Oui s’il vous plait.
S’il y a bien une chose pour laquelle les suédois sont cools, vraiment cools, ce serait certainement celle-là.
On peut leur reprocher ce côté si rigide qui les caractérise : faire la queue en une file bien droite en attendant le bus, ne jamais garder ses chaussures passée l’entrée d’un appartement, ne jamais envisager le fait de laisser une éponge moisir au fond d’un évier etc.
En revanche, il y a une chose, cette chose qu’on aurait certainement à leur envier : le « tu »
Du tutoiement à grande échelle et à n’importe qui, c’est le crédo favori des suédois. En France, le régime est assez simpliste : on ne se tutoie jamais, sauf :
- Si on connait son interlocuteur
- Si l’interlocuteur en question est d’une trentaine d’années plus jeune
- Si on n’est pas sympa
- Si on est vraiment énervé
- Si on demande du feu, ou des euros (« t’as pas du feu ? », « t’as pas 10 sacs ? »)
Et à 2000 km de là, les suédois nous observent et rigolent… Du haut de leur pays dans lequel tutoyer un ministre est aussi banal que commander un café à emporter chez 7/Eleven.
Je dois reconnaître qu’on prendre vite goût à ce « tu » quotidien, que le « bonjour Madame, un paquet Pall Mall s’il vous plait » semble définitivement très très loin après plus d’une année passée ici.
D’où, dans le même temps, la difficulté des suédois en France à vouvoyer leur quotidien et leur hésitation à employer un « vous » ou un « tu » lors de situations délicates, les beaux-parents par exemple. J’ai le souvenir d’une jolie suédoise qui, à table, préférait le « non merci » au « oui s’il vous plait » afin d’éviter ce vouvoiement aussi malvenu qu’un gobelet en plastique au cours d’une fête un 31 décembre.
Que restera-t-il de notre « oui s’il vous plait » d’ici quelques années ? Peut-être plus grand chose… certainement rien de plus qu’un “casse toi, pauv’ con“.