Le hareng.
Il était un grand mur blanc-nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle-haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur-sec, sec, sec.
J’ai suffisamment parlé de la Suède culinaire. Nous avons fait des références à la mythique Smörgåstårta, nous avons plus d’une fois évoqué les boulettes de viande nationales, nous ne sommes visiblement pas passé à côté des écrevisses au mois d’Août.
Je me plais à considérer que tout ce qui fait le bonheur des suédois fait aussi mon bonheur. Tout, à une exception près. Il s’agit évidemment du hareng, et ce message afin de vous mettre en garde lors de votre prochain séjour en Suède.
Le problème de fond avec les suédois, c’est que malgré de multiples célébrations au cours de l’année (Pâques, Midsommar, Noël), il y a toujours un élément perturbateur sans cesse invité à la fête. Cet élément, c’est le hareng.
Il est servi en sauce - hareng à la sauce moutarde, hareng à la sauce hareng – où dans quelques cas plus rares sous forme de tarte (silltårta), composée d’une succession de couches suivant cet ordre: pain – hareng – pain – crème fraîche – hareng – pain – pain. En fin de compte sensiblement équivalent à la Smörgåstårta, avec du hareng mais les légumes frais, le thon et les crevettes en moins.
C’est un fait: le hareng, je ne peux pas le sentir. Je tente du mieux que je peux de conserver une distance de sécurité raisonnable avec les harengs, mais malheureusement, il est difficile d’y couper. Ce serait comme faire le pari de ne pas croiser un seul blond à Stockholm durant toute une journée. 3 ou 4 fois par an, il revient sur la table et malgré les objections, on en revient toujours à la même réflexion: “allez, un p’tit bout!”
Plusieurs fois par an donc, me casser une jambe me semble donc une option plus réjouissante que de partager un hareng avec la famille. Parce qu’après plusieurs années en Suède, les suédois que vous avez l’habitude de côtoyer s’attribuent souvent une mission bien particulière: transformer les français réticents en véritables suédois. Dès lors, il vous faudra aimer le ski de fond, la pratique hebdomadaire du sauna, la conduite de la Volvo le sourire aux lèvres et bien entendu… la tarte au hareng.