Les filles au pair.

À la vue du taux d’émigration considérable que connait la Suède dès lors que la jeunesse a obtenu l’équivalent de notre baccalauréat, il est tout à fait normal de s’interroger sur ce que font toutes ces suédoises, une fois passé les frontières de leur pays.

Elles s’en vont par milliers chaque année rejoindre d’autres paysages, avec dans leurs valises des centaines de robes à fleurs et quelques boîtes de hareng afin de survivre à un manque probablement inévitable.

Arrivées à destination, il n’existe semble-t-il qu’un unique destin commun à l’ensemble d’entre elles: elles deviennent filles au pair. Systématiquement.

Une fille au pair suédoise, c’est un certain nombre d’avantages: elles sentent bon, elles sont jolies et de surcroit, portent des robes avec des fleurs. Qu’elles travaillent au sein de familles suédoises, danoises ou norvégiennes, elles sont pour la plupart logées dans des appartements aussi spacieux qu’un petit ascenseur et profitent d’un emploi du temps très flexible. Les familles sont alors très heureuses, les suédoises très polies, les enfants souvent très contents d’avoir une nouvelle copine.

Puis vient le soir (pas nécessairement les jours de pleine lune) où elles se regroupent afin d’arpenter les bars de leurs nouvelles villes d’accueil. Elles troquent alors les robes à fleurs contre des robes nettement plus courtes, certaines plus audacieuses opteront pour un t-shirt légèrement trop long, et un t-shirt seulement.

De là, il ne s’agit plus vraiment des mêmes suédoises. Toujours aussi jolies certes, mais avec nettement plus de Gin Tonic dans le sang. Elles deviennent alors les reines de Paris, Londres ou Barcelone, le temps d’une soirée, le temps d’une nuit.

Lorsque les bars obligent les derniers clients à quitter les lieux, elles rejoignent leurs chambres de bonne en taxi tandis que certains autres commencent à travailler. Parfois, elles récupèrent un français, un anglais, ou en espagnol en chemin. Le jeune homme aura le plaisir de goûter à la Suède pour quelques minutes, quelques heures, retournera nécessairement chez lui avant 8h le matin. Il s’agit du délicieux moment où les suédoises se recoiffent, enfilent une nouvelle robe à fleurs et emmènent vos enfants à l’école.

Elles se plaisent dans ce nouveau quotidien, et durant une année ou deux n’y changeront absolument rien. Un jour, aux alentours du mois de Mai, elles décideront de retourner dans leur pays. En plus des robes à fleurs, quelques bouteilles de Bordeaux, des milliards de photos (là on danse sur les Quais de Seine, là on mange du brie sur les Buttes-Chaumont, là c’est mon copain qui fait de la musique, là c’est son copain qui a dormi chez moi etc.) et un nombre impressionnant de nouveaux numéros de téléphone dans un petit carnet à spirales.

Les familles n’auront pas à s’en faire, car chaque année, c’est une nouvelle livraison de filles au pair que fournit la Suède. Une nouvelle copine pour les enfants. Une copine en robes à fleurs.

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