L’étranger.
J’ai eu la chance d’observer, durant 4 jours, la situation de l’étranger à Paris. Je parle de l’Étranger véritable, celui en bois brut, jean et t-shirt qui n’a que pour vocabulaire français “bonjour” et “merci“. Pas même un “au revoir“, un “santé!”
Je regrette que jamais il n’y ait eu un documentaire illustrant son parcours au travers de la capitale, car quelques scènes mériteraient bien leurs quelques minutes de bobine.
L’exemple qui me vient instinctivement est celui du métro. Alors que le tout Paris se machinise et se navigotte, l’Étranger se retrouve devant LA machine, ce juxe-box estampillé RATP dans lequel le parisien achète désormais son ticket de metro (qui, entre parenthèses, a encore pris 20 cts depuis ma dernière venue en France, RATP bandits, je vous hais)
“Tournez le rouleau pour faire votre sélection” en guise d’annonce d’accueil, à peu de choses près.
J’aimerais savoir qui est capable de saisir le sens de cette phrase sans connaître un mot de français. Ne serait-ce que le mot “rouleau” est déjà signe d’échec, un gigantesque uppercut dans la face de l’Étranger qui risque de se retrouver avec une carte 12/25 pour un trajet Chatelet-Belleville. Jamais RATP n’a pensé à envisager la prise en charge d’une seconde langue pour ce genre d’opération, une invitation en anglais équivaudrait-elle à se couper une jambe ?
Je passe par manque de temps et sans plaisir sur les tarifs “spécial touriste“ de Montmarte, où un coca vous coûte le prix d’une nouvelle paire de baskets, et évidemment sur la difficulté des rapports sociaux dans un pays où parler anglais est bien plus dur à supporter qu’une double otite.
En revanche, le lapin, lui, il parle 15 langues, hein, un accident est si vite arrivé…
Je vous aime, à très vite.
