Entre Paris et Stockholm, il y a 3 heures de décalage horaire. Entre Paris et Madrid, 4 heures exactement. Ce qui fait un total de 7 heures entre Stockholm et Madrid.

Cela sera bien entendu démenti par toutes les personnes compétentes, les pontes de la latitude, ceux qui imposent le respect après un doctorat en géographie astronomique. Malgré tout, aussi professionnels qu’ils soient, ils ont tort, les uns autant que les autres.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Lorsque la plupart des suédois préparent leur dîner, les parisiens envahissent les troquets pour quelques cacahuètes après le travail. Il est 18h, peut-être 18h30. Une demie-heure suffira aux parisiens pour commander une troisième Leffe, pas plus de temps qu’il ne faudra à la Suède pour commencer à rincer les assiettes. Il est 19h, 19h30. A Madrid, on ébauche des projets pour la soirée à venir.

Passé le dîner, la Suède entre dans une zone sombre, deux petites heures durant lesquelles rien ne se passe. Ou du moins, personne ne sait vraiment ce qu’il se passe. Certains émettent des théories loufoques (les suédois font un bilan individuel de leur journée dans leurs têtes et envisagent le futur, les suédois disparaissent soudainement et ne réapparaissent que 2h plus tard etc.)  mais il est vrai qu’il est très difficile de pouvoir clairement affirmer: « voilà ce que j’ai fait hier entre 19h30 et 21h30 » Cela n’empêche, l’heure a tourné, les suédois sont en pyjama.

A Paris, le traiteur indien sonne à la porte pour délivrer un Chicken Tikka Massala. A Madrid, on tourne en rond, on boit des coups, on envisage de manger des calamars.

Il est 22h en Suédie, on éteint la lumière. Il est 22h à Paris, on appelle ses parents pour prendre des nouvelles. Il est 22h à Madrid, on réserve une table pour 23h30.

En Europe, il serait théoriquement possible de profiter de plusieurs repas de Noël le soir du 24 dans deux ou trois pays différents, sans trop se presser. Oui, il existe un décalage horaire entre la France et la Suède.