Les gens aiment les gâteaux. C’est un fait. Les détracteurs de la viande folle, du poisson aux antibiotiques et du mais aux OGM sont nombreux, mais on n’a rarement vu de détracteurs du gâteau.

A l’inverse, on assimile souvent le gâteau à de très bons souvenirs: un anniversaire quelconque, un repas de Noël en 1997, un samedi de fête lorsqu’on avait 15 ans. Une part de gâteau, c’est souvent la première gorgée de bière, une sieste au soleil, un bon bouquin dans la baignoire ou un épisode de Mad Men.

En revanche, la Suède a une consommation de gâteau tout à fait différente du reste du monde.

Le gâteau suédois se doit de comporter 2 caractéristiques: il doit être coloré, et peser plus de 3kg. La compétition n’est pas ouverte à tous et notre gâteau au chocolat à pâtisserie des familles n’a absolument aucune chance face aux mastodontes scandinaves que l’on sert à la pelleteuse pour les anniversaires, au Nord de chez nous.

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Il s’agit la d’une institution, d’un événement à lui tout seul. C’est une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

Il arrive à la fin du repas comme on apporte un paella à une table de 30 personnes lors d’une remise de diplômes, il fait instantanément oublier la journée pourrie d’hier et ne manque pas de redonner le sourire à la cousine neurasthénique.

Étant étrangers à de telles pratiques, il est vrai qu’il n’est pas évident pour nous de comprendre comment 9 millions d’individus puissent envisager une montagne de crème à la fin d’un repas, et comment le gâteau suédois a su se faire une place dans la gastronomie scandinave au même titre que le hareng, ou les boulettes de viandes.

Les théories les plus folles ont été envisagées, mais la plus probable reste certainement celle qui nous invite à considérer qu’un gâteau vert de 2kg est visiblement beaucoup plus sympa qu’un gâteau plat au chocolat.

C’est vrai qu’il fallait y penser.