Ouvrez les guillemets.

Un individu ne joue aux courses que parce qu’il ne supporte plus la chaîne de montage, le faciès hébété de son contremaître, la brutalité de son propriétaire, et la disparition du plaisir des sens; que parce qu’il n’a plus le choix qu’entre le fisc, la dépression nerveuse et le cancer; que parce qu’il en a ras le cul de ces vêtements qu’il ne peut porter que 3 fois, et ras le cul aussi de boire de l’eau qui a le goût de pisse, de se faire soigner à la vitesse grand V par des médecines nullissimes qui l’expédient ensuite dans des hopitaux-mouroirs;

bref, l’homme ordinaire ne joue aux course que parce que les politiciens puent de la gueule… je pourrais continuer longtemps de la sorte, mais on m’accuserait de céder à l’amertume, et à la folie,

sauf que c’est la société qui rend fous les hommes (et les femmes); d’ailleurs, même les saints ont perdu la raison, rien ni personne n’a jamais été sauvé. et puis merde, comprenne qui pourra. pour ce qui me concerne, je me suis seulement farci deux mille cinq cents nanas alors que j’ai assisté à douze mille cinq cents courses de chevaux, et je n’en tire qu’un enseignement applicable à chacun de vous : faites donc de l’aquarelle.

Fermez les guillemets.

C. Bukowski, “Journal d’un vieux dégueulasse”, 1969. 5,50€ dans tous les bons points de vente.

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