Quand les suédois regardent la Suède.
C’est un fait, on généralise tant qu’on a souvent tendance à oublier que tous les suédois ne sont pas pareils. Et on est d’ailleurs bien heureux de le constater.
Il semblerait visiblement qu’ils ne soient pas tous couchés à 22h, que certains soient assez fiers de couper la file d’attente devant le bus et que parfois, certains votent pour des partis politiques absolument douteux, oui!
Ceci dit, on a bien du mal à les repérer. Il m’a fallu 2 ans pour commencer à observer les premiers comportements perturbateurs. Ils sont de ceux qui prennent sans remords le volant après une ou deux Leffe en terrasse, ceux qui n’enlèvent leurs chaussures chez personne et sous aucun prétexte. On reconnaît facilement les plus aventuriers d’entre eux, mais ils sont malheureusement encore moins nombreux que des parisiens en short fin novembre.
Puis vient se poser un problème de taille: la plupart des suédois que la Suède n’a jamais convaincu ne se trouvent certainement pas là où on les attend: un bon nombre d’entre eux ont pris le maquis pour former des communautés à Paris, à Londres ou à Amsterdam – des capitales dans lesquelles conserver ses chaussures à l’intérieur ne constitue pas un affront national.
Les entendre discuter de la Suède est un véritable plaisir, parce que rares sont les suédois qui possèdent ce sens de l’autocritique. Le meilleur d’entre eux (Ruben Östlund) en a fait un film, “De ofriviliga“, sorti en France sous le nom de “Happy Sweden“.
On a évidemment tendance à chercher une épaule sur laquelle pleurer lorsqu’un dimanche, on finit par être fatigué du comportement suédois. On a souvent envie d’allumer une cigarette dans un bar, d’oublier de prendre un ticket à la pharmacie pour voir ce qu’il se passe, proposer un apéro surprise un lundi soir… et c’est très réconfortant d’apprendre qu’au milieu de nos amis les suédois bienveillants, il y en a une petite poignée qui ne rêve que de faire la même chose!
