La ville de Stockholm est une capitale européenne et abrite environ 1,3 millions d’habitants. C’est aux alentours de 100 fois la population de Bondoufle, ou environ 13 stades de France, ce qui représente un nombre conséquent de suédois.

Malgré tout, croiser le chemin d’une connaissance dans les rues de la ville est un phénomène très fréquent. Il est théoriquement possible de rencontrer jusqu’à 5 personnes par jour (en moyenne par habitant) en se promenant dans la ville, et il est toujours surprenant d’observer le comportement des suédois qui semblent systématiquement sidérés de croiser la route de quelqu’un qu’ils connaissent. La réplique la plus courante est le “nej men!!”, (littéralement “nan mais!!”) afin de marquer la surprise, l’étonnement ou parfois, le stress.

Se pose ensuite ce problème très pénible de savoir si une poignée de main suffira ou si il faudra considérer un câlin, et dans la plupart des cas débute alors la conversation avec une question absolument idiote sur le thème de “mais qu’est ce que tu fais là”.

Par la suite, il est possible d’interroger son interlocuteur sur ses projets à court-terme, basés sur les évènements à venir du calendrier suédois: “des idées pour les vacances? Pâques? Noël? Midsommar? La fête nationale? » etc. La bonne nouvelle est qu’il se passe beaucoup de choses en Suède et qu’il est toujours possible de faire la discussion sur un évènement majeur qui tombe généralement dans le mois à venir.

Il existe plusieurs catégories de personnes qu’il est possible de rencontrer dans la ville:

L’agréable surprise: ce sont les amis proches, la famille etc. Ils se font rares, ce ne sont malheureusement pas ceux que l’on croise le plus.

La rencontre pénible: ce sont les anciens collègues, les rencontres d’une soirée dont on a oublié le prénom, les amis d’amis d’amis etc. D’une entente implicite, on se fait un signe de la main et on passe son chemin.
Certains ont malgré tout mis au point des stratégies tout à fait farfelues afin d’éviter un regard ou une poignée de main qui peuvent parfois aller jusqu’à prétendre un faux coup de téléphone, parler à quelqu’un qui n’existe pas d’un sujet qui n’existe pas et par la suite prétendre raccrocher son téléphone après une conversion qui n’a jamais existé.

La rencontre utile: rarissime, c’est rencontrer son banquier dans la rue et faire un bout de chemin ensemble, discuter financement de retraite et en profiter pour faire un virement rapide à un copain. C’est s’assoir à côté de sa dentiste dans le métro et se voir proposer un détartrage minute avant d’aller travailler.

Vivre à Stockholm et flâner dans la rue est une chasse aux Pokémons quotidienne, avec ces gens pénibles que l’on rencontre sans cesse et ceux que l’on aimerait voir mais qui semblent ne jamais sortir de chez eux.

Bien entendu, cette grande ville dans laquelle tout le monde se connait crée beaucoup de relations, d’amis en commun, de couples qui se font et qui se défont, de copains qui ont partagé la même copine et de copines qui ont partagé le copain.

Il devient donc possible de dresser un arbre généalogique de Stockholm sur  5 générations et parvenir à faire rentrer toute la ville de Stockholm à l’intérieur.

Stockholm n’est pas une ville, Stockholm est avant tout une grande famille.