En 2007, au Volant d’une Renault 19 qui devait contenir l’intégralité d’un 20m² rue St-Maur, nous traversions le pont qui sépare Copenhague de Malmö – il s’agissait par la même occasion d’un aller simple jusqu’à Stockholm.

Il y a 4 ans, enlever mes chaussures à l’entrée d’un appartement me semblait un geste insurmontable. Je m’interrogeais par ailleurs sur ma capacité de survie dans un pays où un kilo de saumon fumé s’avère moins onéreux qu’une bouteille de Bordeaux, dans un pays où la population achète des appartements par SMS.

Intérieurement, je devais probablement appréhender une transformation visiblement inévitable en « suédois. »  Tout comme il est difficile d’échapper à un vampire qui tentera de vampiriser son prochain afin d’élargir sa communauté, une suédification que je craignais m’apparaissait absolument inéluctable.

Un type disait d’ailleurs un jour « les capitales changent les gens qui s’y installent », ce même type qui n’a vraisemblablement jamais passé la frontière belge: car il n’en est absolument rien. Même si il est évident que certaines habitudes ont fait place à de nouvelles, la Suède n’est pas investie dans la transformation frénétique des français en suédois.

Bien entendu, je suis aujourd’hui capable de prononcer « sjukvårdsrådgivningen » sans faillir;  j’ai aussi fait l’acquisition récente de crampons à placer sur mes chaussures pour éviter les chutes embarrassantes, et je suis malgré moi devenu expert dans la cuisson de quenelles de poisson à la sauce au crabe.

D’un autre côté, mon placard n’a jamais connu les pantalons Slim Fit qui transforment les suédois en gigantesques pics à escargots. Je suis toujours fermement opposé à la consommation de hareng quel qu’il soit, et je ne dispose pas d’une quarantaine de paires de skis, juste au cas où. Je suis par ailleurs plus que jamais militant pour la consommation de tabac à rouler à l’intérieur des bars, et régulièrement scandalisé par la facturation excessive du Gin Tonic, considérant surtout que – soyons honnêtes- personne ne boit du Schweppes sans y verser du Gin dedans.

J’en fait la promesse: on va encore bien se marrer en 2011! On pointera du doigt les suédois et on rigolera de ceux qui tiennent toujours à payer l’utilisation des toilettes publiques. On se moquera volontiers de la Suède qui rafle des médailles de Curling aux Jeux-Olympiques, et nous ouvrirons toujours plus de débats sur « l’utilisation du hareng comme traitement homéopathique, avantages et inconvénients »

Chers amis, de Saint-Vrain à Bondoufle, de Paris à Stockholm, joyeux 2011!