique. Chanceux comme je suis, je m’offre évidemment le luxe d’avoir une coiffeuse personnelle, qui en contrepartie de partager mon appartement 24h/24 et 7j/7, s’occupe de mes cheveux mensuellement.

A ceux parmi vous qui doutent de ma capacité à faire confiance, sachez en revanche que 2 fois par semaine, je fais entièrement confiance à la pizzeria qui se trouve juste en bas de chez moi.

Allez savoir pourquoi

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