4 jours en Estonie ont fait remonter quelques souvenirs à ma mémoire, mes premiers pas en Suède, lorsqu’en août 2007 je débarquais sur Björngårdsgatan avec une Renault 19 qui finissait sa vie après plus de 2000km à 120km/h. 4 jours qui m’ont mis face à cette difficulté que j’avais visiblement oublié: la langue.

Le suédois que je découvrais il y a 2 ans, reçu en pleine face comme on reçoit un douloureux penalty. A cette époque, je pouvais facilement commander un chausson aux pommes et finir avec un chausson au porc entre les mains. A cette époque, je regardais le menu et j’opérais par élimination: dans 90% des cas, mon choix se portait sur les spaghettis bolognaise, parce que « bolognese » est international.

Tallinn m’a rappelé combien il était difficile d’échanger dans une langue étrangère à la sienne, et par étrangère j’entends vraiment étrangère. Un rapide bilan de ces 4 jours en Estonie: j’ai appris à dire « bonjour » et « merci » en estonien, je suis en revanche toujours incapable de dire « au revoir« . J’ai eu l’occasion de me rendre dans 4 restaurants, j’ai tour à tour choisi des pâtes bolognaise, des pâtes carbonara, une pizza Capricciosa et des lasagnes. L’Estonie m’a étrangement laissé un vague goût d’Italie . Mais comprenez-moi, malgré l’attrait du risque, étais-je prêt à commander le plat au nom le plus rigolo, avec la possibilité de me retrouver avec de l’émincé de lézard?

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Et moi de me retrouver au milieu de ces centaines de touristes qui descendent des ferrys pour 6 heures dans le centre historique, à acheter des casquettes « I love Tallinn » par dizaines. Essayer désespérément de me fondre à la population locale avec « bonjour » et « merci » comme seul bagage. J’étais parvenu à ne plus passer pour un touriste à Stockholm, il s’agissait d’une première victoire personnelle. Mais dur est de constater que passé la frontière suédoise, avec mon sac à dos et mon Canon en bandoulière, je suis autant touriste que toi, qui vient passer quelques jours à Stockholm pour les vacances.

La prise de décision finale fut évidemment d’accepter ma condition, et c’est en repartant avec plusieurs bouteilles de vodka locales au fond du sac que l’on prend conscience que le tourisme, ça peut être aussi une partie de plaisir.