Le petit nicolas.
J’ai cotoyé, 5 ans durant, il y a un certain temps déjà , le sol caillouteux de l’école primaire Daniel Galland, à Saint-Vrain. L’histoire n’est pas singulière. Qui que vous soyez, vous aussi avez connu ce dont je vais parler.
Néanmoins, aujourd’hui, je m’intérroge. Une curiosité dévorante. Ou sont-ils, ceux qui ont partagé tout ce temps avec moi ? Il me reste encore quelques contacts. Des gens que j’aimais, réellement, mais qui ont choisi d’autres routes. Je ne peux plus passer autant de temps avec un ingénieur en thermique. Bien sur, une puéricultrice pourrait certainement mieux faire l’affaire, mais nous avons trouvé d’autres centres d’intérêts.
Que fais tu, aujourd’hui, toi qui bavait régulièrement dès que tu ouvrais la bouche ? Toi, qui réglait tes petits soucis à coups de boule ?
Je sais que toi, lors d’un malheureux voyage dans ton pays natal, tu as trouvé la mort dans un meeting aérien. Je sais aussi que toi, tu as fait pas mal de conneries. A toi, l’armée a ouvert ses portes. Guère étonnant. Et toi, tu as décidé de vivre dans un 20m² à Gare de l’Est, pour suivre une formation d’ingénieur informatique. Tu ne vois pas grand monde, tu te fais livrer tes courses sur Internet.
Nous nous embrassions derrière la haie au fond de la cour. Vincent te touchait les fesses. Fabien saignait du nez. On emmerdait pas Guillaume. Flavigny aurait pu te crever les yeux avec un tesson de bouteille. Elodie était très belle. Je l’ai embrassé, derrière une table de ping pong, lors de la boum de Leslie.
Nous étions beau.